Les dangereuses mutations du travail et de l’emploi

Un article de Gregory Verdugo pour Alternatives Économiques s’intéresse aux consé­quences sur l’emploi de l’arrivée mas­sive des robots intel­li­gents.

Le pro­grès tech­no­lo­gique n’a pas fait dis­pa­raître le tra­vail. Mais la pro­chaine vague de machines pour­rait être, cette fois, vrai­ment dif­fé­rente. Jusqu’ici, les machines n’étaient pas douées pour les tâches abs­traites et manuelles non rou­ti­nières, mais les avan­cées de la robo­tique et l’informatique pour­raient chan­ger la donne. Chaque année, les capa­ci­tés des ordi­na­teurs et des robots à simu­ler le rai­son­ne­ment humain et deve­nir « intel­li­gents » sont décu­plées. L’augmentation de la puis­sance de cal­cul per­met d’analyser et de répondre plus adroi­te­ment aux sti­mu­la­tions externes. La « com­mu­ni­ca­tion » avec l’environnement, de plus en plus fine, se fait au tra­vers de puis­sants cap­teurs capables de déco­der les plus sub­tiles nuances du lan­gage humain et de recon­naître visages et objets. Les pos­si­bi­li­tés de sto­ckage des don­nées sont mul­ti­pliées avec le déve­lop­pe­ment du « cloud robo­tics », où chaque robot accu­mule et par­tage en réseau expé­rience et infor­ma­tion avec ses confrères robots.

Certains cher­cheurs pensent que les déve­lop­pe­ments des machines intel­li­gentes et de la robo­tique devraient per­mettre de rem­pla­cer le tra­vail dans un grand nombre d’emplois dans les années à venir. Les bou­le­ver­se­ments devraient être impor­tants dans les trans­ports et la logis­tique, où les pro­grès des cap­teurs intel­li­gents ren­dront les véhi­cules sans conduc­teurs sûrs et com­pé­ti­tifs.

Les emplois des moins qua­li­fiés ne sont pas les seuls à être mena­cés. Les capa­ci­tés d’analyse gran­dis­santes des ordi­na­teurs leur per­mettent main­te­nant d’aider à la déci­sion dans des tâches com­plexes, notam­ment dans le domaine médi­cal ou juri­dique, où elles rem­placent ain­si du tra­vail qua­li­fié.


Illustration : © Stephane AUDRAS/REA.

« On veut lire, pas travailler » : quand Frédéric Lordon, Alain Damasio et des syndicalistes déconstruisent le travail

Un article d’Amélie Quentel pour Les Inrockuptibles revient sur la jour­née du 27 jan­vier orga­ni­sée autour du thème « Tout le monde déteste le tra­vail » à Paris.

Il est clair que, durant cette jour­née, un dis­tin­guo fort est en tout cas fait entre “tra­vail” et “emploi”, avec, comme l’assure Damasio, la néces­si­té de réflé­chir à “com­ment sor­tir de cette fabrique du tra­vailleur comme figure essen­tielle” et de “repen­ser tout le rap­port de l’Occident à l’activité”. En somme, d’opérer un dépla­ce­ment dans la concep­tion com­mu­né­ment admise de ce que serait le tra­vail, alors même que des acti­vi­tés por­teuses de sens, non‐reconnues – car non créa­trices de valeur éco­no­mique – pour­raient jus­te­ment l’être si adve­nait un chan­ge­ment de para­digme. Deux heures d’échanges sur le thème “s’organiser au‐delà du sala­riat” ont ain­si lieu dans l’auditorium de la Bourse du tra­vail, avec notam­ment des zadistes de Notre‐Dame‐des‐Landes et des syn­di­ca­listes de Nantes s’exprimant sur leur désir de “tenir l’économie en dehors des rap­ports de soli­da­ri­té” et de “trans­mettre des savoirs en dehors du cadre d’habitude impo­sé par le tra­vail”.


Illustration : © AQ.

Faut‐il durcir le contrôle des chômeurs ?

