Catégorie : Société

  • « Ce sont les plus pauvres des plus pauvres qui trinquent ! »

    « Ce sont les plus pauvres des plus pauvres qui trinquent ! »

    Matthias Hardoy, dans Politis :

    La précarité s’installe de plus en plus chez les familles les moins aisées. Monique Dupuy, présidente de l’Unaf (Union nationale des associations familiales) regrette que « les prestations familiales ne soit pas indexées sur l’inflation, ce qui aboutit à une baisse du pouvoir d’achat ». Pascale Ribes, de France Handicap, exprime également sa colère : « Il y 1 million de personnes handicapées sous le seuil de pauvreté. Parmi elles, certaines ne pourront jamais pas travailler. La dignité ne doit pas être conditionné seulement à l’accès à un travail. »

    Un article qui relaie l’alerte lancée par trente-sept associations de lutte contre la pauvreté. Elles s’alarment des reculs sociaux majeurs pour les plus vulnérables induits par la politique du gouvernement.

    Source. Illustration : Matthias Hardoy.

  • Travail que vaille

    Travail que vaille

    Margaux Wartelle, dans CQFD :

    Afin de commencer à revoir ces fonctionnements et pour célébrer la rentrée, en bons élèves premiers de cordée que nous sommes, on s’est penchés sur des sujets brûlants. Ouais : on vous sentait tout frétillant de repartir au turbin. Pour faire un point sur votre passé, votre présent ou votre futur (car, qui, QUI en réchappera ?) et en attendant nos 3 000 balles de revenu de base, on vous propose une analyse de la réforme du chômage, ou comment on va tous finir sur les rotules, fauchés et humiliés (page II). Dans le reste de ce dossier « Y a d’la joie » : on a pris des nouvelles des femmes de chambre en lutte à Marseille et, surprise !, quand on est femme et noire, l’exploitation et le mépris sont toujours de mise (page VI). Un peu partout, des ouvriers meurent et Muriel-la-ministre ne répond pas au téléphone (page VIII). Mais pas de panique, l’hôpital se porte à merveille et infirmier est le plus beau métier du monde (lol, page VII). Et enfin : une plongée dans le monde associatif qui n’échappe pas, loin s’en faut, aux tourments et questionnements (page IV-V).

    Un dossier dans le numéro 179 de CQFD illustre la réalité du monde du travail aujourd’hui.

    Sommaire :

    • Introduction – Travail que vaille
    • Réforme de l’assurance-chômage – En finir avec les chômeurs ?
    • La classe à Dallas : quand le précaire relève la tête – « Le sabotage est une manière de résister mais aussi d’exister
    • Le mythe du travail associatif – « Te plains pas, tu pourrais bosser à l’usine »
    • Pas un début d’accord, d’accord – Femmes de chambre en lutte : encore et encore
    • Accidents du travail – « Allô Muriel Pénicaud ? »
    • À l’hôpital, des soignants en PLS – Infirmier, un si beau métier
    • Récit graphique – Décoratrice de santons de Provence : exploitation traditionnelle au pays des cigales

    L’introduction est librement accessible sur le site du mensuel, le reste du dossier est à retrouver en kiosques.

    Source. Illustration : Jean-Michel Bertoyas

  • L’uberisation met en danger la vie des travailleurs

    L’uberisation met en danger la vie des travailleurs

    Fabien Benoit, dans Usbek & Rica :

    La précarisation et la mise en danger des travailleurs ne se limitent pas aux coursiers à vélo. Les 15 et 16 juillet dernier, plusieurs milliers d’employés d’Amazon se sont mis en grève pour dénoncer leurs conditions de travail et la faiblesse de leurs salaires. Le syndicat britannique GMB évoque ainsi un « traitement inhumain », où les employés, soumis à des cadences infernales, sont souvent contraints d’uriner dans des bouteilles faute d’avoir le temps d’aller aux toilettes. Il rappelle aussi que ces trois dernières années, des ambulances ont été appelées plus de 600 fois en Angleterre pour évacuer des travailleurs ayant fait des malaises sur leur lieu de travail. « Personne ne devrait craindre de quitter son travail dans une ambulance » déclare le syndicat qui a lancé une campagne « Amazon workers are not robots ».

    Une tribune de Fabien Benoit illustre la réalité du travail à la tâche réalisé dans des conditions de précarité et de dangerosité extrêmes, au service de grandes plateformes qui ont émergé avec le numérique.

    Source. Illustration : Usbek & Rica.

  • Pour la création d’un revenu minimum unique

    Pour la création d’un revenu minimum unique

    Noam Leandri et Louis Maurin, de l’Observatoire des inégalités :

    La proposition d’un revenu minimum unique garantit un niveau de vie mensuel de 860 euros pour une personne seule, de 1 810 euros pour un couple avec deux enfants. Il inclut d’éventuelles autres allocations perçues par ailleurs (famille ou logement notamment). Les personnes qui touchent déjà des allocations dont le total est supérieur à celui du RMU, ne verront pas baisser leurs allocations. Fixé au seuil de pauvreté à 50 % du niveau de vie médian, le RMU élimine la pauvreté à ce niveau.

