Le congrès 2016 du réseau mondial du revenu de base aura lieu en Corée du Sud

Le sei­zième congrès du réseau mon­dial du reve­nu de base (Basic Income Earth Network, BIEN) se dérou­le­ra à Séoul du 7 au 9 juillet 2016. Le thème rete­nu est : « Revenu de base et trans­for­ma­tions sociale et éco­lo­gique ». Militants, per­son­na­li­tés poli­tiques et aca­dé­miques de toute la pla­nète débat­tront de l’actualité du reve­nu de base et de ses futurs pos­sibles dans le contexte des crises éco­no­mique et éco­lo­gique mon­diales.

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Royaume‐Uni : Un défenseur du revenu de base nommé « chancelier fantôme »

À la suite de l’élection de Jeremy Corbyn à la tête du Parti Travailliste de Grande‐Bretagne, John Mcdonnell a été nom­mé Chancelier de l’Échiquier Fantôme. Ce titre infor­mel désigne le porte‐parole, sur les ques­tions éco­no­miques, de l’opposition au Parlement bri­tan­nique.

McDonnell est un par­ti­san du reve­nu de base. Le 4 mars 2014, il avait ani­mé un débat sur le reve­nu citoyen dans le cadre du « Parlement du Peuple », une série de confé­rences orga­ni­sée par le dépu­té au sein de la Chambre des Communes à Londres. À cette occa­sion il a détaillé « l’importance d’un reve­nu citoyen dans la situa­tion actuelle, et com­ment son appli­ca­tion peut deve­nir poli­ti­que­ment réa­liste ». Il a éga­le­ment pro­non­cé un dis­cours le 6 juin de la même année lors de la confé­rence de Citizen’s Income Trust, l’organisation bri­tan­nique de réfé­rence pour ce qui concerne le reve­nu de base.

John McDonnell, âgé de 64 ans, est dépu­té tra­vailliste depuis 1997. Il a diri­gé avec suc­cès la cam­pagne du socia­liste radi­cal Jeremy Corbyn, der­niè­re­ment élu lea­der du par­ti tra­vailliste. Grâce à sa nomi­na­tion, McDonnell sera désor­mais en pre­mière ligne pour affron­ter l’actuel ministre des Finances, le conser­va­teur pro‐austérité George Osborne.


Article ini­tia­le­ment publié par Toru Yamamori sur BasicIncome.

Illustration : CC Transition Heathrow

Thomas Piketty détaille davantage « Le capital au XXIe siècle » et ses liens avec le Revenu de Base

Plusieurs articles d’une revue d’étude sur le reve­nu de base détaillent les liens entre le livre de Thomas Piketty et le reve­nu uni­ver­sel.

Après le reten­tis­sant suc­cès com­mer­cial et cri­tique de son livre « Le capi­tal au XXIe siècle », Thomas Piketty a répon­du à la fois aux détrac­teurs et aux défen­seurs du Revenu de Base sous la forme d’un article publié dans le der­nier numé­ro de Basic Income Studies. Dans l’intro­duc­tion de cette revue, Michael Howard décrit Piketty comme « réser­vé (…) sur l’idée de consi­dé­rer un trans­fert moné­taire comme solu­tion miracle ». Toutefois, ce der­nier est depuis 1997 un défen­seur de l’impôt pro­gres­sif et de cer­taines pro­po­si­tions de reve­nu de base, tout par­ti­cu­liè­re­ment sous la forme de l’impôt néga­tif. Bien qu’il tienne un dis­cours conforme à ses décla­ra­tion pré­cé­dentes sur le rôle de l’État-providence, il se déclare en faveur de « trans­ferts moné­taires uni­ver­sels au pro­fit des enfants dépen­dants ». Malgré ses désac­cords avec le reve­nu de base, il le recon­naît tou­te­fois comme un sujet méri­tant dis­cus­sion.

Dans le même numé­ro de Basic Income Studies, plu­sieurs contri­bu­teurs dis­cutent le livre de Piketty sous plu­sieurs angles. Ainsi George Grantham essaye‐t‐il de déter­mi­ner si la posi­tion de Piketty est soluble dans l’économie hété­ro­doxe, tout en recon­nais­sant que le capi­ta­lisme s’accommoderait pro­ba­ble­ment d’un reve­nu de base peu éle­vé. Plus loin, Louise Haagh avance dans son article, comme Piketty, que le reve­nu de base n’est pas une for­mule magique, mais plu­tôt un outil essen­tiel pour mener une poli­tique pro­gres­siste, pro­mou­vant l’équité sociale et le déve­lop­pe­ment. Dans sa contri­bu­tion, Karl Widerquist insiste sur la ten­dance des entre­pre­neurs à deve­nir ren­tiers, mais aus­si sur le fait que les inéga­li­tés en hausse dépendent à la fois de la dif­fé­rence entre le taux de retour sur inves­tis­se­ment et la crois­sance de l’économie (le fameux « r > g »), mais aus­si de la richesse que les capi­ta­listes dépensent dans l’économie. Il avance qu’en plus de l’impôt pro­gres­sif, il fau­drait impo­ser le patri­moine. Un dis­po­si­tif à cou­pler pour lui avec une forme de redis­tri­bu­tion des richesses ou de reve­nu de base.

BIS

La cou­ver­ture du numé­ro de Basic Income Studies.

Ces auteurs, comme les autres qui ont aus­si détaillé leur lec­ture du « Capital au XXIe siècle » dans le der­nier numé­ro en date de Basic Income Studies (Ruben Lo Vuolo, Geoff Crocker et Harry Dahms), sont glo­ba­le­ment una­nimes pour dire que les pro­blèmes sociaux sont issus des inéga­li­tés de reve­nus. Partant, de nou­velles formes de redis­tri­bu­tion des richesses, ou le ren­for­ce­ment des dis­po­si­tifs exis­tants, sont pour eux essen­tiels pour retrou­ver un équi­libre social, ou du moins réduire les inéga­li­tés dans un pre­mier temps. À l’arrière-plan, pas encore abor­dée, demeure la ques­tion pré­gnante des ins­tances poli­tiques déci­sion­naires, qui penchent actuel­le­ment très for­te­ment en faveur des membres les plus riches de nos socié­tés.


Article ini­tia­le­ment publié par Andre Coelho sur basi​cin​come​.org.

Crédit pho­to : CC BYNCND Universitat Pompeu Fabra