Un article de Sandrine Foulon pour Alternatives Économiques fait le tour de la ques­tion, alors qu’Emmanuel Macron a annon­cé vou­loir contrô­ler davan­tage les per­sonnes sans emploi.

Un dur­cis­se­ment du sui­vi se ­justifie‐t‐il alors que Pôle emploi a déjà étof­fé cette mis­sion en 2015 ? 12 000 contrôles sont effec­tués tous les mois par 215 agents dédiés à cette acti­vi­té. Le gou­ver­ne­ment veut mul­ti­plier par cinq les effec­tifs de ces contrô­leurs. Il sou­hai­te­rait en outre qu’une autre gra­dua­tion des sanc­tions soit mise sur la table.


Illustration : © Alternatives Économiques.

Ô Boulot : l’expo qui repense le travail

Un article de Rémi Lévêque pour Usbek & Rica pré­sente l’exposition « Ô Boulot », à décou­vrir au MAIF Social Club à Paris jusqu’en avril.

Bientôt, la robo­ti­sa­tion et le numé­rique, cou­plés au dés­in­té­res­se­ment crois­sant pour cer­taines caté­go­ries pro­fes­sio­nelles modi­fie­ront consi­dé­ra­ble­ment le monde du tra­vail tel que nous le connais­sons. Pour ne rien arran­ger, selon une autre étude relayée par The Guardian, la robo­ti­sa­tion per­met­trait de réduire de 90 % le coût du tra­vail d’un sala­rié, quand la délo­ca­li­sa­tion dimi­nue ce coup de « seule­ment » 65 %.

En s’appuyant sur ce constat, le Maif Social Club, espace pari­sien de « ren­contre artis­tique et socié­tale », pro­pose de décou­vrir jusqu’au 28 avril 2018 une réflexion artis­tique sur la façon dont nous tra­vaille­rons demain.


Illustration : © MAIF.

En Lorraine, une entreprise a été créée pour embaucher tous les chômeurs du coin

Un article de Laura Wojcik pour Partage Social Club revient sur l’initiative « ter­ri­toire zéro chô­meur » à Colombey‐les‐Belles, avec le témoi­gnage de quelques béné­fi­ciaires, un an après le coup d’envoi du dis­po­si­tif.

« Si vous avez un enfant qui doit aller à l’école, vous ne vous deman­dez pas s’il y a de la place à l’école, sim­pli­fie Bertrand Deligny, pré­sident de La Fabrique. Et ben nous on fait exac­te­ment la même chose pour les chô­meurs de longue durée. Ils ne doivent pas se poser la ques­tion de savoir s’il y a du tra­vail. Il y en a. »

Cette machine à four­nir des emplois a été créée dans le cadre de l’expérimentation natio­nale « zéro chô­meur de longue durée » qui concerne 10 zones tests en France. Le finan­ce­ment public du pro­jet est garan­ti depuis février 2016 grâce à une loi votée à l’unanimité à l’Assemblée natio­nale et au Sénat.

L’idée est née au sein de l’association ATD Quart Monde au milieu des années 90. À par­tir de trois constats :

  • Le tra­vail existe puisque chaque ter­ri­toire pré­sente une liste de besoins non satis­faits. Exemple : le net­toyage des cime­tières muni­ci­paux, l’entretien des forêts locales ou des mis­sions d’aide à la per­sonne.
  • Chaque chô­meur de longue durée pos­sède des com­pé­tences pour assu­rer ces tâches.
  • L’argent ne manque pas non plus. Les nou­veaux emplois sont finan­cés en pio­chant dans les dépenses publiques autre­fois vouées à com­pen­ser l’inactivité pro­fes­sion­nelle. Une enve­loppe qu’ATD Quart Monde estime à 18 000 € par an et par chô­meur de longue durée.

Illustration : © Partage Social Club.

L’avenir du travail

Une vidéo de Docwerkers pré­sente en cinq minutes les vues de Paul Jorion et de Jaak Brepoels sur la raré­fac­tion de l’emploi liée à la numé­ri­sa­tion.


Illustration : © Docwerkers.

