Le travail disparaît, prenons-en la mesure

Une tri­bune de Paul Jorion pour Trends-Tendances s’appuie sur le livre No More Work de James Livingston pour nous inci­ter à prendre acte de la dis­pa­ri­tion mas­sive de l’emploi sala­rié et des consé­quences éco­no­miques asso­ciées.

Et ces pro­blèmes sont déjà bien pré­sents : Livingston signale qu’aux États-Unis, un quart des adultes « réel­le­ment actifs » selon ses termes, se trouvent sous le seuil de pau­vre­té. S’ils sont payés au taux horaire mini­mum fédé­ral de 7,25 $, ils demeurent sous ce seuil même s’ils tra­vaillent 40 heures par semaine : il fau­drait que ce taux horaire atteigne 10 $ pour que ce seuil soit dépas­sé. Et s’il était dou­blé pour atteindre le mon­tant irréa­liste de 15 $, il fau­drait encore que les Américains tra­vaillent 29 heures par semaine pour dépas­ser le seuil de pau­vre­té. À l’heure actuelle, 20% du reve­nu des ménages amé­ri­cains, dit-il encore, leur vient d’allocations ver­sées par le sys­tème de sécu­ri­té sociale. Sans ce com­plé­ment, c’est la moi­tié de la popu­la­tion qui se situe­rait en-dessous du seuil de pau­vre­té. Son ver­dict est alors que le sala­rié actuel (il n’est pas même ques­tion du chô­meur) est d’ores et déjà un assis­té, et la ten­dance obser­vée aujourd’hui signale que les choses ne feront qu’empirer.


Illustration : © Kurzgesagt.