Le revenu de base examiné sous toutes les coutures

Timothée Duverger, sur Nonfiction :

Bien qu’engagé, pré­ten­dant consti­tuer une alter­na­tive au socia­lisme comme au néo­li­bé­ra­lisme, leur ouvrage ne consti­tue pas un mani­feste mais plu­tôt un état de la ques­tion très docu­men­tée (avec pas moins de 74 pages de notes et 47 pages de biblio­gra­phie !). Le reve­nu de base incon­di­tion­nel fait ain­si le tour com­plet du sujet en étu­diant tour à tour l’histoire du reve­nu de base, son éthique, sa sou­te­na­bi­li­té finan­cière, son accep­ta­bi­li­té poli­tique et sa fai­sa­bi­li­té dans un monde deve­nu glo­bal, tout en cla­ri­fiant les prin­ci­paux enjeux et débats qu’une telle pro­po­si­tion sus­cite.

Une fiche de lec­ture qui pré­sente le pro­pos du récent ouvrage de Philippe Van Parijs et Yannick Vanderborght, récem­ment paru aux édi­tions La Découverte et pré­cé­dem­ment évo­qué ici.

Source. Illustration : Artiste inconnu·e.

Andrew Yang, le candidat de la fin du monde

Russell Brandom, dans The Verge :

Yang’s pitch was simple : auto­ma­tion is des­troying American jobs, and we need a pre­sident with some kind of ans­wer. If you believe that, the robot‐obsessed star­tup guy could be your only option.

Yang’s ans­wer looks a lot like socia­lism, although he doesn’t use the word him­self. The cen­ter­piece of Yang’s cam­pai­gn is a $1,000 month­ly check to eve­ry per­son in America, paid for with a Nordic‐style Value Added Tax. That’s nor­mal­ly cal­led a basic income, although the Yang cam­pai­gn calls it a “free­dom divi­dend,” since focus group tes­ting found the idea was more popu­lar in the lan­guage of cor­po­rate owner­ship. Left‐wing think tanks like the Roosevelt Institute and Data for Progress have been pushing a basic income for years as an alter­na­tive to the cur­rent laby­rinth of fede­ral aid pro­grams, but Yang is the first pre­si­den­tial can­di­date to build a cam­pai­gn around it.

Un por­trait d’Andrew Yang, can­di­dat à la pri­maire du Parti démo­crate pour l’élection pré­si­den­tielle de 2020 aux États‐Unis qui a le vent en poupe. Il a fait de l’octroi d’un reve­nu sans condi­tion une mesure phare de son pro­gramme.


Source. Illustration : © Amelia Holowaty Krales.

L’enjeu du revenu de base intéresse aussi l’Allemagne

Alicia Prager, dans Euractiv :

Les dif­fé­rents pro­jets qui naissent un peu par­tout autour du reve­nu de base ont des objec­tifs variables. « En France, il s’agit de limi­ter la pau­vre­té. En Finlande, l’idée était de per­mettre aux chô­meurs à trou­ver plus rapi­de­ment un tra­vail. Nous, nous vou­lons savoir quel effet aurait le reve­nu de base sur les indi­vi­dus », explique Steven Strehl, à l’initiative de « Mein Grundeinkommen ».
« Nous assis­tons à la plus grande mon­tée en puis­sance d’une idée poli­tique », assure Michael Bohmeyer, le fon­da­teur du pro­jet.

L’article illustre l’initiative citoyenne alle­mande « Mein Grundeinkommen » qui conti­nue son bon­homme de che­min, dans un sens dif­fé­rent des dyna­miques gou­ver­ne­men­tales en France et en Finlande.


Source. Illustration : Fabian Melber.

Le revenu universel pour de vrai

Julien Damon, dans Les Échos :

Enfin tra­duit en fran­çais, ce trai­té géné­ral du reve­nu uni­ver­sel est un livre impor­tant. Etude fouillée des jus­ti­fi­ca­tions éthiques et des diverses pro­po­si­tions tech­niques autour dudit reve­nu uni­ver­sel, il en décor­tique toutes les dimen­sions. Loin du rafis­to­lage des poli­tiques sociales, un tel choix maté­ria­li­se­rait une forme de troi­sième voie (même si ses auteurs n’emploient pas l’expression) entre le vieux socia­lisme et le libé­ra­lisme nou­veau. 

Une pré­sen­ta­tion de l’ouvrage incon­tour­nable de Philippe Van Parijs et Yannick Vanderborght, désor­mais tra­duit en fran­çais aux édi­tions La Découverte.


