États‐Unis : un revenu universel contre l’abstention

Un article d’Ioana Marinescu dans Libération pré­sente une étude qui lie l’octroi d’un reve­nu sans condi­tion à des popu­la­tions Cherokee pauvres et la baisse de l’abstention.

Parmi les plus pauvres de la com­mu­nau­té che­ro­kee, on s’abstenait de père en fils et de mère en fille. Avec le reve­nu uni­ver­sel, quand les enfants des plus pauvres sont arri­vés à l’âge adulte, ils ont com­men­cé à voter bien plus que leurs parents.

De quelle façon le reve­nu uni­ver­sel com­bat l’abstention ? Ce n’est pas com­plè­te­ment clair, mais les cher­cheurs ont quelques pistes d’explication pro­met­teuses.

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Illustration : © AFP Brendan Smialowski.

Taux de chômage « naturel » : l’empreinte de Friedman

Un article de Gilles Raveaud dans Alternatives Économiques revient sur une concep­tion du chô­mage que Milton Friedman a ten­té de pous­ser pen­dant sa car­rière.

De toute évi­dence, si Milton Friedman a autant mar­qué les esprits, c’est en rai­son des cri­tiques que sa « théo­rie » lui per­met­tait d’émettre à l’encontre du para­digme domi­nant, celui des key­né­siens, bien plus que par son conte­nu posi­tif.

De plus, il sera gran­de­ment aidé par la crise de 1973 – 1974, et par l’incapacité des poli­tiques key­né­siennes à répondre rapi­de­ment à la hausse simul­ta­née de l’inflation et du chô­mage. Ces rai­sons déci­sives vau­dront au théo­ri­cien de Chicago en 1976, à 64 ans, l’attribution du prix de la Banque de Suède en mémoire d’Alfred Nobel.

Et c’est ain­si que se pro­dui­sit le plus grand bas­cu­le­ment de la macro‐économie depuis 1945. Il ne s’agissait plus de recher­cher les solu­tions au chô­mage « d’en haut », c’est-à-dire par la poli­tique éco­no­mique (poli­tique moné­taire, poli­tique bud­gé­taire).

Le remède devait venir « d’en bas », c’est-à-dire du « mar­ché du tra­vail » – une expres­sion reje­tée par les ins­ti­tu­tion­na­listes, mar­xistes, key­né­siens, qui consi­dèrent que le tra­vail ne s’échange pas sur un mar­ché, mais s’inscrit dans une rela­tion d’emploi, hié­rar­chi­sée, au sein d’une orga­ni­sa­tion –, désor­mais au centre de toutes les atten­tions.

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Illustration : © DR.

Les jobs à la con

Une vidéo d’Ouvrez les Guillemets s’intéresse aux bull­shit jobs, décriés notam­ment par David Graeber.

Votre job a‐t‐il un sens ou vous fait‐on faire toute la jour­née quelque chose d’absurde, d’inutile ou même de nui­sible ? Certaines tâches pro­po­sées par le mar­ché du tra­vail ont une uti­li­té sociale mesu­rable et incon­tes­table, quand d’autres semblent n’exister que pour vous occu­per, semblent ne satis­faire aucun des besoins de la socié­té. Ces emplois dis­pen­sables finissent par plon­ger les indi­vi­dus qui y vouent leur semaine dans la per­plexi­té tout d’abord puis, par­fois, dans la dépres­sion. À quoi servent donc ces « bull­shit jobs » ?


Illustration : © Mediapart.

Éloge de la gratuité

Un article de Paul Ariès dans le Monde Diplomatique plaide pour une exten­sion de la gra­tui­té, plu­tôt qu’un reve­nu sans condi­tion.

