Vers une nouvelle expérimentation de revenu minimum au Manitoba ?

La chambre du commerce de Winnipeg a publié un rapport plaidant pour l’étude d’un revenu garanti afin de réduire la pauvreté.

La province canadienne a connu dans les années soixante-dix l’une des plus célèbres expérimentation de revenu minimum : Mincome. Aujourd’hui une nouvelle expérimentation est recommandée par la chambre du commerce de Winnipeg.

L’organisation, qui se présente comme « la plus grande association d’entreprises de Winnipeg » a répondu à l’appel du gouvernement de la province, qui cherche des pistes pour réduire la pauvreté.

Dans son rapport publié en mars, la chambre du commerce préconise entre autre l’étude approfondie d’un revenu minimum garanti.

Ce type de mesure diffère d’un revenu de base car elle n’est pas inconditionnelle : elle dépend des revenus perçus et décroît avec leur augmentation. Néanmoins elle est plus « universelle » que les dispositifs classiques d’aide sociale et attachée à l’individu plutôt qu’au foyer.

Le dispositif est ainsi décrit par la chambre du commerce de Winnipeg :

Les propositions varient, mais le principe général est une aide financière versée aux individus les plus pauvres et décroissant avec le revenu. Cela vise à assurer à l’ensemble de la population un revenu minimum permettant de subvenir aux besoins essentiels.

Le revenu minimum illustre le fait que tout travail produit de la richesse, y compris le travail non payé, comme par exemple faire du bénévolat ou s’occuper de ses proches à domicile. Bon nombre de personnes sont dans cette situation et l’on pourrait penser que ce travail est sans valeur ou n’en créée pas. Pourtant sans ces bénévoles et ces volontaires, notre société fonctionnerait bien plus mal. Percevoir un revenu renforce l’estime de soi et apporte un sentiment de gratification, ce qui est inestimable.

L’expérimentation Mincome en 1973 s’était déroulée dans le Manitoba, avec des effets très positifs notamment sur la scolarisation, la santé et une réduction de la pauvreté. La province est peut-être prête pour remettre à l’ordre du jour une ambitieuse expérience sociale de cet ordre.


Illustration : CC 0 Brady Corps.

Basic income could work—if you do it Canada-style

Un article en anglais de Brian Bergstein pour le MIT Technology Review s’intéresse à l’expérimentation en cours à Lindsay en Ontario et à l’avis des bénéficiaires.

If any place can illuminate both the advantages of basic income and the problems it can’t solve, it will be Lindsay. The town is prosperous by some measures, with a median household income of $55,000 and a historic downtown district where new condos and a craft brewery are on the way. But that masks how tough it is for a lot of people to get by. Manufacturing in the surrounding area, known as the Kawartha Lakes, has declined since the 1980s. Many people juggle multiple jobs, including seasonal work tied to tourism in the summer and fall. Technology is part of the story too : robots milk cows now.

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Illustration : © Brian Bergstein.

Il faut agir contre la pauvreté

Un article de Jacinthe Laforest pour La Voix Acadienne rend compte d’une réunion publique sur la pauvreté alors que le gouvernement provincial d’Acadie annonce vouloir la réduire.

Le père Eddie Cormier, qui participait aux discussions, trouve que tout effort ayant pour objectif de « réduire » la pauvreté est en partant mal orienté. « Il ne faut pas viser à réduire la pauvreté. Il faut l’éliminer. Qu’a le gouvernement en tête ? Est-ce une réduction de 2 %, de 5 %, 10 % ou 50 % ? De mon point de vue, on est capable d’éliminer la pauvreté », a insisté le père Eddie Cormier. De nombreuses personnes dans le groupe ont mentionné qu’une solution possible, sinon LA solution serait de remplacer tous les petits programmes qui bouchent des trous ici et là par un programme de revenu de base garanti.

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Illustration : © Jacinthe Laforest.

Le RSA dans le viseur

Un article dans Politis revient sur l’offensive actuelle du gouvernement contre les droits des personnes à très faibles revenus, allocataires du RSA.

Tout doucement, l’exécutif prépare les esprits à une vieille idée de la droite : faire travailler les allocataires du RSA. Dans un discours prononcé le 13 juin à la Mutualité française, Emmanuel Macron dit vouloir améliorer l’accompagnement des allocataires les plus éloignés de l’emploi et responsabiliser les autres, « qui peuvent revenir vers le travail, mais que rien n’incite ni n’accompagne pour faire ce chemin ». Cela ressemble à une vieille marotte de la droite anti-« assistanat », déjà appliquée dans le département du Haut-Rhin, où les allocataires du RSA ont l’obligation de travailler « bénévolement » sept heures par semaine.

