Microentreprise, une machine à fabriquer des pauvres

Un article de Jean-Philippe Martin pour le Monde Diplomatique s’intéresse aux dispositifs d’auto-entreprise et leurs effets sur les personnes soumises à ces statuts.

Derrière la propagande gouvernementale apparaît vite un grossier mirage économique. D’après l’Agence centrale des organismes de sécurité sociale (Acoss), le million d’inscrits au régime de la microentreprise réalise un chiffre d’affaires global de 8,75 milliards d’euros. Une somme non négligeable, peut-être, mais à rapprocher du résultat des 2,2 millions d’entreprises de moins de dix salariés qui, elles, cumulent 760 milliards d’euros de chiffre d’affaires. Au-delà de ce poids dérisoire dans la création de richesses, l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) précise que les autoentrepreneurs économiquement actifs ont retiré en moyenne 410 euros mensuels de leur activité en 2013, soit près d’une centaine d’euros de moins que le revenu de solidarité active (RSA). Et encore ce chiffre est-il gonflé par la poignée (10 %) qui est gratifiée de plus de 1 100 euros par mois, l’équivalent du smic net. En vérité, plus d’un sur quatre touche moins de 70 euros par mois et la moitié, moins de 240 euros.Jean-Philippe Martin

En complément, la première partie de l’émission Polémix et la voix off consacrée au numéro mensuel du Monde Diplomatique s’attarde sur cet article :

Ubérisation : Tous patrons : Exploitons-nous… nous mêmes !

Source : Microentreprise, une machine à fabriquer des pauvres, Jean-Philippe Martin pour le Monde Diplomatique.


Illustration : Sumedh Rajendran.