Le capi­ta­lisme, dont la voca­tion consiste à trans­for­mer le monde en mar­chan­dises, ne peut pour­suivre ce pro­ces­sus sans mena­cer l’humanité d’un effon­dre­ment à la fois finan­cier, social, poli­tique et éco­lo­gique. Prendre acte de cette situa­tion conduit à prô­ner un autre type de reve­nu d’existence, démo­né­ta­ri­sé. En d’autres termes : la gra­tui­té, dont il s’agirait de défendre l’extension, car elle n’a jamais tota­le­ment dis­pa­ru. Revenu uni­ver­sel ou gra­tui­té, ain­si se résume le dilemme : vaut‐il mieux don­ner de l’argent aux citoyens ou leur four­nir des ser­vices gra­tuits ?

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Illustration : © Matthew Rose.

Universal Basic Income Is Silicon Valley’s Latest Scam

Un article en anglais de Douglas Rushkoff publié sur Medium cri­tique ver­te­ment les formes de reve­nu de base ver­sion Silicon Valley que d’énormes entre­prises com­mencent à sou­te­nir.

The poli­cy was once thought of as a way of taking extreme pover­ty off the table. In this new incar­na­tion, howe­ver, it mere­ly serves as a way to keep the weal­thiest people (and their loyal vas­sals, the soft­ware deve­lo­pers) entren­ched at the very top of the eco­no­mic ope­ra­ting sys­tem. Because of course, the cash doled out to citi­zens by the govern­ment will inevi­ta­bly flow to them.

Think of it : The govern­ment prints more money or per­haps — god for­bid — it taxes some cor­po­rate pro­fits, then it sho­wers the cash down on the people so they can conti­nue to spend. As a result, more and more capi­tal accu­mu­lates at the top. And with that capi­tal comes more power to dic­tate the terms gover­ning human exis­tence.

La mesure était aupa­ra­vant envi­sa­gée comme une façon de mettre fin à l’extrême pau­vre­té. Mais cette nou­velle mou­ture est plu­tôt des­ti­née à assu­rer aux plus riches (et leurs fidèles alliés les déve­lop­peurs de logi­ciels) leur place au som­met de la pyra­mide de notre sys­tème éco­no­mique. Puisque bien sûr, l’argent dis­tri­bué par l’État fini­ra par reve­nir dans leurs poches.

Voyez les choses ain­si : l’État créée de l’argent ou bien — Dieu nous garde — taxe une part des béné­fices des entre­prises, puis dis­tri­bue cet argent à la popu­la­tion pour qu’elle puisse conti­nuer à consom­mer. En fin de compte, le capi­tal s’accumule de plus en plus au som­met de la pyra­mide. Et cette accu­mu­la­tion de capi­tal repré­sente un pou­voir de déci­sion tou­jours plus grand sur nos exis­tences.

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Illustration : CCJimi Filipovski.

Le revenu universel au Kenya, « le petit coup de pouce » qui peut tout changer

Un article de l’AFP repris dans Le Monde pré­sente l’expérimentation de reve­nu sans condi­tion qui a lieu actuel­le­ment au Kenya.

« Nous posons un cer­tain nombre de ques­tions : lorsqu’on donne de l’argent aux gens chaque mois, vont‐ils s’arrêter de tra­vailler ? Vont‐ils prendre des risques dans leurs inves­tis­se­ments en sachant qu’ils auront des reve­nus quoi qu’il arrive ? Comment cela affecte‐t‐il leurs aspi­ra­tions ? », détaille Mme Teti.
« Il y a un débat mon­dial sur le reve­nu uni­ver­sel et nous vou­lons des preuves pour avan­cer », poursuit‐elle, ajou­tant que l’étude s’inscrit dans le contexte spé­ci­fique du « sou­la­ge­ment de la pau­vre­té en Afrique ». « En Occident, le débat sur le reve­nu uni­ver­sel est tout autre et tourne notam­ment autour du rôle de l’Etat-providence ou des pertes d’emploi. »

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Illustration : © Yasuyoshi Chiba / AFP.

