Pendant son tour des États‐Unis, Mark Zuckerberg évoque le revenu de base

Le fon­da­teur et PDG de Facebook est en plein « 50 states tour », un périple où il ambi­tionne de décou­vrir chaque état qu’il ne connait pas. Son but décla­ré : recueillir ain­si l’opinion et les attentes de la popu­la­tion.

Alors qu’il était en Alaska, Zuckerberg a évo­qué sur Facebook le Permanent Fund Dividend (divi­dende du fonds per­ma­nent, PFD), qu’il consi­dère comme « une forme de reve­nu de base » et un dis­po­si­tif à repro­duire :

L’Alaska a une forme de reve­nu de base, appe­lé le divi­dende du fonds per­ma­nent. Chaque année, une par­tie des reve­nus pétro­liers de l’état est affec­tée à un fonds. Plutôt que de ser­vir aux dépenses publiques, cet argent est ver­sé à la popu­la­tion sous forme d’un divi­dende annuel, qui repré­sente habi­tuel­le­ment envi­ron 1 000 dol­lars par per­sonne. Ça peut faire une dif­fé­rence non négli­geable, sur­tout si votre famille compte cinq ou six membres.

C’est une façon nova­trice de voir le reve­nu de base pour plu­sieurs rai­sons. D’abord, le finan­ce­ment est issu des res­sources natu­relles plu­tôt que de l’impôt. Ensuite, c’est une concré­ti­sa­tion de l’idée conser­va­trice d’intervention mini­male de l’État, plu­tôt que de celle d’un filet de sécu­ri­té défen­due par les pro­gres­sistes. Ça montre que le reve­nu de base est une idée trans­par­ti­sane. — Mark Zuckerberg

Avec cette publi­ca­tion sur sa page Facebook, c’est la seconde fois que Mark Zuckerberg affiche publi­que­ment son sou­tien à l’idée du reve­nu de base. Lors de son dis­cours à Harvard au prin­temps der­nier, il a recom­man­dé d’expérimenter le dis­po­si­tif, décla­rant que « nous devrions étu­dier des idées comme le reve­nu de base uni­ver­sel afin de s’assurer que chacun·e dis­pose d’un filet de sécu­ri­té pour ten­ter de nou­velles choses ».

Les remarques du fon­da­teur de Facebook ont été glo­ba­le­ment bien accueillies par les militant·e·s du reve­nu de base, qui se féli­citent de l’intérêt d’une telle per­son­na­li­té et voient là l’occasion de com­mu­ni­quer autour du PFD en tant qu’exemple concret d’instauration d’un reve­nu de base. (Pour plus de détails sur le PFD et son actua­li­té, voir « Le fonds per­ma­nent en Alaska : entre adhé­sion popu­laire et pro­cé­dures de jus­tice » sur ce site).

Néanmoins, cer­taines réac­tions sont moins enjouées. Comme celles de Clio Chang (dans New Republic) ou de Sonia Sodha (dans The Guardian) qui s’inquiètent que Zuckerberg, comme beau­coup d’ultralibéraux et de conser­va­teurs, ne consi­dère la mesure comme un moyen de déman­te­ler les dis­po­si­tifs d’aide sociale. Pour preuve, son amour décla­ré pour « l’intervention mini­male de l’État » et son appa­rente oppo­si­tion à une hausse d’impôt. Ce qui risque bien de nuire à beau­coup d’étasunien·ne·s, sur­tout les plus fra­giles.

À l’inverse des rumeurs qui prêtent au mil­liar­daire des vues sur la Maison‐Blanche pour 2020, Zuckerberg nie vou­loir se pré­sen­ter à une quel­conque élec­tion, arguant plu­tôt que son « odys­sée » à tra­vers les États‐Unis est l’occasion de voir du pays et de confron­ter ses idées à celles des usager·e·s de Facebook.


Traduction d’un article de Kate McFarland ini­tia­le­ment publié sur Basic Income News.

Illustration : CC BYNC 2.0 JD Lasica.