Source. Illustration : La Découverte.


Le revenu de base, un nouveau pilier de la protection sociale

Guy Valette :

Le pro­grès tech­nique ne s’accompagne plus de pro­grès sociaux. Au contraire, Bernard Stiegler, phi­lo­sophe, décrit la dis­rup­tion comme un phé­no­mène d’accélération de l’innovation qui va plus vite que l’évolution des socié­tés et des sys­tèmes sociaux qui les struc­turent, ce qui a pour consé­quence que ceux qui s’approprient cette inno­va­tion tech­no­lo­gique, les GAFAM, imposent des modèles qui détruisent les struc­tures sociales exis­tantes et rendent les pou­voirs publics impuis­sants. C’est l’«ubérisation » de l’économie…

Partant de la situa­tion dra­ma­tique de l’emploi aujourd’hui et des carences du sys­tème actuel de redis­tri­bu­tion, Guy Valette publie un mani­feste en faveur d’un reve­nu de base éman­ci­pa­teur pour tou·tes, afin de consti­tuer une sécu­ri­té sociale tout au long de la vie.


Source. Illustration : artiste inconnu·e.


Antoine Deltour, lanceur d’alerte en faveur du revenu de base

Antoine Deltour, dans un entre­tien avec le Mouvement Français pour un Revenu de Base (MFRB) :

Au début je l’ai consi­dé­rée avec scep­ti­cisme, comme beau­coup de gens. Je me disais « c’est une uto­pie, ce n’est pas finan­çable, les gens arrê­te­raient de tra­vailler », ce genre de pré­sup­po­sé qu’on peut avoir sur l’idée. Ensuite, en y réflé­chis­sant, cha­cun évo­lue. En ce qui me concerne, c’est une idée qui est ren­trée en cohé­rence avec mes réflexions sur la décrois­sance. J’ai eu au début la même appré­hen­sion concer­nant la décrois­sance, je me disais « si l’économie décroit, le monde s’effondrera, ce n’est pas réa­liste ». Mais en fait si on ana­lyse les enjeux actuels au niveau éner­gé­tique, cli­ma­tique, de la bio­di­ver­si­té, on arrive à la quasi‐certitude que l’économie ne peut pas faire autre chose que décroitre, que ce soit de manière choi­sie ou de manière subie. Pour mettre en œuvre cette néces­si­té de décroitre, le reve­nu de base me parait être la manière de faire la plus ordon­née et la plus socia­le­ment accep­table.

Connu pour ses révé­la­tions des Luxembourg Leaks, l’ancien employé d’un cabi­net d’audit finan­cier arti­cule sa vision d’un reve­nu de base avec les défis sociaux et éco­no­miques actuels.


Source. Illustration : © Aurore Belot/AFP.

Revenu universel : le début d’une révolution en Europe ?

Loreline Merelle et Anja Maiwald dans Décryptages sur Arte :

En Europe, l’idée d’un reve­nu uni­ver­sel – un mon­tant fixe ver­sé chaque mois par l’Etat sans condi­tions – fait cou­ler beau­coup d’encre. Chaque pays semble adap­ter l’idée à sa manière. En France, Emmanuel Macron a annon­cé « un reve­nu uni­ver­sel d’activité » pour 2020. En Allemagne, la ville de Berlin veut expé­ri­men­ter un « reve­nu de base soli­daire » à par­tir de juillet. En Finlande, un « reve­nu uni­ver­sel » a été tes­té. Mais tous ces termes renvoient‐t‐ils exac­te­ment à la même idée ? Et est‐vraiment le début d’une révo­lu­tion ?

Cette vidéo de dix minutes pré­sente de façon claire les dif­fé­rents pro­jets aujourd’hui dési­gnés sous le terme « reve­nu uni­ver­sel ».

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Et maintenant ? Gilets jaunes, politique et retour à l’ordre

Sur Carbure :

Ce mou­ve­ment porte mani­fes­te­ment des conte­nus tels qu’il semble pro­bable que tôt ou tard un par­ti ou une coa­li­tion porte jusqu’aux ins­ti­tu­tions un mode de gou­ver­ne­ment répon­dant aux néces­si­tés de ce nou­veau com­pro­mis de classe, comme les Partis com­mu­nistes et les syn­di­cats ont répon­du en leur temps à la néces­si­té de l’intégration de la classe ouvrière.

