Le journal du revenu de base : avril 2022

Le journal du revenu de base : avril 2022

Le tour d’horizon de l’actualité du revenu de base et des sujets liés.

👩‍🔬 Expérimentations

Revenu de base pour jeunes : L’État retoque l’expérimentation, la Haute-Garonne “très déçue” (Olivier Schlama, Dis-leur)

Ce mois-ci devait débuter une première en France : l’expérimentation d’un revenu de base allant jusqu’à 500 € par mois pour les moins de 25 ans. Pour des raisons juridiques “mais aussi politiques”, argue Arnaud Simion, vice-président du département qui n’abandonne pas le projet, espérant le défendre à nouveau lors de la prochaine mandature au Parlement.


Haute-Garonne : L’expérimentation d’un Revenu de base pour les jeunes retoquée par l’Etat (Béatrice Colin, 20 Minutes)

Le conseil départemental de la Haute-Garonne vient de se voir opposer un refus de la préfecture pour mener à bien son expérimentation de revenu de base à destination des 18-24 ans

Revenu universel : une nouvelle étude américaine confirme de larges bienfaits en matière de santé mentale (Marc de Basquiat, Atlantico)

Une étude menée par l’Urban Institute, un groupe de réflexion américain qui effectue des recherches sur les politiques économiques et sociales, s’est intéressée à un projet pilote d’aides sociales et de revenu garanti auprès de 600 ménages à Washington pendant la crise sanitaire. Cette expérience a eu des résultats insoupçonnés.

Basic Income Takes a Hit in Korea (Truston Yu, Basic Income News)

On March 9, South Korea took to the polls for the 2022 Presidential Election. Former governor of Gyeonggi province, Lee Jae-myung of the ruling Democratic Party lost by a narrow margin of less than 0.7% to Yoon Suk-yeol from the People Power Party. This election outcome will likely stunt the development of basic income in the country.


UBI project in Democratic Republic of Congo expanded (Peter Knight, Basic Income News)

Eight, a NGO that provides Unconditional monthly cash transfers to people in extreme poverty for two years, in collaboration with IPIS, the Belgian Development Cooperation, Fairphone, Umicore and Proximus, announces the expansion of its basic income pilot project in the Democratic Republic of Congo (DRC).

👨‍👩‍👧‍👧 Société

RSA supprimé sur décision du département : « J’ignore absolument ce qu’on me reproche » (Rachel Knaebel, Basta!)

Macron veut imposer du travail obligatoire aux bénéficiaires du Revenu minimum de solidarité. Déjà, les allocataires font face à des contrôles provenant de tous côtés : Pôle emploi, CAF ou départements. Témoignage de Philippe, allocataire sanctionné.

Conditionner le RSA à une activité ? « Il faudrait que Macron vive la pauvreté pour savoir ce que c’est » (Faïza Zerouala, Mediapart)

Six bénéficiaires du RSA réagissent à la proposition avancée par le candidat Macron de lier le versement du revenu de solidarité à un minimum d’activité. « Il faudrait qu’il vive la pauvreté pour savoir ce que c’est », s’indigne une jeune coiffeuse de formation. « Ça va se faire au détriment des travailleurs », s’inquiète surtout Romain, ex-ingénieur.


PORTRAIT. « Invisible », Paul, 58 ans, n’a pas vu filer sa vie (Brigitte Saverat-Guillard, Ouest-France)

La Présidentielle et vous. À 58 ans, Paul, habitant de Saint-Malo, gagne 1 350 €. Pas assez pour « élaborer le moindre projet ». Une « injustice sociale » avec peut-être la solution au bout du bulletin de vote, « le revenu universel ».

👩‍🏭 Emploi

Chômage : le bilan d’Emmanuel Macron est-il aussi bon qu’il le prétend ? (William Audureau & Romain Imbach, Le Monde)

Le candidat à l’élection présidentielle se vante de chiffres historiquement bas. Si la tendance est en effet à la baisse, il enjolive parfois la situation et passe sous silence d’importantes disparités.


Comment l’attaque contre le RSA nous mettra tous à terre (Rob Grams, Frustration)

Dans cette campagne présidentielle lamentable, la compétition semble se faire sur qui fera la proposition la plus abjecte. C’est donc Valérie Pécresse qui, la première, avait lancé l’obscénité : conditionner l’allocation du RSA à du travail non salarié. 15 heures par semaine disait-elle. C’était sans compter Emmanuel Macron, notre thatchérien bas de gamme piqué au vif, qui a renchéri comme dans une scène de ventes aux enchères tirée d’un mauvais film : oui, les forcer à travailler, mais entre 15h et 20 heures par semaine. Que vous soyez ou non allocataire du RSA, cette mesure risque de vous faire sérieusement morfler, mais nous avons encore quelques semaines pour tenter d’empêcher ça…


Nouvelle étude : 1288 offres pôle-emploi analysées par la CGT ! (Comité National CGT des Travailleurs Privés d’Emploi et Précaires)

Le Comité National des Travailleurs Privés d’Emploi et Précaires s’est réuni du 14 au 16 Mars 2022 à Montreuil pour sa 14e étude sur des offres disponibles sur le site de Pôle Emploi de Paris, Limoges, Valenciennes et La Garde. L’enquête a porté sur les secteurs du commerce, BTP et les service à la personne.