Pour un revenu de transition écologique

Un entre­tien de Sophie Swaton pour le Green European Journal pré­sente sa pro­po­si­tion de reve­nu de tran­si­tion éco­lo­gique et la com­pare à celle d’un reve­nu de base.

Comment vous est‐venu l’idée du RTE ?

Cette idée de RTE m’est venue après des années de tra­vail sur le RBI (j’ai fait ma thèse de doc­to­rat sur le sujet), et l’identification de plu­sieurs manques. Il y a quatre prin­ci­pales failles du RBI qui m’ont conduit à pro­po­ser un dis­po­si­tif plus com­plet d’accélération de la tran­si­tion.
Premièrement, la seule dimen­sion moné­taire du RBI me gêne, inca­pable de prendre en compte jus­te­ment la liber­té réelle invo­quée : com­ment prendre en compte sans un accom­pa­gne­ment adé­quate les capa­bi­li­ties des per­sonnes ? Deuxièmement, l’absence de valo­ri­sa­tion du tra­vail qui reste un fort fac­teur de recon­nais­sance social, plé­bis­ci­té par l’ensemble de la socié­té. Chacun cherche à don­ner du sens à son tra­vail et celui‐ci peut encore être un fac­teur d’épanouissement. C’est pré­ci­sé­ment le cas pour cette vague de plus en plus forte des actrices et acteurs de la tran­si­tion qui se lancent dans de nou­veaux métiers com­pa­tibles avec une empreinte éco­lo­gique faible. Le RBI ne ques­tionne pas la qua­li­té du tra­vail ! Troisièmement, il est dom­mage que le RBI dans ses nou­veaux argu­ments en 2017, rate autant le virage éco­lo­gique en confon­dant les niveaux d’argumentation. Comment un même outil pourrait‐il à la fois com­battre la pau­vre­té, relan­cer la crois­sance et œuvrer pour de acti­vi­tés éco­lo­giques ?
Enfin, last but not least, la dimen­sion exclu­si­ve­ment indi­vi­duelle du RBI me semble rédhi­bi­toire : ses pro­mo­teurs évoquent le lien social, une socié­té des acti­vi­tés, le sor­tir du capi­ta­lisme et du pro­duc­ti­visme, mais vante encore exclu­si­ve­ment un droit indi­vi­duel sans aucune dimen­sion col­lec­tive ou d’un agir com­mun. Je trouve que cela manque d’ambition et est un peu étri­qué en terme de solu­tion au regard des idéaux reven­di­qués par ses ini­tia­teurs. On est au fond pas très loin de l’homo oeco­no­mi­cus des théo­ries éco­no­miques ortho­doxes… si éloi­gné de nos réa­li­tés. Or, il y a bien un hori­zon com­mun dans le dis­po­si­tif du RTE. Les com­muns sont même la base, en termes de res­sources à iden­ti­fier et de gou­ver­nance à mettre en œuvre.

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Illustration : © Elis Wilk.

Revenu de base : les départements PS veulent prendre au mot Emmanuel Macron

Un article de Noël Bouttier pour TSA Quotidien pré­sente la pro­po­si­tion de loi dépo­sée par dix‐huits président·es de dépar­te­ment, pour expé­ri­men­ter une fusion de cer­tains mini­mas sociaux (RSA, prime d’activité, voire APL).