Ce com­pro­mis peut pas­ser par l’ouverture à moindres frais de nou­velles garan­ties et droits sociaux, obte­nus sur une base étroite de cha­ri­té publique, sur une poli­tique active envers les SDF et les retrai­tés pauvres par exemple, sur l’attribution sélec­tive de loge­ments sociaux, sur l’instauration d’un reve­nu garan­ti absor­bant toutes les allo­ca­tions, le tout assor­ti de contre­par­ties en termes de dis­po­ni­bi­li­té aux offres d’emploi les moins relui­santes, etc. Des manières de s’occuper du « peuple » en dis­po­sant des filets de sécu­ri­té autour des plus misé­rables tout en accen­tuant la contrainte au tra­vail, avec le res­sort évident de la stig­ma­ti­sa­tion des pares­seux et le rejet de l’étranger sont déjà expé­ri­men­tées avec plus ou moins de suc­cès dans les pays où les popu­listes ont com­men­cé à gou­ver­ner. Des dis­po­si­tifs de ce type, ame­nés par une pro­mo­tion poli­tique habile, pour­raient bien venir en rem­pla­ce­ment du sys­tème social à la fran­çaise, si on prend soin de les adap­ter aux exi­gences de la trans­for­ma­tion de la force de tra­vail dans le capi­ta­lisme restruc­tu­ré. A condi­tion aus­si qu’ils n’occasionnent pas une hausse du coût du tra­vail pour les capi­ta­listes et qu’ils n’entravent pas la cir­cu­la­tion mon­diale des capi­taux, et qu’ils garan­tissent la pré­ser­va­tion des pri­vi­lèges de la métro­pole. Autant dire que la marge de manœuvre est étroite. C’est là une solu­tion pos­sible, la réso­lu­tion toute pro­vi­soire de l’équation impos­sible entre l’existence éco­no­mique du peuple et son exis­tence poli­tique, et c’est bien la pro­po­si­tion que fait le popu­lisme au capi­tal, comme le fas­cisme l’a fait en son temps.

Ce long texte sur Carbure pro­pose une ana­lyse de la situa­tion poli­tique en France. État du mou­ve­ment des Gilets jaunes et refus de la reprise poli­tique, inflexi­bi­li­té auto­ri­taire du pou­voir, et pers­pec­tives peu enga­geantes pour la grande majo­ri­té de la popu­la­tion.


Source. Illustration : artiste inconnu·e.

Stanford propose un post‐doctorat sur le revenu de base

Le labo­ra­toire de recherche sur le reve­nu de base de l’université cali­for­nienne pro­pose un contrat de post‐doctorat.

L’objectif est de faire l’état de l’art des expé­ri­men­ta­tions de reve­nu de base et des dis­po­si­tifs ana­logues, afin de pro­duire un rap­port glo­bal qui sera pré­sen­té lors d’un col­loque inter­na­tio­nal en 2020.

Les candidat·es titu­laires d’un doc­to­rat en éco­no­mie, sciences poli­tiques, poli­tiques publiques, psy­cho­lo­gie, socio­lo­gie, ou dans un domaine proche, ont jusqu’au 8 mars pour se faire connaître.


Source. Illustration : CC Simahh.

Le réseau européen pour le revenu de base inconditionnel se réunit à Budapest pour une conférence publique et des ateliers entre ses membres

Un article de Lorenzo Molinari pour Pressenza pré­sente la récente confé­rence d’Universal Basic Income Europe (UBIE) en Hongrie .

Lors de la confé­rence du ven­dre­di 25, des experts, des poli­ti­ciens et des spé­cia­listes ont par­lé de leurs idées, pro­po­si­tions et expé­riences. Après chaque ronde de dis­cus­sion, les par­ti­ci­pants pou­vaient poser des ques­tions ou par­ta­ger leurs com­men­taires.

Lors des ate­liers des same­di 24 et dimanche 25, l’idée et la fai­sa­bi­li­té d’une ini­tia­tive citoyenne euro­péenne ont été déve­lop­pées, ain­si que les stra­té­gies pos­sibles pour les pro­chaines élec­tions euro­péennes en mai 2019.


Source • Illustration : UBIE.

États‐Unis : L’Association nationale des villes lance un guide pour expérimenter le revenu de base à l’échelle municipale

Un article d’Andre Coelho pour Basic Income News évoque un rap­port de la National League of Cities qui incite les muni­ci­pa­li­tés éta­su­niennes à expé­ri­men­ter un reve­nu sans condi­tion.

City lea­ders are conscient, though, that cities are limi­ted in their abi­li­ty to intro­duce basic income schemes, as they are part of wider nation‐state orga­ni­za­tions and govern­ments. However, cities can act as expe­ri­men­tal grounds to pro­vide results and iden­ti­fy hurdles, both cru­cial aspects of an even­tual nation‐wide UBI imple­men­ta­tion.

