Royaume-Uni : Un défenseur du revenu de base nommé « chancelier fantôme »

À la suite de l’élection de Jeremy Corbyn à la tête du Parti Travailliste de Grande-Bretagne, John Mcdonnell a été nommé Chancelier de l’Échiquier Fantôme. Ce titre informel désigne le porte-parole, sur les questions économiques, de l’opposition au Parlement britannique.

McDonnell est un partisan du revenu de base. Le 4 mars 2014, il avait animé un débat sur le revenu citoyen dans le cadre du « Parlement du Peuple », une série de conférences organisée par le député au sein de la Chambre des Communes à Londres. À cette occasion il a détaillé «  l’importance d’un revenu citoyen dans la situation actuelle, et comment son application peut devenir politiquement réaliste ». Il a également prononcé un discours le 6 juin de la même année lors de la conférence de Citizen’s Income Trust, l’organisation britannique de référence pour ce qui concerne le revenu de base.

John McDonnell, âgé de 64 ans, est député travailliste depuis 1997. Il a dirigé avec succès la campagne du socialiste radical Jeremy Corbyn, dernièrement élu leader du parti travailliste. Grâce à sa nomination, McDonnell sera désormais en première ligne pour affronter l’actuel ministre des Finances, le conservateur pro-austérité George Osborne.


Article initialement publié par Toru Yamamori sur BasicIncome.

Illustration : CC Transition Heathrow

Thomas Piketty détaille davantage « Le capital au XXIe siècle » et ses liens avec le Revenu de Base

Plusieurs articles d’une revue d’étude sur le revenu de base détaillent les liens entre le livre de Thomas Piketty et le revenu universel.

Plusieurs articles d’une revue d’étude sur le revenu de base détaillent les liens entre le livre de Thomas Piketty et le revenu universel.

Après le retentissant succès commercial et critique de son livre « Le capital au XXIe siècle », Thomas Piketty a répondu à la fois aux détracteurs et aux défenseurs du Revenu de Base sous la forme d’un article publié dans le dernier numéro de Basic Income Studies. Dans l’introduction de cette revue, Michael Howard décrit Piketty comme « réservé (…) sur l’idée de considérer un transfert monétaire comme solution miracle ». Toutefois, ce dernier est depuis 1997 un défenseur de l’impôt progressif et de certaines propositions de revenu de base, tout particulièrement sous la forme de l’impôt négatif. Bien qu’il tienne un discours conforme à ses déclaration précédentes sur le rôle de l’État-providence, il se déclare en faveur de «  transferts monétaires universels au profit des enfants dépendants ». Malgré ses désaccords avec le revenu de base, il le reconnaît toutefois comme un sujet méritant discussion.

Dans le même numéro de Basic Income Studies, plusieurs contributeurs discutent le livre de Piketty sous plusieurs angles. Ainsi George Grantham essaye-t-il de déterminer si la position de Piketty est soluble dans l’économie hétérodoxe, tout en reconnaissant que le capitalisme s’accommoderait probablement d’un revenu de base peu élevé. Plus loin, Louise Haagh avance dans son article, comme Piketty, que le revenu de base n’est pas une formule magique, mais plutôt un outil essentiel pour mener une politique progressiste, promouvant l’équité sociale et le développement. Dans sa contribution, Karl Widerquist insiste sur la tendance des entrepreneurs à devenir rentiers, mais aussi sur le fait que les inégalités en hausse dépendent à la fois de la différence entre le taux de retour sur investissement et la croissance de l’économie (le fameux « r > g »), mais aussi de la richesse que les capitalistes dépensent dans l’économie. Il avance qu’en plus de l’impôt progressif,  il faudrait imposer le patrimoine. Un dispositif à coupler pour lui avec une forme de redistribution des richesses ou de revenu de base.

BIS
La couverture du numéro de Basic Income Studies.

Ces auteurs, comme les autres qui ont aussi détaillé leur lecture du « Capital au XXIe siècle » dans le dernier numéro en date de Basic Income Studies (Ruben Lo Vuolo, Geoff Crocker et Harry Dahms), sont globalement unanimes pour dire que les problèmes sociaux sont issus des inégalités de revenus. Partant, de nouvelles formes de redistribution des richesses, ou le renforcement des dispositifs existants, sont pour eux essentiels pour retrouver un équilibre social, ou du moins réduire les inégalités dans un premier temps. À l’arrière-plan, pas encore abordée, demeure la question prégnante des instances politiques décisionnaires, qui penchent actuellement très fortement en faveur des membres les plus riches de nos sociétés.


Article initialement publié par Andre Coelho sur basicincome.org.

Crédit photo : CC BY-NC-ND Universitat Pompeu Fabra

Frédéric Lordon : pour une autre Europe, faut-il sortir de l’euro ?

Crise grecque, élections le 20 septembre à Athènes, en novembre en Espagne, le débat sur la sortie de l’euro, sa possibilité, ses conditions, l’élaboration d’un « Plan B », la démocratisation des instances européennes : c’est l’ordre du jour principal de cette rentrée.

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