Sur 1288 annonces relevées sur 1 jour, nous avons constaté une nette augmentation du pourcentage des offres non conformes et illégales éditées par le service public de l’emploi et les prestataires privés.

💰 Économie

Bruno Coquet, OFCE : « Il n’existe aucun cas où le travail paie plus après la réforme de l’assurance-chômage qu’avant elle » (Benjamin d’Alguerre, Info Social RH)

Pour Bruno Coquet, économiste à l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), la réforme de l’assurance-chômage mise en place durant le quinquennat d’Emmanuel Macron s’est traduite par une reprise en main du régime par l’État et une dégradation de l’indemnisation des demandeurs d’emploi.


Élection présidentielle : les mesures pour réduire les inégalités (Observatoire des inégalités)

Réduire les inégalités, c’est possible. Éducation, impôts, logement, santé, sécurité… L’Observatoire des inégalités a réuni les propositions concrètes de 30 experts. Aux électeurs et aux candidats aux prochaines élections de s’en saisir. Demandez le programme !

🤯 Idées

Salaire à vie ou revenu universel : du pareil au même ? (Nicole Teke, Droit au Revenu)

Le 27 janvier dernier, la Bibliothèque universitaire de Nanterre organisait un débat en présence de Bernard Friot, sociologue et économiste, professeur émérite à l’Université de Paris Nanterre, et Vincent Liegey, ingénieur, chercheur interdisciplinaire et spécialiste de la décroissance. Chacun y a présenté sa proposition, respectivement le Salaire à Vie et la Dotation Inconditionnelle d’Autonomie (ou une version décroissante du revenu universel). Deux mesures pensées comme des alternatives au système capitaliste actuel.


Élection présidentielle 2022, Il est où le revenu universel d’existence ? (Guy Valette)

Aucun des candidats ne porte l’idée d’un revenu universel inconditionnel et individuel même si le parti EELV a inscrit cette proposition dans son programme.

Dans ce diaporama : nous avons classé les candidats (10 sur 12), qui ont dans leur programme des propositions de protection sociale, suivant différents critères (publics concernés, conditionnalités, montants, modalités, modes de financement) en fonction de leur proximité de cette belle idée dont l’heure est venue. L’analyse ci-après des mesures d’assistanat proposées dans les divers programmes permet de mesurer la distance qui les sépare d’une vision émancipatrice du citoyen et de la citoyenne.


Réforme du RSA : tout travail mérite salaire (Timothée Duverger, Alternatives Économiques)

Emmanuel Macron est entré en campagne et a d’emblée posé le cadre : « Nous devons travailler plus. » Parmi ses annonces chocs du 17 mars, il est revenu sur son projet de réforme du revenu de solidarité active (RSA), avorté sous l’actuel quinquennat1.


Misery business : à qui profite l’économie sociale et solidaire ? (Jérémie Rochas, Ballast)

Coopératives, mutuelles, associations : depuis le XIXe siècle, travailleurs et travailleuses ont cherché à s’organiser collectivement pour répondre à leurs besoins quotidiens, contestant la précarité par la solidarité en œuvrant à l’élaboration d’une économie socialisée. Aujourd’hui, cette histoire semble bien étrangère aux entreprises qui se reconnaissent dans le domaine a priori attrayant de l’économie sociale et solidaire (ESS). Derrière ce sigle se cachent des organisations dont le fonctionnement et les objectifs n’ont plus grand-chose à voir avec le mouvement originel d’autonomie ouvrière. Plusieurs exemples récents en attestent, sur lesquels revient le présent article. D’un directeur d’association dont les pratiques illustrent les dérives gestionnaires au sein du secteur de l’action sociale et médico-sociale, jusqu’aux manifestations des employés dudit secteur pour dénoncer la marchandisation de leur travail, l’auteur propose une plongée dans une économie qui prospère sur le dos des plus précaires.


Basic Income and the Social Investment State: Towards Mutual Reinforcement? (Luke Martinelli & Yannick Vanderborght, European Journal of Social Security)

Is a social investment strategy compatible with the provision of an unconditional basic income? Prima facie, these two scenarios look like incongruent policy alternatives. While social investment – an influential policy paradigm at the level of the European Union – aims at promoting public services and maximum labour market participation, basic income is paid in cash and has sometimes been presented as the key component of a post-work future. In this article, we explore this apparent incongruence and show that these two visions for welfare reform are not necessarily incompatible.

Partager


Commentaires