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Revenu de base

Le journal du revenu de base : octobre 2020

Le tour d’horizon de l’actualité du revenu de base et des sujets liés.

👩‍🔬 Expérimentations

Le revenu minimum garanti dans la mire du caucus du Parti libéral du Canada

La Presse canadienne :

Le caucus libéral demande au gouvernement d’adopter l’idée par le biais d’une résolution de politique prioritaire qui sera examinée lors du prochain congrès national du parti.

Les députés jugent cette proposition si importante qu’ils l’ont désignée comme leur principale résolution, ce qui garantit qu’elle sera débattue et soumise à un vote lors du congrès prévu du 12 au 15 novembre.

Effects of a Universal Basic Income During the Pandemic

Abhijit Banerjee, Michael Faye, Alan Krueger, Paul Niehaus & Tavneet Suri :

We examine some effects of Universal Basic Income (UBI) during the COVID-19 pandemic using a large-scale experiment in rural Kenya. Transfers significantly improved well-being on common measures such as hunger, sickness and depression in spite of the pandemic, but with modest effect sizes.

An experiment to inform universal basic income

Tera Allas, Jukka Maksimainen, James Manyika, & Navjot Singh, McKinsey & Company :

As income inequality and economic upheaval take center stage, is a guaranteed minimum income worth considering? Results from a two-year experiment in Finland offer clues.

👩‍🏭 Emploi

Au deuxième trimestre 2020, l’emploi salarié baisse de nouveau nettement dans le secteur privé et chute dans la fonction publique

Insee :

Entre fin mars et fin juin 2020, l’emploi salarié chute de 0,9 %, soit 215 200 destructions nettes d’emplois après −2,0 % (−499 700 emplois) au trimestre précédent. Il retrouve ainsi fin juin 2020 un niveau comparable à celui de fin mars 2017. La baisse concerne à la fois le secteur privé (158 200 destructions nettes soit −0,8 %) et la fonction publique qui perd 57 100 emplois (soit −1,0 %).

Délocalisations : des centaines d’emplois menacés partout en France

Aline Leclerc & Francine Aizicovici, Le Monde :

Comme lors de chaque crise, des multinationales font le choix de fermer leurs sites de production dans l’Hexagone au profit de leurs usines à l’étranger.

Crise sanitaire: la carte des plans sociaux

Donatien Huet, Dan Israel, Manuel Jardinaud & Khedidja Zerouali, Mediapart :

Depuis le printemps, l’économie française est violemment secouée. Mediapart s’est engagé dans un décompte des conséquences sociales de la récession et publie la carte de près de 50 000 emplois menacés ou condamnés, dans 57 départements, à l’horizon 2021.

Surprise : depuis 2013, le CICE a créé seulement 100 000 emplois… qui ont chacun coûté 900 000 euros au contribuable

Nicolas Framont, Frustration :

Cinq ans de CICE, c’est 100 milliards d’euros. Soit entre 900 000 et 1 millions d’euros l’emploi. On aurait pu recruter des soignant.e.s, du personnel pour les EPHAD, investir dans nos écoles, nos hôpitaux – et on aurait été moins dans la merde face à l’épidémie de coronavirus, au hasard… Mais non. On a créé avec ça de l’emploi potentiellement précaire, inutile voire nocif (combien de responsables des ressources humaines et de chefs de produits marketings ?). Et surtout, qu’on soit clair, 900 000 euros par emploi signifie surtout que cet argent est parti ailleurs que dans le travail : vers la délocalisation, vers les hauts salaires et surtout vers les dividendes versés aux actionnaires. Le seul résultat notable de cette politique, et le timide rapport de France Stratégie évite bien d’en parler, c’est le versement de dividendes qui a battu chaque année un nouveau record : 50 milliards d’euros ont été versés en 2019, rien que par les entreprises du CAC 40.

Faites-vous un « bullshit job »? Voici les cinq grands types de « boulots à la con »

Sandra Lorenzo, The Huffington Post :

Citant plusieurs études d’opinions parues après son premier article, l’anthropologue, explique que 37% à 40% des personnes interrogées aux UK ou aux Pays-Bas étaient convaincues que leur travail à plein temps n’apportait pas quelque chose d’important au monde. Il n’est pas forcément question de personnes qui n’aiment pas leur travail mais du regard qu’ils peuvent avoir sur l’intérêt qu’il représente pour la bonne marche de la société.

👨‍👩‍👧‍👧 Société

« Je ne mange qu’une fois par jour » : des « nouveaux pauvres » racontent comment la pandémie les a fait basculer dans la précarité

Mathilde Goupil, France Télévisions :

Ils ne font pas l’objet du décompte quotidien du ministère de la Santé. Ils ne sont pas passés par les services de réanimation. Souvent, même, ils n’ont pas été malades. Pourtant, eux aussi sont victimes de l’épidémie de Covid-19. Eux ? Ces « nouveaux pauvres », que la crise a jetés dans la précarité.

