L’Ontario annule une expérimentation du revenu de base

Un article de Mathilde Simon pour Usbek & Rica revient sur l’expérimentation de reve­nu mini­mum en Ontario et son annu­la­tion par le nou­veau gou­ver­ne­ment de la pro­vince.

Après avoir lais­sé entendre au cours de sa cam­pagne qu’il n’y tou­che­rait pas, le gou­ver­ne­ment cana­dien assure, de son côté, que ce pro­gramme n’est pas viable car trop oné­reux. « Ce n’est clai­re­ment pas la solu­tion pour les familles de l’Ontario », insis­tait MacLeod lors de l’annonce publique.

Aucun chiffre ni étude n’accompagnait l’annonce, et aucune nou­velle pro­po­si­tion n’était faite pour réduire la pau­vre­té. Simplement une pro­messe que le gou­ver­ne­ment ferait en sorte de mettre fin au pro­gramme de manière « éthique ».

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Illustration : Flickr.

Revenu de base : Le mieux, c’est encore d’essayer

Un article de Philippe Mouret pour Dis-Leur ! pré­sente le reve­nu de base et notam­ment l’initiative « Mon Revenu de Base » en cours.

Si l’idée d’un Revenu uni­ver­sel passe encore mal dans une France fri­leuse et où l’on est plus sou­vent envieux du voi­sin que dési­reux d’améliorer sa propre condi­tion, de plus en plus de pen­seurs et cher­cheurs s’intéressent au sujet. Et de nom­breux ouvrages y sont consa­crés. A lire de toute urgence, l’excellent Fuck Work ! – Pour une vie sans tra­vail, de l’Historien et essayiste James Livingston (coll. Champs Actuel – Flammarion, feuille­ter en cli­quant ICI) qui résume ain­si sa pen­sée : « Notre pro­duc­ti­vi­té nous tue à petit feu, et la pla­nète avec. Il est temps de prendre acte de ce qui est déjà une réa­li­té et de réflé­chir à la seule ques­tion qui vaille : à quoi res­sem­ble­ra notre vie, sans le tra­vail : Fuck Work ! »

Paru seule­ment en anglais (éd. Palgrave Macmillan) le livre Financing Basic income (Financer le reve­nu uni­ver­sel) sou­tient qu’un reve­nu de base d’un niveau décent est en fait finan­çable. Les contri­bu­teurs abordent le sujet du point de vue de trois pays dif­fé­rents (Canada, Suisse et Australie) pour répondre à l’objection qui dit qu’un pro­gramme uni­ver­sel visant à gar­der tous les citoyens au-dessus de la ligne de pau­vre­té serait trop cher pour être appli­qué. Ils passent en revue l’éventail com­plexe des sources de reve­nu qui ren­draient le reve­nu de base fai­sable, de la valeur sous-estimée des redon­dances des pro­grammes publics aux actifs publics nou­veaux et jusqu’ici non comp­ta­bi­li­sés. Autant de sources de réflexion…

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Illustration : © Droits réser­vés.

SWITZERLAND : Filmmaker and Village Collaborate to Plan “Basic Income” Trial

Un article en anglais de Kate McFarland pour Basic Income News fait le point sur l’initiative de la réa­li­sa­trice Rebecca Panian dans le vil­lage de Rheinau en Suisse.

To pre­clude misun­ders­tan­ding about what is hap­pe­ning in Rheinau, it should be stres­sed that the vil­lage is not enac­ting a basic income, nor is its govern­ment deli­be­ra­ting an imple­men­ta­tion of the poli­cy, nor is it run­ning a state-sponsored trial. Moreover, to avoid pos­sible confu­sion, it is spe­ci­fi­cal­ly worth noting that this latest news from Rheinau is unre­la­ted to pre­vious­ly repor­ted dis­cus­sions of basic income pilots by Swiss poli­ti­cal bodies, such as the inves­ti­ga­tion of muni­ci­pal basic income pilots ini­tia­ted last year in near­by Zurich.

Instead, the news is this : the city coun­cil has agreed to per­mit an inde­pendent film­ma­ker Rebecca Panian to make the vil­lage the site of pri­va­te­ly fun­ded one-year trial of a pro­gram simi­lar to basic income, invol­ving at least half of the town’s popu­la­tion, which would serve as the basis for a docu­men­ta­ry. The project’s main pur­pose is to pro­voke inter­est, dis­cus­sion, and fur­ther research into the idea of basic income.

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Illustration : CC BY-NC 2.0 Wisi Greter.

Basic income could work — if you do it Canada-style

Un article en anglais de Brian Bergstein pour le MIT Technology Review s’intéresse à l’expérimentation en cours à Lindsay en Ontario et à l’avis des béné­fi­ciaires.