Les 18 dépar­te­ments défendent un pro­jet qui se veut « auda­cieux socia­le­ment, sou­te­nable finan­ciè­re­ment, cré­dible scien­ti­fi­que­ment ». Ils expliquent que « le reve­nu de base n’est pas le fos­soyeur de la valeur tra­vail ». Et ils estiment que celui‐ci per­met d’accompagner les gens en tran­si­tion pro­fes­sion­nelle ou ceux qui éprouvent des dif­fi­cul­tés pour sa main­te­nir. « Les jeunes agri­cul­teurs qui ont du mal les pre­mières années sont inté­res­sés par cette mesure », glisse Philippe Martin, pré­sident du Gers. Concrètement, les dépar­te­ments sou­haitent expé­ri­men­ter deux scé­na­rios : une fusion du RSA et de la prime d’activité ; une fusion du RSA, de la prime d’activité et de l’APL. Dans le pre­mier cas, le reve­nu pour­rait être fixé à 550 euros ; dans le second, à 740 €. La pro­po­si­tion de loi pré­voit un appel à pro­jet pour expé­ri­men­ter pen­dant trois ans sur des petits ter­ri­toires l’une ou l’autre des hypo­thèses.

Après l’annonce par Emmanuel Macron du « reve­nu uni­ver­sel d’activité » non uni­ver­sel, voi­ci donc une pro­po­si­tion de loi pour expé­ri­men­ter un « reve­nu de base » qui est en fait un reve­nu mini­mum (et pré­cé­dem­ment nom­mé « reve­nu uni­ver­sel », allez com­prendre).

Indépendamment des éven­tuels effets béné­fiques ou non qu’on peut en attendre, l’effervescence actuelle de pro­po­si­tions mal nom­mées nuit assu­ré­ment à la clar­té des débats.

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Illustration : © DR.

« Serons‐nous les chimpanzés observés par des machines ? »

Un entre­tien de Pascal Chabot et Paul Jorion avec Martine Vandemeulebroucke pour Alter Échos s’intéresse aux pers­pec­tives de l’emploi et du tra­vail dans un contexte d’automatisation mas­sive.

Alter Échos : Faut‐il taxer les robots ? Instaurer un reve­nu uni­ver­sel ?
Paul Jorion : J’ai été le pre­mier à pro­po­ser l’idée d’une taxe robots. Je l’avais conçue comme un moyen de finan­cer un reve­nu uni­ver­sel de base mais lorsque j’ai com­men­cé à pen­ser à la dimen­sion pra­tique du reve­nu uni­ver­sel, plu­sieurs obs­tacles me sont appa­rus. D’abord le reve­nu uni­ver­sel ne règle abso­lu­ment pas les dis­pa­ri­tés de reve­nus et les laisse même s’accroître. C’est aus­si une inci­ta­tion au consu­mé­risme alors qu’on devrait plu­tôt se lan­cer dans une forme de décrois­sance. Un autre dan­ger, c’est la mau­vaise uti­li­sa­tion de l’argent par son béné­fi­ciaire. Mais la contes­ta­tion la plus sérieuse du reve­nu uni­ver­sel vient de mon expé­rience de ban­quier pen­dant 18 ans. Si on donne un reve­nu sup­plé­men­taire aux gens, la finance s’en empa­re­ra.

Alter Échos : Que faire alors ?
Paul Jorion : Taxer les robots pour finan­cer une exten­sion de la gra­tui­té. Revenir en prio­ri­té à la gra­tui­té totale de l’assurance mala­die inva­li­di­té, de l’enseignement et puis l’étendre aux trans­ports de proxi­mi­té. Je suis aus­si en faveur d’une gra­tui­té de l’alimentation de type élé­men­taire.
Aujourd’hui, beau­coup de tra­vailleurs sont pris dans l’étau d’une acti­vi­té qui enva­hit leur vie pri­vée. Pourrions‐nous pas­ser d’une socié­té de burn‐out, où le tra­vail consume les forces de l’individu, à celle du vide, où le tra­vail n’est plus ?


