Microentreprise, une machine à fabriquer des pauvres

Sumedh Rajendran – Invisible Half

Un article de Jean-Philippe Martin pour le Monde Diplomatique s’intéresse aux dispositifs d’auto-entreprise et leurs effets sur les personnes soumises à ces statuts.

Derrière la propagande gouvernementale apparaît vite un grossier mirage économique. D’après l’Agence centrale des organismes de sécurité sociale (Acoss), le million d’inscrits au régime de la microentreprise réalise un chiffre d’affaires global de 8,75 milliards d’euros. Une somme non négligeable, peut-être, mais à rapprocher du résultat des 2,2 millions d’entreprises de moins de dix salariés qui, elles, cumulent 760 milliards d’euros de chiffre d’affaires. Au-delà de ce poids dérisoire dans la création de richesses, l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) précise que les autoentrepreneurs économiquement actifs ont retiré en moyenne 410 euros mensuels de leur activité en 2013, soit près d’une centaine d’euros de moins que le revenu de solidarité active (RSA). Et encore ce chiffre est-il gonflé par la poignée (10 %) qui est gratifiée de plus de 1 100 euros par mois, l’équivalent du smic net. En vérité, plus d’un sur quatre touche moins de 70 euros par mois et la moitié, moins de 240 euros.Jean-Philippe MartinEn complément, la première partie de l’émission Polémix et la voix off consacrée au numéro mensuel du Monde Diplomatique s’attarde sur cet article :

Ubérisation : Tous patrons : Exploitons-nous… nous mêmes !

Source : Microentreprise, une machine à fabriquer des pauvres, Jean-Philippe Martin pour le Monde Diplomatique.


Illustration : Sumedh Rajendran.

Et voilà le travail !

Et voilà le travail !

Un dossier réalisé par la Coordination des médias libres analyse le travail aujourd’hui.

Édito :

Il y a eu la loi Travail, avec ses nuits debout et ses cortèges de tête, imposants, menaçants, la contre-attaque pointait le bout de son nez.

Et puis, nous voilà un an après, Emmanuel Macron élu, les ordonnances sur le travail sont signées, difficile de voir ce qui pourrait empêcher leur ratification cette semaine dans une Assemblée nationale au garde-à-vous.

Pourquoi aussi peu de réactions ? Pourquoi le grand mouvement social ne s’est-il pas levé contre ce nouveau projet de société ?

Au-delà des circonstances post-électorales, c’est surtout que des mutations profondes du travail sont déjà à l’œuvre, et depuis longtemps. Attentifs aux mouvements de la société, à ce qui se passe en arrière-plan dans ce monde qui bouge souvent trop vite, nos médias libres observent depuis longtemps ce qu’on appelle aujourd’hui l’uberisation de la société : une concurrence de plus en plus généralisée, un travail découpé en micro-tâches, le plus souvent mal rémunérées, et avec la disparition progressive des droits sociaux. Et pour cause, nous-mêmes comme les autres entreprises du secteur de l’économie sociale et solidaire, nous y sommes directement confrontés.

La plupart de nos médias libres sont déjà dans cette précarité : temps partiels complétés par un boulot alimentaire, contrats (de moins en moins) aidés, pigistes payés largement en dessous, voire bénévolat à outrance. Bref, comme le secteur public, comme le social et l’associatif, nous n’échappons pas à cette vague.

Qu’en conclure ? Que malgré tout, loin des radars des médias dominants, nous repérons et expérimentons ce qui germe, des idées neuves ou anciennes. Nous racontons les alternatives concrètes. Nous donnons la parole à et celles et ceux qui refusent de se soumettre à cette marche forcée ou choisissent d’arrêter de travailler.

C’est à ce grand voyage dans les mondes du travail que la Coordination permanente des médias libres vous invite pour son troisième grand dossier, avec la contribution d’une vingtaine de médias libres, joyeux et indépendants.

Source : Et voilà le travail !, un dossier réalisé par la Coordination nationale des médias libres.


Illustration : © Coordination des médias libres.

La ville de Zurich pourrait tester un revenu de base inconditionnel

Zurich

Un article de Séverine Ambrus pour la RTS annonce que le parlement de la ville a adopté comme principe de tester le dispositif.

Il s’agit maintenant d’avancer à pas mesurés, explique le conseiller communal socialiste Urs Helfenstein. « J’aurai peur d’appuyer directement sur le bouton en disant : ‘voilà, demain, on met en place le RBI dans tout le pays’, parce que nous n’avons aujourd’hui aucune idée de ce que ça donnerait. Par contre, si on peut le tester sur quelques centaines de personnes, ici à Zurich et non pas en Afrique ou en Finlande, nous pourrons savoir si c’est une bonne idée ou pas. »

Source :  La ville de Zurich pourrait tester un revenu de base inconditionnel, Séverine Ambrus, la RTS.


Illustration : CC0 Dimi Katsavaris.

Automatisation : 375 millions de personnes forcées de changer d’emploi d’ici 2030 ?

Robots

Un article de Grégoire Normand pour La Tribune  s’intéresse à l’étude du cabinet McKinsey concernant l’effet de l’automatisation sur l’emploi d’ici 2030.

Compte tenu de l’ensemble de ces facteurs, les experts arrivent à la conclusion suivante : « entre 0 et 30 % des heures travaillées globalement pourraient être automatisées d’ici 2030, cela dépendra de la vitesse de mise en place de ces procédés ».

L’impact potentiel de l’automatisation sur l’emploi varie beaucoup en fonction de l’emploi et du secteur étudié. Les métiers relatifs à l’utilisation de machine ou la préparation de repas dans les chaînes de restauration rapide par exemple pourraient être rapidement menacés.Grégoire Normand

Source : Automatisation : 375 millions de personnes forcées de changer d’emploi d’ici 2030 ?, Grégoire Normand pour La Tribune.