Les muni­ci­pa­li­tés sont néan­moins conscientes que leur capa­ci­té d’expérimentation res­te­ra néces­sai­re­ment limi­tée, de par leur inclu­sion dans un sys­tème natio­nal de gou­ver­ne­ment. Néanmoins les villes peuvent consti­tuer un ter­rain d’expérimentation de choix afin de pro­duire des résul­tats et iden­ti­fier des dif­fi­cul­tés, deux aspects cru­ciaux pour per­mettre d’envisager une éven­tuelle géné­ra­li­sa­tion d’un reve­nu de base à l’échelle d’un pays.


Source • Illustration : National League of Cities.

« Gagner sa vie » : plongée dans le revenu de base à visage humain

Un article de Guillaume Ledit pour Usbek & Rica pré­sente Gagner sa vie, la nou­velle série docu­men­taire d’Arte consa­crée au reve­nu de base.

« Quand j’ai com­men­cé à réflé­chir sur le sujet il y a plus de deux ans, donc avant la pré­di­sen­tielle, j’ai eu une réac­tion vio­lente à l’idée de don­ner de l’argent contre rien », nous explique Margaux Missika. Ce ques­tion­ne­ment per­son­nel mêlé à sa for­ma­tion en éco­no­mie et socio­lo­gie l’a conduit à tra­vailler le sujet, et à vou­loir le rendre « intime » : « J’ai fait cinq ans d’économie, et la matière est très dif­fi­cile à trai­ter. On met sou­vent experts contre experts, chiffres contre chiffres. Alors que l’intéressant pour moi, c’est le débat phi­lo­so­phique qu’il y a der­rière ces ques­tions. L’idée c’était de mon­trer que ce débat concerne tout le monde ».

Des épi­sodes à regar­der dans l’ordre de son choix, sur dif­fé­rents aspects du reve­nu de base :

  • Le tra­vail c’est la vie : que se passe‐t‐il quand le tra­vail n’est plus ce qui occupe notre vie, mais ce qui la menace ?
  • Le pou­voir de l’argent : le reve­nu de base serait la nou­velle solu­tion pour éra­di­quer la pau­vre­té, mais qui doit payer ?
  • Main dans la main : dans un monde sans tra­vail, est ce qu’on se sen­ti­ra libé­ré ou limi­té par les robots qui nous auront rem­pla­cés ?
  • Le contrat social : si l’État n’est pas en mesure de finan­cer un reve­nu uni­ver­sel à tout le monde, alors qui devrait rece­voir quoi ?
  • La belle vie : que se passe‐t‐il réel­le­ment quand des gens reçoivent de « l’argent gra­tuit » sur la durée ?
  • L’utopie des réa­listes : même dans un endroit où l’argent pousse sur les arbres, est‐on prêt à tout par­ta­ger avec ses voi­sins ?
  • L’État sans État : dans un futur où le reve­nu uni­ver­sel serait une réa­li­té, aura‐t‐on encore besoin des États ?

Source


Illustration : © Arte.

Quand les aides sociales vous assignent à résidence

Un article de Guy Valette étu­die des cas concrets pour com­pa­rer le sys­tème actuel d’aides sociales condi­tion­nelles avec un reve­nu sans condi­tion.

Tous ces exemples révèlent com­bien ces aides spé­ci­fiques, condi­tion­nées, ne per­mettent pas de se pro­je­ter dans l’avenir, tant il est dif­fi­cile de savoir com­ment évo­lue le mon­tant de l’allocation en fonc­tion d’un chan­ge­ment de situa­tion, ce qui incite l’individu à se satis­faire d’une situa­tion pré­caire mais dont il connait par­fai­te­ment tous les contours au lieu de ris­quer de plus trou­ver son compte dans un chan­ge­ment de situa­tion. Ainsi le manque de visi­bi­li­té peut conduire à l’inaction et la relé­ga­tion tant dans le domaine affec­tif ou fami­lial que dans le tra­vail. Elle incite aus­si à occul­ter sa situa­tion réelle pour ne pas perdre une par­tie des aides. Enfin la com­plexi­té des pro­cé­dures, les contrôles inqui­si­teurs néces­saires génèrent des coûts de fonc­tion­ne­ment impor­tants à la C.A.F ain­si que des ten­sions et conflits entre usa­gers et agents de la C.A.F.

Source


Illustration : Artiste inconnu·e.