Le travail disparaît, prenons‐en la mesure

Une tri­bune de Paul Jorion pour Trends‐Tendances s’appuie sur le livre No More Work de James Livingston pour nous inci­ter à prendre acte de la dis­pa­ri­tion mas­sive de l’emploi sala­rié et des consé­quences éco­no­miques asso­ciées.

Et ces pro­blèmes sont déjà bien pré­sents : Livingston signale qu’aux États‐Unis, un quart des adultes « réel­le­ment actifs » selon ses termes, se trouvent sous le seuil de pau­vre­té. S’ils sont payés au taux horaire mini­mum fédé­ral de 7,25 $, ils demeurent sous ce seuil même s’ils tra­vaillent 40 heures par semaine : il fau­drait que ce taux horaire atteigne 10 $ pour que ce seuil soit dépas­sé. Et s’il était dou­blé pour atteindre le mon­tant irréa­liste de 15 $, il fau­drait encore que les Américains tra­vaillent 29 heures par semaine pour dépas­ser le seuil de pau­vre­té. À l’heure actuelle, 20% du reve­nu des ménages amé­ri­cains, dit‐il encore, leur vient d’allocations ver­sées par le sys­tème de sécu­ri­té sociale. Sans ce com­plé­ment, c’est la moi­tié de la popu­la­tion qui se situe­rait en‐dessous du seuil de pau­vre­té. Son ver­dict est alors que le sala­rié actuel (il n’est pas même ques­tion du chô­meur) est d’ores et déjà un assis­té, et la ten­dance obser­vée aujourd’hui signale que les choses ne feront qu’empirer.


Illustration : © Kurzgesagt.

4 problèmes que pose le contrôle des chômeurs

Une tri­bune d’Hadrien Clouet pour Le HuffPost montre la gros­siè­re­té de cer­tains argu­ments avan­cés pour jus­ti­fier la répres­sion des sans emploi.

En 2015, d’après les don­nées de Pôle emploi, envi­ron 150.000 offres étaient ouvertes en France. C’est une esti­ma­tion large, car le péri­mètre des « emplois non‐pourvus » demeure très flou. Gardons à l’esprit que de nom­breuses offres sont non‐pourvues car elles semblent inac­cep­tables aux chô­meurs et à leurs conseillers : des postes très dégra­dés, voire même qui violent le droit du tra­vail.

Sur la même période, 24 mil­lions de contrats de tra­vail ont été signés (en majo­ri­té des CDD de moins d’un mois). Les offres ouvertes repré­sentent 0,6% des offres qui ont été pour­vues. Dit autre­ment, 99,4% des offres ont trou­vé pre­neur sur le mar­ché. Plutôt que de s’étonner que quelques offres res­tent non‐pourvues, on pour­rait au contraire s’étonner qu’autant de sala­riés acceptent de tra­vailler dans des emplois sou­vent aty­piques.

Même en obli­geant les chô­meurs à accep­ter toutes les offres dis­po­nibles, seul 1 sur 44 retour­ne­rait en emploi. Aucune marge n’est dis­po­nible de ce côté‐là pour lut­ter contre le chô­mage. Le chô­mage de masse dépend donc du nombre d’emplois et des épreuves de recru­te­ment, pas des chô­meurs.


Illustration : © Stéphane Mahe / Reuters.

Allemagne. Grèves en série pour réclamer la semaine de 28 heures

Un article dans Ouest‐France explique le contexte de la mobi­li­sa­tion qui démarre dans le pays, menée par le syn­di­cat IG Metall.

Depuis octobre, le syn­di­cat exige pour les 3,9 mil­lions d’employés du sec­teur une aug­men­ta­tion sala­riale de 6 %. La fédé­ra­tion patro­nale Gesamtmetall pro­pose 2 %. Rien d’inhabituel. En géné­ral, les par­ties se retrouvent à mi‐chemin.

Mais le conflit porte sur­tout cette fois sur un amé­na­ge­ment inédit du temps de tra­vail deman­dé par IG Metall : le pas­sage de la semaine de tra­vail de 35 à 28 heures pour ceux qui le sou­haitent, avec com­pen­sa­tion par­tielle du manque à gagner sala­rial par l’employeur.

