Le revenu universel pourrait être expérimenté en Meurthe-et-Moselle

Un article d’Antony Speciale pour Lorraine Actu revient sur la consultation publique en ligne en vue d’un possible expérimentation en Meurthe-et-Moselle. Douze autres départements sont dans la même dynamique.

La volonté de ces 13 départements est commune : tous veulent proposer à leurs habitants un revenu minimal. Celui-ci aurait pour objectif de « résorber la grande pauvreté et assurer un niveau de vie minimal », « favoriser l’autonomie du projet de vie » ou encore « faciliter le retour à l’emploi ».

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Illustration : © Le Républicain.

Le ministre finlandais des Finances veut mettre fin à l’expérience du RBI

Un article d’Emmanuel Garessus pour Le Temps revient sur la volonté du ministre d’arrêter l’expérimentation en cours auprès de personnes sans emploi.

La décision de prolonger ou non le projet dépendra des résultats des élections qui se tiendront en avril prochain. Le parti de Petteri Orpo est actuellement en tête dans les sondages. L’une des réformes qu’il a introduites, appelée modèle d’activation, oblige les chômeurs à effectuer 18 heures de travail rémunéré ou à suivre une formation dans les trois mois sous peine de perdre 4,7 % de leur allocation (soit 32 euros). L’expérience a révélé que la moitié des chômeurs ne parvenaient pas à remplir les conditions voulues et perdaient une partie de leurs allocations. Pour Petteri Orpo, ce n’est pas une mesure « particulièrement rude ».

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Illustration : © Tuomas Forsell.

Revenu universel : dépasser le théorème d’impossibilité

Un article de Marc-Antoine Sabaté pour la revue Esprit fait le point sur l’état du débat en France autour du revenu sans condition.

Il explore différents pans du sujet : le débat philosophique à réinvestir ; la (non-) question du financement ; l’acceptabilité sociale à construire ; la faisabilité des différentes propositions ; la (fausse) avancée des expérimentations ; et enfin la compatibilité avec l’idée de sécurité sociale.

Loin de s’épuiser dans la seule question de son financement, la faisabilité du revenu universel doit dès lors être plus généralement envisagée à partir de l’écart, de la tension inévitable entre, d’une part, le choix de sa mise en place, les justifications politiques de ce choix et la manière dont il s’incarne dans les modalités retenues et, d’autre part, les multiples effets systémiques qu’il devrait entraîner. Écart, autrement dit, entre ce qui motive l’idée et ce que, soutenable, elle permettrait dans les faits ; entre les différentes promesses de justice sociale et d’autonomie individuelle qui la portent et la réalité incertaine de ses conséquences économiques et sociales.

Au terme de cet article clair et accessible, il considère que l’idée du revenu inconditionnel peut progresser à condition que les débats avancent sur deux axes : les effets socioéconomiques des multiples « versions » de revenu universel ; et la réincarnation des options politiques portées par les  divers projets, permettant ainsi de faire un réel choix de société.


Illustration : Carlos Pernalete Tua.

Revenu de base : une expérimentation dès l’an prochain ?

Un article de Solène Méric pour Aqui revient sur le lancement hier par 13 présidents de département d’une enquête citoyenne, qui pourrait déboucher sur une expérimentation l’an prochain.

Non seulement le RSA n’a pas fait ses preuves, mais « il souffre d’une image stigmatisée », expliquant en partie un taux de non recours particulièrement élevé, frôlant les 35 %. Autre limite de ce dispositif pointé par Jean-Luc Gleyze : « le RSA ne prend pas en compte la réalité des parcours professionnels et des parcours de vie ».

Et pour cause, « pendant longtemps, on a considéré que pauvreté (et donc le RSA) rimait avec assignation à résidence. Or désormais, on voit bien que beaucoup de personnes doivent faire face à la pauvreté alors même qu’elles sont en activité, comme par exemple de nombreux agriculteurs, ou encore des personnes qui lancent leur activité, et qui ne peuvent pas se sortir un salaire durant plusieurs mois. » explique l’économiste Daniel Cohen, également présent ce jeudi. « Il en va de même pour les aidants qui s’occupent de leurs proches âgés, affaiblis ou handicapés, et qui doivent mettre leur vie professionnelle entre parenthèse. Enfin, se pose aussi la question des jeunes de 18 à 25 qui ne peuvent pas être bénéficiaires du RSA, et dont 24 % vivent en dessous du seuil de pauvreté », liste encore Jean-Luc Gleyze.

À noter que les 18 scénarii qui vont êtres étudiés par l’Institut des Politiques Publiques prévoient un montant de « revenu de base » dépendant de la condition de chaque bénéficiaire. Pas de quoi parler d’universalité pour l’instant, donc. Ni de dépasser l’effet stigmatisant des dispositifs actuels de protection sociale.


Illustration : © CD 33.

Baby steps on the road to a basic income

Baby steps on the road to a basic income

Un article en anglais de Socrates Schouten pour le Green European Journal fait le point sur les expérimentations, modestes, lancées dans sept villes des Pays-Bas.

But do the experiments with supplementary benefit reveal anything about the basic income, considering they have been so modified ? Sjir Hoeijmakers : “Experiments are limited, but not useless. You need political will and a good team of researchers and administrative backup. That’s why it’s such a pity that the Dutch scheme has been devised so defensively. In other countries there are fantastic, well-devised experiments : good research setup, sufficient capacity, general consensus.

Les conditions, les buts, les contours et l’accompagnement des expérimentations sont évidemment des enjeux politiques forts et conditionnent les enseignements qui en seront tirés.


Illustration : © DR.