Pascal Chabot : Le tra­vail est un des grands impen­sés de nos socié­tés. Il struc­ture les exis­tences, pro­cure satis­fac­tions et déses­poirs. Son manque effraie et pro­voque par­fois des détresses vio­lentes ; mais sa sur­pré­sence engendre des patho­lo­gies en impo­sant aux indi­vi­dus des rythmes et des buts par­fois toxiques.
Il est à cet égard inté­res­sant de se sou­ve­nir que les tech­no­lo­gies ont été mas­si­ve­ment intro­duites dans la socié­té au cours des années 60, en étant accom­pa­gnées d’un dis­cours sur la civi­li­sa­tion du loi­sir. Alors déjà, des pro­pos sur la pos­si­bi­li­té d’un chô­mage de masse se fai­saient entendre. Le dis­cours sur la civi­li­sa­tion du loi­sir fut une sorte de che­val de Troie qui, en ses flancs, et sous cou­vert d’une plus grande jouis­sance du monde, intro­dui­sit une série de tech­no­lo­gies de cap­ture de l’attention, assez dif­fé­rentes de ce que l’on pou­vait alors appe­ler « loi­sir ». 

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Illustration : © Anne‐Gaëlle Amiot.

David Graeber : le revenu universel, remède aux jobs à la con ?

Un entre­tien de l’anthropologue avec Philippe Vion‐Dury dans Socialter autour des maux actuels du monde du tra­vail, et sa concep­tion du reve­nu sans condi­tion.

Il y a au moins trois genres de reve­nu uni­ver­sel : une ver­sion de droite, qui consiste à don­ner de l’argent aux gens pour ne plus avoir à s’occuper d’eux ; une ver­sion plus libé­rale, qui l’envisage comme un sup­plé­ment ; et une ver­sion radi­cale, qui veut en faire un reve­nu suf­fi­sant pour vivre, indé­pen­dam­ment de tout emploi ou aide, puisque le but ultime est de dis­joindre le tra­vail du reve­nu. Cette der­nière idée est par­ti­cu­liè­re­ment radi­cale, sachant que nous avons pas­sé les cin­quante der­nières années à aller dans le sens inverse. Mais ça deman­de­ra une sorte de révo­lu­tion cultu­relle – et pren­dra donc du temps. Cela éten­drait enfin le concept de liber­té à l’économie d’une manière authen­tique. La liber­té, c’est quand vous êtes en mesure de déci­der ce que vous sou­hai­tez faire et que vous n’êtes pas mena­cé par la faim.

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Illustration : © Cyrille Choupas.

L’intelligence artificielle, un choc industriel

Un article repro­duit sur le blog de Paul Jorion extrait du dos­sier « Les révo­lu­tions de l’intelligence » dans le numé­ro 26 de Papiers, s’intéresse aux évo­lu­tions de l’informatique et de la robo­ti­sa­tion et leur effet sur l’emploi.

Maylis Besserie : Une […] piste, régu­liè­re­ment explo­rée, est la pers­pec­tive de taxer les robots.

Raja Chatila : Je dois dire que cette expres­sion n’est pas heu­reuse. Je ne parle pas du concept qui est der­rière, mais l’expression elle‐même n’est pas heu­reuse parce qu’elle laisse croire qu’il y a un robot phy­sique qui va prendre ma place et qu’il faut donc le taxer. En réa­li­té, cela signi­fie taxer l’entreprise qui l’utilise, taxer la pro­duc­ti­vi­té de cette entre­prise, pour que moi, humain qui n’ai plus de tra­vail, je puisse béné­fi­cier quand même d’un reve­nu qui me serait échu de droit. Mais l’idée sous‐jacente est excel­lente. La dif­fi­cul­té va venir de l’identification de ce qu’est un robot. Est‐ce qu’on logi­ciel est un robot ? Qui vais‐je taxer quand je vais uti­li­ser un logi­ciel qui se trouve tour­ner sur des machines à l’autre bout du monde ? Cette mise en œuvre ne me semble pas très claire, même si je com­prends que Paul Jorion la défende. Je n’ai pas de solu­tion toute faite, et les termes de « reve­nu de base » ou de « taxe robot » pré­sentent cha­cun des avan­tages et des incon­vé­nients. Je pense mal­heu­reu­se­ment que la débat n’a pas lieu, qu’il devrait avoir lieu et être mis en place pour que l’on puisse réflé­chir sur la meilleure méthode impli­quant tout le monde — c’est-à-dire les citoyens, les éco­no­mistes, les experts, les robo­ti­ciens, les intel­li­gents arti­fi­ciel­le­ment, les socio­logues, etc. C’est une ques­tion de fond.