Les inégalités de niveau de vie repartent à la hausse

Observatoire des Inégalités :

La tendance repart à la hausse avec les données 2018 (derniers chiffres disponibles de l’Insee) sous l’effet, d’une part de mesures fiscales qui ont favorisé les plus aisés et d’autre part, de mesures sociales qui ont appauvri les plus démunis. Ces chiffres sont d’autant plus inquiétants que la crise économique, liée à la crise sanitaire de 2020, risque de frapper durement les plus modestes.

One Year for One Million – New European Citizens’ Initiative for Basic Income

Jaanus Nurmoja, Universal Basic Income Europe :

With about 7% of the world population involved, this ECI is considered to be the largest UBI-campaign ever in the world. It will be held in 27 EU member states, with 24 different official languages (plus, with more than 60 indigenous languages), addressing a total population of around 450 million.

Graeber en plein vol

Ulysse Lojkine, Le Grand Continent :

Pour le dire d’un mot, il était un penseur baroque, depuis l’organisation de son œuvre à celle de chacun de ses textes, plein d’anecdotes et de digression, et celle de sa vie, sans doute. Pour reprendre un mot fameux, il était un agitateur anarchiste en anthropologie, et un agitateur anthropologue en politique. Il y a donc plusieurs Graeber, et plusieurs œuvres.

💰 Économie

« Une économie au service des 1% » : Oxfam pointe les profits inégaux des entreprises pendant la pandémie

Joséphine de Rubercy, France Inter :

L’ONG Oxfam publie un nouveau rapport sur les inégalités de la crise sanitaire. Elle dénonce « une économie au service des 1% » les plus riches et appelle les gouvernements à agir en taxant les grandes entreprises.

Combattre les inégalités des émissions de CO2, la justice climatique au cœur de la reprise post COVID-19

Oxfam :

Ce rapport révèle notamment qu’entre 1990 et 2015, les 10% les plus riches de la population mondiale ont été responsables de 52% des émissions de CO2 cumulées et que les 1% les plus riches sont responsables de deux fois plus d’émissions que la moitié la plus pauvre de l’humanité.

Permettre à chacun de manger à sa faim : l’idée d’une « Sécurité sociale de l’alimentation »

Sophie Chapelle, Basta! :

Garantir un droit à l’alimentation pour tous, financé par la solidarité nationale : c’est le projet d’un collectif qui imagine une « sécurité sociale de l’alimentation ». À l’image de la « sécu », qui garantit un accès aux soins pour tous, la « sécurité sociale de l’alimentation » serait éminemment solidaire : chacun cotiserait selon ses moyens pour permettre aux familles les plus pauvres de subvenir a minima à leurs besoins. La gestion serait démocratique, avec des caisses locales au sein desquelles se retrouveraient des consommateurs, des producteurs, des travailleurs ou des élus. Un budget mensuel dédié de 150 euros par mois et par personne – cette somme serait versée aux parents pour les mineur.es – serait sanctuarisé, et intégré dans le régime général de sécurité sociale.

Basic income could virtually eliminate poverty in the United Kingdom at a cost of £67 billion per year

Karl Widerquist, Open Democracy :

The cost of UBI is often exaggerated because many authors focus on its ‘gross cost’: the size of the UBI times the population. The gross cost of UBI is not a cost in any meaningful sense, because it ignores the great extent to which the new taxes people pay to support UBI are cancelled out by new money they receive in UBI. The real cost of UBI is the ‘net cost’ – the amount people receive or pay after subtracting the amount they pay themselves. The net cost of a full UBI for the UK is only about one-third its gross cost.

🤯 Idées

Débat. Le cercle vicieux de la Gig Economy. Est-ce possible de l’inverser ?

Ursula Huws :

Pour beaucoup, la croissance de l’économie de plateforme est préoccupante. Mais je pense que les principes de la technologie des plateformes pourraient être utilisés par les gouvernements pour transformer la manière dont les services publics sont fournis, en tirant parti de la façon dont ils mettent efficacement les utilisateurs en contact avec les services qu’ils souhaitent. Sous le contrôle des municipalités, ou même par le biais de partenariats public-privé, les plateformes pourraient transformer la prestation de services aux citoyens.

La Gauche doit abandonner le revenu universel pour juguler la pauvreté

Noam Leandri, Ouest-France :

Alors qu’un plan de relance de 100 milliards d’euros a été dévoilé, un dixième seulement de cette enveloppe pourrait augmenter les revenus des pauvres au niveau du seuil de pauvreté à 50 %, soit 900 euros par mois. Cela représente un complément de revenu de 150 euros par mois en moyenne. Cinq millions de personnes verraient leur niveau de vie augmenter et le taux de pauvreté serait ramené à zéro.

« La bourgeoisie est en train de perdre son hégémonie sur le travail » – entretien avec Bernard Friot

Léo Rosell & Simon Woillet, Le Vent Se Lève :

Sociologue du travail et économiste, professeur émérite à l’université Paris-Nanterre, Bernard Friot anime l’Institut européen du salariat. Il est aussi à l’origine de la création de Réseau salariat, une association d’éducation populaire qui promeut l’idée d’un « salaire à la qualification personnelle » pour toutes et tous. Nous lui avons posé des questions sur son analyse de la situation actuelle, marquée par la crise liée au Covid-19, sur sa vision du monde d’après et plus largement sur ses travaux, fondés sur une étude approfondie de la création du régime général de sécurité sociale, véritable « déjà-là communiste » selon lui.