La for­mule serait valable deux ans au maxi­mum et l’employeur devrait garan­tir un retour à un poste à plein temps.

Source : Allemagne. Grèves en série pour récla­mer la semaine de 28 heures, Ouest‐France.


Illustration : © AFP.

Pourquoi le chômage est au plus bas en Allemagne

Un article de Romaric Godin pour Mediapart détaille les chiffres du chô­mage en Allemagne et la réa­li­té sala­riale der­rière ce chiffre « miracle » de 5,5 %.

À ce déve­lop­pe­ment du temps par­tiel s’est ajou­tée la modé­ra­tion sala­riale pour les par­ties les plus faibles de la courbe sala­riale. Les deux phé­no­mènes sont, d’ailleurs, en par­tie liés, car les sala­riés à temps par­tiel ont moins de poids dans la déter­mi­na­tion de leur rému­né­ra­tion. Selon Burda et Seele, le quart le moins éle­vé des salaires a vu son niveau recu­ler de 15 % entre 2002 et 2015. Il a légè­re­ment remon­té ensuite avec l’introduction du salaire mini­mum, mais glo­ba­le­ment cela per­met d’avoir des coûts sala­riaux évo­luant moins vite que la pro­duc­ti­vi­té, ce qui a don­né un avan­tage com­pé­ti­tif consi­dé­rable à l’Allemagne. Mais a clai­re­ment creu­sé les inéga­li­tés. .Romaric Godin

Source : Pourquoi le chô­mage est au plus bas en Allemagne, Romaric Godin pour Mediapart.


Illustration : © Kurzgesagt.

Notre protection sociale est désormais un système d’extorsion des populations pauvres

Une tri­bune (en anglais) d’Aditya Chakrabortty dans le Guardian dresse un por­trait gla­çant de l’état de déli­ques­cence de la pro­tec­tion sociale au Royaume‐Uni.

Il est désor­mais éta­bli que notre sys­tème de pro­tec­tion sociale est défaillant. Les direc­tions admi­nis­tra­tives savent que le cré­dit géné­ra­li­sé est un fias­co et les par­le­men­taires se lamentent que des familles souffrent de la faim dans une socié­té par­mi les plus riches que l’humanité ait jamais connues.Aditya Chakrabortty

Source : Our bene­fits sys­tem has become a racket for chea­ting poor people, Aditya Chakrabortty pour The Guardian.


Illustration : © Leon Neal/Getty Images.

Chômage, le mythe des emplois vacants

Un article d’Hadrien Clouet dans Le Monde Diplomatique de février 2015 revient sur le fan­tasme des emplois non pour­vus, alors que le gou­ver­ne­ment veut dur­cir le contrôle des per­sonnes pri­vées d’emploi.

L’existence d’offres non pour­vues indique que les deman­deurs d’emploi ne sont pas tous réduits à tra­vailler dans n’importe quelles condi­tions. Or, lorsqu’ils recherchent vrai­ment des sala­riés, les employeurs dis­posent tou­jours de leviers, ceux qu’ils mettent en œuvre en cas de crise d’embauche : hausse du salaire, meilleurs horaires ou meilleures condi­tions de tra­vail…Hadrien Clouet

Source : Chômage, le mythe des emplois vacants, Hadrien Clouet pour Le Monde Diplomatique.


Illustration : © Kurzgesagt.

Plan 500.000 formations supplémentaires : le taux d’accès à l’emploi n’a pas augmenté

Une dépêche de l’AFP pré­sente le rap­port concer­nant le plan de for­ma­tion lan­cé l’an der­nier sous François Hollande.

Selon le rap­port d’évaluation tech­nique, pilo­té par le ser­vice études et sta­tis­tiques du minis­tère du Travail, « le taux d’accès à l’emploi à l’issue d’une for­ma­tion n’a pas aug­men­té » en 2016 et est res­té stable.
En ce qui concerne l’accès à l’emploi durable, il a dimi­nué : 27,6 % des deman­deurs d’emploi ayant sui­vi une for­ma­tion en 2016 ont eu accès dans les six mois à un emploi de plus de 6 mois, soit une baisse de 0,8 point par rap­port à 2015.