If any place can illu­mi­nate both the advan­tages of basic income and the pro­blems it can’t solve, it will be Lindsay. The town is pros­pe­rous by some mea­sures, with a median hou­se­hold income of $55,000 and a his­to­ric down­town dis­trict where new condos and a craft bre­we­ry are on the way. But that masks how tough it is for a lot of people to get by. Manufacturing in the sur­roun­ding area, known as the Kawartha Lakes, has decli­ned since the 1980s. Many people juggle mul­tiple jobs, inclu­ding sea­so­nal work tied to tou­rism in the sum­mer and fall. Technology is part of the sto­ry too : robots milk cows now.

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Illustration : © Brian Bergstein.

Un revenu de base en France ? « C’est possible et soutenable financièrement »

Un article de Yann-Armel Huet pour Ouest-France où le pré­sident du conseil dépar­te­men­tal d’Ile-et-Vilaine pré­sente sa vision de la démarche de 13 dépar­te­ments en faveur d’un reve­nu mini­mum.

« Le mon­tant dépen­dra d’un cer­tain nombre de choses, y com­pris par exemple de l’intégration ou non, des allo­ca­tions d’aide au loge­ment. L’objectif est de tendre vers quelque chose qui serait au-dessus du seuil de pau­vre­té, soit aujourd’hui 845 €. Sur le prin­cipe, sinon, il s’agit bien, oui, de sim­pli­fier les dis­po­si­tifs exis­tants.
Ils sont très com­plexes. On parle sou­vent du coût et du trop grand nombre des aides sociales. Mais com­ment alors expli­quer qu’on a 9 mil­lions de Français sous le seuil de pau­vre­té ? La véri­té, c’est qu’en moyenne, 30 % des béné­fi­ciaires poten­tiels ne demandent pas les aides sociales. »

Comme de cou­tume, les pré­si­dents socia­listes appellent « reve­nu de base » leur démarche qui n’a rien d’inconditionnelle : il s’agit en réa­li­té d’un reve­nu mini­mum garan­ti pour les adultes.

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Illustration : © Philippe Renault.

Revenu de base : pourquoi 13 départements veulent l’expérimenter

Un article d’Alexandre Poussart pour Public Sénat résume l’initiative actuelle de 13 dépar­te­ments en faveur d’un reve­nu mini­mum.

Plusieurs scé­na­rios ont été avan­cés par les élus dépar­te­men­taux. Ce reve­nu de base fusion­ne­rait au mini­mum l’actuel RSA et la prime d’activité (545 euros). Ce reve­nu pour­rait éga­le­ment inté­grer l’allocation loge­ment. « Ce scé­na­rio aurait le mérite de sim­pli­fier toutes les aides sociales et de leur don­ner plus de visi­bi­li­té », note Michel Amiel, séna­teur (LREM) et ancien membre de la mis­sion d’information sur le reve­nu de base menée par le Sénat ces der­nières années.

Une nou­velle fois le terme « reve­nu de base » est employé abu­si­ve­ment pour un dis­po­si­tif qui n’est pas un reve­nu incon­di­tion­nel, mais plu­tôt une exten­sion de l’actuel RSA.

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Illustration : © Loic Venance.

L’Institut des politiques publiques publie son rapport sur les expérimentations de « revenu de base »

Le rap­port ain­si qu’une note de syn­thèse sont dis­po­nibles sur le site de l’IPP, alors que plus d’une dizaine de dépar­te­ments annoncent vou­loir expé­ri­men­ter bien­tôt.

Dans les scé­na­rios simu­lés, le reve­nu de base étu­dié par­tage les carac­té­ris­tiques sui­vantes :
 — rem­pla­ce­ment de plu­sieurs dis­po­si­tifs exis­tants (sim­pli­fi­ca­tion du sys­tème)
 — garan­tie d’un reve­nu mini­mal dégres­sif en fonc­tion des res­sources
 — non-conditionnalité du ver­se­ment à des démarches actives de recherche d’emploi
 — ver­se­ment auto­ma­tique (hypo­thèse de recours com­plet)
 — cal­cul au niveau de la famille

On regret­te­ra que l’institut s’intéresse à un dis­po­si­tif condi­tion­nel et dégres­sif, une exten­sion de dis­po­si­tifs exis­tants (RSA et prime d’activité), plu­tôt qu’à un reve­nu de base uni­ver­sel, mal­gré le voca­bu­laire employé. Ce qui ne man­que­ra pas d’ajouter à la confu­sion séman­tique du débat actuel.

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Illustration : © Institut des Politiques Publiques (IPP).

Un retour sur la situation des bénéficiaires

Un article de Véronique, adhé­rente de l’association Mon reve­nu de base, fait un point d’étape avec les quatre per­sonnes tirées au sort pour béné­fi­cier d’un reve­nu sans condi­tion pen­dant un an.