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Illustration : © Politis.

Un revenu de base en France ? « C’est possible et soutenable financièrement »

Un article de Yann-Armel Huet pour Ouest-France où le président du conseil départemental d’Ile-et-Vilaine présente sa vision de la démarche de 13 départements en faveur d’un revenu minimum.

« Le montant dépendra d’un certain nombre de choses, y compris par exemple de l’intégration ou non, des allocations d’aide au logement. L’objectif est de tendre vers quelque chose qui serait au-dessus du seuil de pauvreté, soit aujourd’hui 845 €. Sur le principe, sinon, il s’agit bien, oui, de simplifier les dispositifs existants.
Ils sont très complexes. On parle souvent du coût et du trop grand nombre des aides sociales. Mais comment alors expliquer qu’on a 9 millions de Français sous le seuil de pauvreté ? La vérité, c’est qu’en moyenne, 30 % des bénéficiaires potentiels ne demandent pas les aides sociales. »

Comme de coutume, les présidents socialistes appellent « revenu de base » leur démarche qui n’a rien d’inconditionnelle : il s’agit en réalité d’un revenu minimum garanti pour les adultes.

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Illustration : © Philippe Renault.

Les aides sociales : « un pognon de dingue » nous dit notre président

Un article de Guy Valette s’inscrit en faux contre l’idée selon laquelle les aides sociales coûteraient un « pognon de dingue » à la collectivité, et plaide pour une réforme ambitieuse du système socio-fiscal afin d’instaurer un revenu de base inconditionnel, permettant à chacun·e de vivre dignement.

Réformer les aides sociales sans toucher à notre système fiscal est vain. Ensemble nous sommes riches (1300 milliards de revenus d’activité et plus de 11 500 milliards de patrimoine privé, tout cela bien mal réparti au gré des réussites individuelles et de l’héritage du passé). Nous pouvons dès à présent mettre en place un système de redistribution universel administré par une caisse autonome, qui se substituerait au système socio-fiscal actuel, où chacun contribuerait en proportion de ses moyens à l’allocation d’un revenu d’existence inconditionnel pour assurer à tous les membres de la communauté les moyens d’exister dignement.

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Illustration : © Jacques Witt/SIPA.

Revenu de base : pourquoi 13 départements veulent l’expérimenter

Un article d’Alexandre Poussart pour Public Sénat résume l’initiative actuelle de 13 départements en faveur d’un revenu minimum.

Plusieurs scénarios ont été avancés par les élus départementaux. Ce revenu de base fusionnerait au minimum l’actuel RSA et la prime d’activité (545 euros). Ce revenu pourrait également intégrer l’allocation logement. « Ce scénario aurait le mérite de simplifier toutes les aides sociales et de leur donner plus de visibilité », note Michel Amiel, sénateur (LREM) et ancien membre de la mission d’information sur le revenu de base menée par le Sénat ces dernières années.

Une nouvelle fois le terme « revenu de base » est employé abusivement pour un dispositif qui n’est pas un revenu inconditionnel, mais plutôt une extension de l’actuel RSA.

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Illustration : © Loic Venance.

L’Institut des politiques publiques publie son rapport sur les expérimentations de « revenu de base »

Le rapport ainsi qu’une note de synthèse sont disponibles sur le site de l’IPP, alors que plus d’une dizaine de départements annoncent vouloir expérimenter bientôt.

Dans les scénarios simulés, le revenu de base étudié partage les caractéristiques suivantes :
— remplacement de plusieurs dispositifs existants (simplification du système)
— garantie d’un revenu minimal dégressif en fonction des ressources
— non-conditionnalité du versement à des démarches actives de recherche d’emploi
— versement automatique (hypothèse de recours complet)
— calcul au niveau de la famille

On regrettera que l’institut s’intéresse à un dispositif conditionnel et dégressif, une extension de dispositifs existants (RSA et prime d’activité), plutôt qu’à un revenu de base universel, malgré le vocabulaire employé. Ce qui ne manquera pas d’ajouter à la confusion sémantique du débat actuel.

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Illustration : © Institut des Politiques Publiques (IPP).

Un retour sur la situation des bénéficiaires

Un article de Véronique, adhérente de l’association Mon revenu de base, fait un point d’étape avec les quatre personnes tirées au sort pour bénéficier d’un revenu sans condition pendant un an.

La diversité des profils des bénéficiaires met à jour différentes difficultés et problématiques que chacune et chacun d’entre vous est un jour à même de rencontrer et pour lesquelles le revenu de base apporte des réponses.

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Illustration : © Mon revenu de base.