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Illustration : © France Culture.

Les défis sociaux des transformations du travail

La cap­ta­tion vidéo d’une table ronde orga­ni­sée lors de la confé­rence « Les trans­for­ma­tions du tra­vail » en sep­tembre 2018 réunit Antonio Casilli, Thomas Coutrot et Pascal Lokiec.

Antonio Casilli

Professeur d’humanités digi­tales à Telecom ParisTech et cher­cheur au centre Edgar Morin de l’EHESS, auteur (avec D. Cardon) de Qu’est-ce que le digi­tal labor?, Editions INA, 2015.

Thomas Coutrot

Économiste, ancien co‐président d’Attac et co‐fondateur des Economistes atter­rés, auteur de Libérer le tra­vail. Pourquoi la gauche s’en moque et pour­quoi cela doit chan­ger, Editions du Seuil, 2018.

Pascal Lokiec

Professeur de droit du tra­vail, auteur (avec Dominique Méda et Eric Heyer) de Une autre voix est pos­sible. Le modèle social fran­çais n’est pas mort !, Flammarion, 2018.
Conférence orga­ni­sée, sous le patro­nage du Sénateur de l’Isère, M.Guillaume Gontard, par la Fondation de l’Ecologie Politique et le Green European Journal.

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Illustration : © Fondation de l’Écologie Politique.

Le revenu universel d’activité : l’indécence de Macron n’a pas de limites

Un article de Nicolas Nafziger fait le point sur la pro­po­si­tion du Président de créer une allo­ca­tion sociale unique, et pré­sente d’autres pistes pour réduire la pré­ca­ri­té et la pau­vre­té.

Cette allo­cu­tion est inté­res­sante car le pré­sident opère un glis­se­ment séman­tique en dési­gnant une chose par une autre. En l’occurrence, il surfe sur la vague du popu­laire reve­nu uni­ver­sel pour par­ler de l’allocation sociale unique, vaste pro­jet prô­né entre autres par les ultra‐libéraux de l’Ifrap pour fusion­ner les mini­ma sociaux exis­tants dans le but de faire des éco­no­mies. En effet, n’est-il pas plus sédui­sant et par­lant de s’adresser aux fran­çais dans le cadre du plan pau­vre­té en évo­quant le reve­nu uni­ver­sel plu­tôt que l’allocation sociale unique ?

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Illustration : CC BYNC 2.0 Mutualité Française.

Revenu de base : Ottawa appelé à la rescousse pour sauver un projet en Ontario

Un article dans L’Actualité relaie la demande faite par quatre maires au ministre de pour­suivre le projet‐pilote de reve­nu mini­mum garan­ti.

Les maires estiment que le gou­ver­ne­ment a rom­pu sa pro­messe, faite lors de la cam­pagne élec­to­rale du prin­temps, de main­te­nir le pro­jet pilote afin de ne pas perdre des don­nées pré­cieuses qui pour­ront aider à lut­ter contre la pau­vre­té dans la pro­vince.
Le pro­jet pilote sur le reve­nu de base, lan­cé sous l’ancien gou­ver­ne­ment libé­ral de Kathleen Wynne en avril 2017, devait durer trois ans, pour un coût de 150 mil­lions $. Les conser­va­teurs nou­vel­le­ment élus ont sou­te­nu avoir été infor­més que le pro­jet ne fonc­tion­nait pas, une asser­tion contes­tée par les défen­seurs de la lutte contre la pau­vre­té.

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Illustration : CCCamille Orgel.