La diver­si­té des pro­fils des béné­fi­ciaires met à jour dif­fé­rentes dif­fi­cul­tés et pro­blé­ma­tiques que cha­cune et cha­cun d’entre vous est un jour à même de ren­con­trer et pour les­quelles le reve­nu de base apporte des réponses.

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Illustration : © Mon reve­nu de base.

Les expérimentations du revenu de base : limites et risques

Un article de Robert Cauneau ana­lyse et cri­tique la volon­té actuelle de 13 dépar­te­ments fran­çais d’expérimenter un reve­nu mini­mum garan­ti.

Devant ces limites et tous ces risques, qui font consi­dé­ra­ble­ment dou­ter de la per­ti­nence des expé­ri­men­ta­tions, il nous semble qu’il serait beau­coup plus effi­cace de s’orienter vers des débats publics, impli­quant non seule­ment les poli­tiques, les experts et les mili­tants, mais toute la popu­la­tion, et qui per­met­traient au moins de tes­ter la dési­ra­bi­li­té de la réforme. Ces débats devraient idéa­le­ment por­ter certes sur les sujets abor­dés dans le cadre de la pré­pa­ra­tion des expé­ri­men­ta­tions dépar­te­men­tales, mais éga­le­ment, et peut-être sur­tout, sur des ques­tions beau­coup plus larges. Il s’agit, en effet, de défi­nir une vision glo­bale de ce que devrait être la socié­té de demain (lutte contre la pau­vre­té, contre les inéga­li­tés, vision éco­lo­gique, etc­) L’heure n’est donc pas aux expé­ri­men­ta­tions. Elle est plu­tôt à l’approfondissement de ses jus­ti­fi­ca­tions et au débat public.

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Illustration : © Kurzgesagt.

Le vrai faux retour du revenu universel

Une chro­nique « L’Édito Éco » d’Étienne Lefebvre sur France Inter fait le point sur le pro­po­si­tion de reve­nu mini­mum lan­cée par des dépar­te­ments fran­çais.

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Illustration : © France Inter.

Le revenu universel pourrait être expérimenté en Meurthe-et-Moselle

Un article d’Antony Speciale pour Lorraine Actu revient sur la consul­ta­tion publique en ligne en vue d’un pos­sible expé­ri­men­ta­tion en Meurthe-et-Moselle. Douze autres dépar­te­ments sont dans la même dyna­mique.

La volon­té de ces 13 dépar­te­ments est com­mune : tous veulent pro­po­ser à leurs habi­tants un reve­nu mini­mal. Celui-ci aurait pour objec­tif de « résor­ber la grande pau­vre­té et assu­rer un niveau de vie mini­mal », « favo­ri­ser l’autonomie du pro­jet de vie » ou encore « faci­li­ter le retour à l’emploi ».

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Illustration : © Le Républicain.

Le ministre finlandais des Finances veut mettre fin à l’expérience du RBI

Un article d’Emmanuel Garessus pour Le Temps revient sur la volon­té du ministre d’arrêter l’expérimentation en cours auprès de per­sonnes sans emploi.

La déci­sion de pro­lon­ger ou non le pro­jet dépen­dra des résul­tats des élec­tions qui se tien­dront en avril pro­chain. Le par­ti de Petteri Orpo est actuel­le­ment en tête dans les son­dages. L’une des réformes qu’il a intro­duites, appe­lée modèle d’activation, oblige les chô­meurs à effec­tuer 18 heures de tra­vail rému­né­ré ou à suivre une for­ma­tion dans les trois mois sous peine de perdre 4,7% de leur allo­ca­tion (soit 32 euros). L’expérience a révé­lé que la moi­tié des chô­meurs ne par­ve­naient pas à rem­plir les condi­tions vou­lues et per­daient une par­tie de leurs allo­ca­tions. Pour Petteri Orpo, ce n’est pas une mesure « par­ti­cu­liè­re­ment rude ».

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Illustration : © Tuomas Forsell.

Revenu universel : dépasser le théorème d’impossibilité

Un article de Marc-Antoine Sabaté pour la revue Esprit fait le point sur l’état du débat en France autour du reve­nu sans condi­tion.

Il explore dif­fé­rents pans du sujet : le débat phi­lo­so­phique à réin­ves­tir ; la (non-) ques­tion du finan­ce­ment ; l’acceptabilité sociale à construire ; la fai­sa­bi­li­té des dif­fé­rentes pro­po­si­tions ; la (fausse) avan­cée des expé­ri­men­ta­tions ; et enfin la com­pa­ti­bi­li­té avec l’idée de sécu­ri­té sociale.