Source : Plan 500.000 for­ma­tions sup­plé­men­taires : le taux d’accès à l’emploi n’a pas aug­men­té, AFP.


Illustration : © Kurzgesagt.

Contrôle des chômeurs : la face cachée du modèle danois

Un repor­tage de Célia Quilleret pour France Info s’intéresse aux consé­quences du sys­tème de « flexi­sé­cu­ri­té » danois.

Car être chô­meur au Danemark est un par­cours du com­bat­tant. Il faut envoyer deux lettres de can­di­da­ture par semaine, se rendre chaque mois à son agence pour l’emploi, être tou­jours dis­po­nible et évi­ter de par­tir en vacances. Il est en effet inter­dit de s’absenter sans auto­ri­sa­tion préa­lable de son agence pour l’emploi.Célia Quilleret

Source : Contrôle des chô­meurs : la face cachée du modèle danois, Célia Quilleret pour France Info.


Illustration : © Radio France.

Microentreprise, une machine à fabriquer des pauvres

Un article de Jean‐Philippe Martin pour le Monde Diplomatique s’intéresse aux dis­po­si­tifs d’auto-entreprise et leurs effets sur les per­sonnes sou­mises à ces sta­tuts.

Derrière la pro­pa­gande gou­ver­ne­men­tale appa­raît vite un gros­sier mirage éco­no­mique. D’après l’Agence cen­trale des orga­nismes de sécu­ri­té sociale (Acoss), le mil­lion d’inscrits au régime de la microen­tre­prise réa­lise un chiffre d’affaires glo­bal de 8,75 mil­liards d’euros. Une somme non négli­geable, peut‐être, mais à rap­pro­cher du résul­tat des 2,2 mil­lions d’entreprises de moins de dix sala­riés qui, elles, cumulent 760 mil­liards d’euros de chiffre d’affaires. Au‐delà de ce poids déri­soire dans la créa­tion de richesses, l’Institut natio­nal de la sta­tis­tique et des études éco­no­miques (Insee) pré­cise que les autoen­tre­pre­neurs éco­no­mi­que­ment actifs ont reti­ré en moyenne 410 euros men­suels de leur acti­vi­té en 2013, soit près d’une cen­taine d’euros de moins que le reve­nu de soli­da­ri­té active (RSA). Et encore ce chiffre est‐il gon­flé par la poi­gnée (10%) qui est gra­ti­fiée de plus de 1 100 euros par mois, l’équivalent du smic net. En véri­té, plus d’un sur quatre touche moins de 70 euros par mois et la moi­tié, moins de 240 euros.Jean‐Philippe Martin

En com­plé­ment, la pre­mière par­tie de l’émission Polémix et la voix off consa­crée au numé­ro men­suel du Monde Diplomatique s’attarde sur cet article :

Ubérisation : Tous patrons : Exploitons‐nous… nous mêmes !

Source : Microentreprise, une machine à fabri­quer des pauvres, Jean‐Philippe Martin pour le Monde Diplomatique.


Illustration : Sumedh Rajendran.

Et voilà le travail !

Un dos­sier réa­li­sé par la Coordination des médias libres ana­lyse le tra­vail aujourd’hui.

Édito :

Il y a eu la loi Travail, avec ses nuits debout et ses cor­tèges de tête, impo­sants, mena­çants, la contre‐attaque poin­tait le bout de son nez.

Et puis, nous voi­là un an après, Emmanuel Macron élu, les ordon­nances sur le tra­vail sont signées, dif­fi­cile de voir ce qui pour­rait empê­cher leur rati­fi­ca­tion cette semaine dans une Assemblée natio­nale au garde‐à‐vous.

Pourquoi aus­si peu de réac­tions ? Pourquoi le grand mou­ve­ment social ne s’est-il pas levé contre ce nou­veau pro­jet de socié­té ?