Revenu minimum d’existence et revenu de base : rien à voir

Daniel Raventós, Pressenza :

La différence fondamentale entre la conception du RB et celle du RMV s’exprime en termes de liberté. La logique du RMV n’est autre que l’aide ex-post pour ceux qui ont échoué, pour ceux qui sont tombés, pour ceux qui sont extrêmement pauvres et répondent aussi à de nombreuses exigences. Il s’agit d’aider ceux qui ont échoué. En revanche, l’inconditionnalité du RB est le langage des droits humains et de la citoyenneté.

L’emploi garanti, solution au chômage de masse ?

William Bouchardon, Le Vent Se Lève :

A-t-on donc « tout essayé » contre le chômage, comme le déclarait François Mitterrand en 1993 ? Non, si l’on regarde du côté des mesures prises par d’autres États durant des crises économiques dévastatrices, tels les États-Unis dans les années 1930 ou l’Argentine dans les années 2000. Leur recette contre le chômage ? Respecter enfin le « droit au travail » qui garantit à chacun le droit d’avoir un emploi. Ce droit est d’ailleurs reconnu en France depuis la révolution de 1848, lors de laquelle s’affirme brièvement une conception sociale, voire socialiste, de la République française, incarnée notamment par la figure de Louis Blanc.

🎙 Émissions

“Prolétaires du web” une série de reportages radio pour la RTS

RTS :

Pendant une semaine, sur la Radio Télévision Suisse Gérald Wang consacre 5 reportages aux nouveaux métiers précaires du web : livreurs, chauffeurs, camgirls, travailleur•ses de la logistique et des services bancaires. Ensuite, l’émission Les échos de Vacarme invite Vania Alleva, présidente du syndicat Unia, et Antonio A. Casilli, sociologue et professeur à Télécom Paris, pour commenter les reportages.

Travail saisonnier et exploitation #1

Les paysans et paysannes dans la lutte des classes :

Entretien avec Ricardo, qui a enquêté sur les conditions des travailleurs et travailleuses saisonnier·es dans la canne à sucre au Sud du Mexique.

Première partie d’un entretien avec Hélène, qui participe avec d’autres à un travail d’enquête sur la réalité du travail saisonnier dans le Sud de la France (Bouches-du-Rhône/ Gard), en particulier les conditions des travailleurs et travailleuses détaché·es.

Travail saisonnier et exploitation #2

Les paysans et paysannes dans la lutte des classes :

Seconde et dernière partie d’un entretien avec Hélène, qui participe avec d’autres à un travail d’enquête sur la réalité du travail saisonnier dans le Sud de la France (Bouches-du-Rhône/ Gard), en particulier les conditions des travailleurs et travailleuses détaché·es, autour du procès en en cours, et du soutien qui s’organise avec ces travailleurs et travailleuses,

Quelques actualités, dont la prise de parole du MAPC à Genève lors d’une marche pour le Climat.

📚 Livres

Salariat et capitalisme : la nouvelle donne. Entretien avec Sophie Bernard

Juan Sebastian Carbonell & Daria Saburova, Contretemps :

Le débat public a été très marqué ces dernières années par la figure de l’auto-entrepreneur, devenu depuis micro-entrepreneur, et le thème de l’ « ubérisation » du marché du travail. Ces transformations seraient symptomatiques d’une disparition progressive mais inéluctable du salariat.

🎬 Vidéos

LES GENS : et le revenu universel – Le film

Isaline Moulin & Léna Le Guay :

Un road movie poétique à la rencontre de ces “autres”, dont l’anonymat intrigue autant qu’il fait peur, que l’on pointe aisément du doigt comme un danger lorsqu’apparait l’ombre d’un changement sur notre société. À travers quatre questions majeures, ce film se veut être un témoignage de l’altérité, un moyen de lui attribuer un visage et une parole, sur un sujet qui fait aujourd’hui parler de lui : le revenu universel, aussi appelé revenu de base. Un concept novateur et bouleversant, donc inquiétant, qui changerait pourtant nos manières de vivre individuellement et collectivement en faisant cohabiter les deux principes antinomiques que sont liberté et égalité.

Le webdocumentaire « Liberté, Inégalités ?, Fraternité »

Mathieu Eisinger, Thibaud Melin, Anouk Mathieu & Johan Sonnet :

Nous connaissons la devise française « Liberté, Égalité, Fraternité » depuis notre enfance puisque nous la voyons inscrite sur les édifices publics. Elle reste cependant davantage un idéal qu’une réalité. À travers le webdocumentaire « Liberté, Inégalités ?, Fraternité » destiné aux jeunes, nous souhaitons informer et donner à réfléchir sur les inégalités qui existent dans la société tout en ouvrant des perspectives d’avenir.

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