Illustration : © Reuters.

Pour un revenu de base dans le Nord

Mediapart le Club

Une tribune dans le Club de Mediapart qui incite le président du département du Nord à rejoindre l’initiative d’expérimentation du revenu de base.

Nous croyons que l’heure est venue pour les départements d’expérimenter le revenu de base.

Dans cette optique, le conseil régional de nouvelle Aquitaine a voté le principe de son expérimentation en septembre 2016. De même, l’association « Mon revenu de Base » a récolté des fonds grâce à son crowdfunding pour lancer une expérimentation citoyenne. Enfin, le 26 novembre dernier, huit présidents de départements ont lancé un appel pour l’expérimentation de ce revenu de base. Ils ont déjà été rejoints dans leur initiative par le président du département de la Dordogne.

Premier·e·s signataires : Faustine Balmelle, Secrétaire Nationale des Jeunes Socialistes ; Damien Carême, Maire EELV de Grande-Synthe ; Myriam Cau, Porte-parole EELV Nord-Pas-de-Calais, élue à Roubaix ; Jérémie Crépel, Secrétaire régional EELV Nord-Pas-de-Calais, élu à Lille et à la MEL ; Alexis Debuisson, Militant du M1717 à Armentières ; Karima Delli, Députée européenne EELV du Nord-Ouest ; Sophie Desreumaux, Conseillère Municipale de Caudry ; Nozha El Kassmi, Militante du M1717 à Dunkerque ; Daniel Jankowiak, Militant du M1717 dans le  Sambre Avesnois ; Jeremie Meurisse, Militant du M1717 à Tourcoing ; Sadia Pamart, Militante du M1717 à Roubaix ; Pascale Pavy, Militant du M1717 à Bailleul, ancienne conseillère régionale Nord-Pas-de-Calais ; Benjamin Tison, Coordinateur des Jeunes Socialistes à Armentières ; Roger Vicot, Maire PS de Lomme, Conseiller Départemental du Nord.

Source : Pour un revenu de base dans le Nord, le Club de Mediapart.


Illustration : Mediapart.

Pays-Bas : La pétition pour l’expérimentation d’un revenu minimum automatique pour les seniors sans emploi remise au Parlement

Aanbieding Petitie

Antoinette Hertsenberg (de l’émission télévisée néerlandaise Radar) a remis au Parlement le 14 novembre une pétition, signée par 113 344 personnes, demandant l’expérimentation d’un revenu minimum automatique pour les personnes sans emploi de plus de 55 ans.

La pétition a été lancée après que Radar ait rappelé il y a six mois que seulement 3 % des seniors sans emploi retrouvent un travail rémunéré.

La remise de la pétition fut un succès : de nombreux membres du Parlement, représentant la quasi-totalité des partis politiques, y ont assisté. Le Parti socialiste (Socialistische Partij, SP) a demandé la tenue d’un débat parlementaire sur le sujet, dans le prolongement de la pétition. Un accueil politique qui tranche avec celui reçu par une pétition similaire l’an dernier : un tel débat avait à l’époque été refusé.

La pétition a bénéficié d’une attention médiatique importante, relançant le débat autour du revenu inconditionnel aux Pays-Bas.

Plus d’informations :

Pedro Alves, Netherlands : Basic Income petition in the Netherlands for people over 55 years old was signed more than 50000 times, Basic Income News, 6 juillet 2017.


Traduction d’un article de Hilde Latour initialement publié sur Basic Income News.

License : CC BY-NC-SA 3.0.

Illustration : Droits réservés.

« Pourquoi nous allons tester le revenu universel dans nos départements »

20 euros

Une tribune dans Le Journal du Dimanche où huit présidents de conseils départementaux annoncent leur intention d’expérimenter le revenu de base.

Signataires : les présidents de Gironde, Jean-Luc Gleyze ; Aude, André Viola ; Ariège, Henri Nayrou ; Gers, Philippe Martin ; Meurthe-et-Moselle, Mathieu Klein ; Haute-Garonne, Georges Méric ; Ille-et-Vilaine, Jean-Luc Chenut ; Seine-Saint-Denis, Stéphane Troussel.

Nous qui gérons le Revenu de solidarité active (RSA), nous mesurons tous les jours le rôle essentiel d’un filet de sécurité contre la grande pauvreté mais aussi ses limites. Sa complexité et celle de l’ensemble des minimas sociaux engendrent du non recours – plus de 30 % de ceux qui ont droit au RSA n’en font pas la demande –, des ruptures de droits, des indus. Le RSA échoue à vaincre la pauvreté, qui frappe près de 9 millions de personnes en France, et suscite la stigmatisation de ceux qui le perçoivent.

Source : « Pourquoi nous allons tester le revenu universel dans nos départements », Le Journal du Dimanche.


Illustration : Reuters.

Retour sur le 17e congrès espagnol du revenu de base

Red Renta Básica

Un article (en anglais) dans Basic Income News qui revient sur le 17e congrès de Red Renta Básica, le réseau espagnol pour le revenu de base.

Trois jours de colloque du 2 au 4 novembre durant lesquels se sont succédés débats et tables rondes.

La matinée du troisième jour était consacrée au dernier débat, intitulé « 30 ans de revenu minimum : le revenu de base comme alternative ». La discussion a porté sur l’échec des politiques de revenu minimum (conditionnel) à éradiquer la pauvreté, et sur les autres approches possibles.Andre Coelho

Source : SPAIN : XVII Simposium of Red Renta Básica, Andre Coelho, Basic Income News.


Illustration : Droits réservés.