Au‐delà des cir­cons­tances post‐électorales, c’est sur­tout que des muta­tions pro­fondes du tra­vail sont déjà à l’œuvre, et depuis long­temps. Attentifs aux mou­ve­ments de la socié­té, à ce qui se passe en arrière‐plan dans ce monde qui bouge sou­vent trop vite, nos médias libres observent depuis long­temps ce qu’on appelle aujourd’hui l’uberisation de la socié­té : une concur­rence de plus en plus géné­ra­li­sée, un tra­vail décou­pé en micro‐tâches, le plus sou­vent mal rému­né­rées, et avec la dis­pa­ri­tion pro­gres­sive des droits sociaux. Et pour cause, nous‐mêmes comme les autres entre­prises du sec­teur de l’économie sociale et soli­daire, nous y sommes direc­te­ment confron­tés.

La plu­part de nos médias libres sont déjà dans cette pré­ca­ri­té : temps par­tiels com­plé­tés par un bou­lot ali­men­taire, contrats (de moins en moins) aidés, pigistes payés lar­ge­ment en des­sous, voire béné­vo­lat à outrance. Bref, comme le sec­teur public, comme le social et l’associatif, nous n’échappons pas à cette vague.

Qu’en conclure ? Que mal­gré tout, loin des radars des médias domi­nants, nous repé­rons et expé­ri­men­tons ce qui germe, des idées neuves ou anciennes. Nous racon­tons les alter­na­tives concrètes. Nous don­nons la parole à et celles et ceux qui refusent de se sou­mettre à cette marche for­cée ou choi­sissent d’arrêter de tra­vailler.

C’est à ce grand voyage dans les mondes du tra­vail que la Coordination per­ma­nente des médias libres vous invite pour son troi­sième grand dos­sier, avec la contri­bu­tion d’une ving­taine de médias libres, joyeux et indé­pen­dants.

Source : Et voi­là le tra­vail !, un dos­sier réa­li­sé par la Coordination natio­nale des médias libres.


Illustration : © Coordination des médias libres.

Automatisation : 375 millions de personnes forcées de changer d’emploi d’ici 2030 ?

Un article de Grégoire Normand pour La Tribune s’intéresse à l’étude du cabi­net McKinsey concer­nant l’effet de l’automatisation sur l’emploi d’ici 2030.

Compte tenu de l’ensemble de ces fac­teurs, les experts arrivent à la conclu­sion sui­vante : « entre 0 et 30 % des heures tra­vaillées glo­ba­le­ment pour­raient être auto­ma­ti­sées d’ici 2030, cela dépen­dra de la vitesse de mise en place de ces pro­cé­dés ».

L’impact poten­tiel de l’automatisation sur l’emploi varie beau­coup en fonc­tion de l’emploi et du sec­teur étu­dié. Les métiers rela­tifs à l’utilisation de machine ou la pré­pa­ra­tion de repas dans les chaînes de res­tau­ra­tion rapide par exemple pour­raient être rapi­de­ment mena­cés.Grégoire Normand

Source : Automatisation : 375 mil­lions de per­sonnes for­cées de chan­ger d’emploi d’ici 2030 ?, Grégoire Normand pour La Tribune.


Illustration : © Reuters.

Une plateforme pour la semaine de quatre jours au Royaume‐Uni

Un site en faveur de la réduc­tion du temps de tra­vail outre‐Manche.

Les reven­di­ca­tions du mani­feste sont lim­pides : 

We demand a 4 Day Week.

We demand an increase in hour­ly pay.

We demand a stron­ger wel­fare state.

Les jus­ti­fi­ca­tions invo­quées ? Les béné­fices atten­dus en termes sociaux, démo­cra­tiques, éco­no­miques et envi­ron­ne­men­taux.

Le site com­porte éga­le­ment une biblio­thèque recen­sant plu­sieurs ouvrages et vidéos sur le sujet.

Source : Our mani­fes­to, 4 Day Week.


Illustration : 4 Day Week.