Loin de s’épuiser dans la seule ques­tion de son finan­ce­ment, la fai­sa­bi­li­té du reve­nu uni­ver­sel doit dès lors être plus géné­ra­le­ment envi­sa­gée à par­tir de l’écart, de la ten­sion inévi­table entre, d’une part, le choix de sa mise en place, les jus­ti­fi­ca­tions poli­tiques de ce choix et la manière dont il s’incarne dans les moda­li­tés rete­nues et, d’autre part, les mul­tiples effets sys­té­miques qu’il devrait entraî­ner. Écart, autre­ment dit, entre ce qui motive l’idée et ce que, sou­te­nable, elle per­met­trait dans les faits ; entre les dif­fé­rentes pro­messes de jus­tice sociale et d’autonomie indi­vi­duelle qui la portent et la réa­li­té incer­taine de ses consé­quences éco­no­miques et sociales.

Au terme de cet article clair et acces­sible, il consi­dère que l’idée du reve­nu incon­di­tion­nel peut pro­gres­ser à condi­tion que les débats avancent sur deux axes : les effets socioé­co­no­miques des mul­tiples « ver­sions » de reve­nu uni­ver­sel ; et la réin­car­na­tion des options poli­tiques por­tées par les divers pro­jets, per­met­tant ain­si de faire un réel choix de socié­té.


Illustration : Carlos Pernalete Tua.

Revenu de base : une expérimentation dès l’an prochain ?

Un article de Solène Méric pour Aqui revient sur le lan­ce­ment hier par 13 pré­si­dents de dépar­te­ment d’une enquête citoyenne, qui pour­rait débou­cher sur une expé­ri­men­ta­tion l’an pro­chain.

Non seule­ment le RSA n’a pas fait ses preuves, mais « il souffre d’une image stig­ma­ti­sée », expli­quant en par­tie un taux de non recours par­ti­cu­liè­re­ment éle­vé, frô­lant les 35%. Autre limite de ce dis­po­si­tif poin­té par Jean-Luc Gleyze : « le RSA ne prend pas en compte la réa­li­té des par­cours pro­fes­sion­nels et des par­cours de vie ».

Et pour cause, « pen­dant long­temps, on a consi­dé­ré que pau­vre­té (et donc le RSA) rimait avec assi­gna­tion à rési­dence. Or désor­mais, on voit bien que beau­coup de per­sonnes doivent faire face à la pau­vre­té alors même qu’elles sont en acti­vi­té, comme par exemple de nom­breux agri­cul­teurs, ou encore des per­sonnes qui lancent leur acti­vi­té, et qui ne peuvent pas se sor­tir un salaire durant plu­sieurs mois. » explique l’économiste Daniel Cohen, éga­le­ment pré­sent ce jeu­di. « Il en va de même pour les aidants qui s’occupent de leurs proches âgés, affai­blis ou han­di­ca­pés, et qui doivent mettre leur vie pro­fes­sion­nelle entre paren­thèse. Enfin, se pose aus­si la ques­tion des jeunes de 18 à 25 qui ne peuvent pas être béné­fi­ciaires du RSA, et dont 24% vivent en des­sous du seuil de pau­vre­té », liste encore Jean-Luc Gleyze.

À noter que les 18 scé­na­rii qui vont êtres étu­diés par l’Institut des Politiques Publiques pré­voient un mon­tant de « reve­nu de base » dépen­dant de la condi­tion de chaque béné­fi­ciaire. Pas de quoi par­ler d’universalité pour l’instant, donc. Ni de dépas­ser l’effet stig­ma­ti­sant des dis­po­si­tifs actuels de pro­tec­tion sociale.


Illustration : © CD 33.

Ils testent le revenu universel : un an, c’est beaucoup et peu à la fois

Un repor­tage de Matthieu Jublin pour LCI suit, chaque mois, les trois pre­mières per­sonnes béné­fi­ciaires du tirage au sort orga­ni­sé par Mon reve­nu de base.

« Si c’était un reve­nu de base à vie, j’aurais pu me rache­ter une voi­ture plus vite, en fai­sant un cré­dit, et cher­cher du tra­vail plus faci­le­ment », estime Denis, qui reste pour l’heure limi­té à son vil­lage. « J’aurais eu plus de temps pour pré­pa­rer une for­ma­tion, ajoute-t-il. Ça dure un an. Là, ça va être com­pli­qué. Il ne faut pas perdre son temps. »

Brigitte, elle, est moins pres­sée. Mais elle aus­si a remis à plus tard ses pro­jets. Cette quin­qua­gé­naire qui vit en Bretagne n’a pas tou­ché à son reve­nu de base. « Pas de folie, pas de vacances », assure-t-elle, même si son tra­vail de ven­deuse à temps par­tiel ne lui assure que des reve­nus modestes.


Illustration : © LCI.