    Une note de Noam Leandri et Louis Maurin, respectivement président et directeur de l’Observatoire des inégalités, détaille leur proposition d’assurer à chaque personne un niveau de vie au moins équivalent au seuil de pauvreté à 50 % du revenu médian.

    Le dispositif présenté est dans son mécanisme proche de certaines aides sociales qu’il entend appuyer : non individuel, conditionnel, dégressif, etc. Mais cet appui sur des mécanismes existants le rend applicable facilement et à petit budget, ce que rappellent les auteurs :

    Nous estimons le coût de la mesure à sept milliards d’euros par an, ce qui est largement à la portée des finances publiques. Le gouvernement s’apprête à réduire l’impôt sur le revenu de cinq milliards d’euros par an et les recettes de la taxe d’habitation de 20 milliards d’euros. Pour rappel, l’ensemble des niches fiscales coûte à la collectivité 100 milliards d’euros chaque année.

    Source. Illustration : CC0 James Sutton.

  • Assurance-chômage, les discrètes manœuvres financières derrière la réforme

    Assurance-chômage, les discrètes manœuvres financières derrière la réforme

    Hadrien Clouet, sur The Conversation :

    L’allocation d’aide au retour à l’emploi n’est pas un secours payé par la collectivité aux chômeurs, mais un droit ouvert aux salariés une fois qu’ils ont mis une certaine somme au pot commun. En somme, c’est leur argent qui leur revient. Cependant, l’allocation médiane, c’est-à-dire que la moitié des chômeurs gagnent plus tandis que la moitié perçoivent moins, est de 950 euros.

    Les versements effectués aux chômeurs dans ce cadre proviennent de deux sources : la cotisation des employeurs prélevée sur les salaires (4,05 % du salaire brut) ainsi qu’une partie de la CSG activité (1,47 point). Cette dernière a remplacé au 1er janvier 2019 les cotisations salariées – à part pour quelques catégories comme les intermittents du spectacle ou les salariés monégasques. Le régime d’assurance-chômage est donc composé de flux financiers différents. L’un regroupe les cotisations patronales, assises sur les salaires. L’autre est voté chaque année par le parlement, via la loi de financement de la sécurité sociale.

    Cependant, le remplacement des cotisations salariées par la CSG a bouleversé le rapport de force : désormais, seuls les employeurs (qui acquittent les cotisations) et l’État (qui gère la CSG) ont leur mot à dire. Les représentants des salariés ont été placés en marge du processus. Le statut des chômeurs se joue donc désormais essentiellement entre les organisations patronales et le gouvernement. Cette réforme de l’assurance-chômage est d’ailleurs la première depuis 1982 à être intégralement décidée par l’État seul.

    Un article d’Hadrien Clouet explique le mécanisme de financement de l’Unédic et sa bonne santé comptable. Le bilan de l’institution est grevé par la mainmise du gouvernement sur l’assurance-chômage, qui la contraint à financer Pôle Emploi, induisant un déficit ensuite apporté sur les marchés financiers, au profit des investisseurs privés.

    Source. Illustration : © Lucas Barioulet/AFP.

  • Assurance-chômage : une dette doublement profitable

    Assurance-chômage : une dette doublement profitable

    Hélène Crouzillat, dans Politis :

    Jamais dans l’histoire de l’assurance-chômage les chômeurs n’ont été aussi peu et aussi mal indemnisés, aussi peu accompagnés qu’aujourd’hui. Parallèlement, la dette de l’assurance-chômage s’accroît à un rythme effréné, passant de 13 milliards, au moment où Pébereau pose son rapport sur la table, à plus de 37 milliards actuellement. Alors, à quel jeu pervers s’adonnent le gouvernement et son banquier Macron, obsédés par leur besoin d’économies ? Faire passer pour remède les causes du mal ?

    Il n’est nul besoin d’être expert en économie pour comprendre comment l’institution assurance-chômage s’est trouvée criblée de dettes. Défiscalisations, allègements d’impôt et exonérations ruinent à coup sûr les comptes sociaux et imposent dans le même temps de recourir à l’endettement sur les marchés financiers. Les banques gagnent alors une rente pérenne grâce aux intérêts fournis pour l’acquisition des titres d’emprunts et leurs portefeuilles, gorgés de titres de dette publique ou des organismes sociaux, garantis par l’État, sont le gage d’une solidité financière qui leur permet d’emprunter ailleurs à moindre coût ou de spéculer sereinement. Quoi de plus naturel alors que ce soient les mêmes banques qui préconisent au plus haut niveau de l’administration française des réformes structurelles censées réduire les dépenses sociales ?

    Tout le monde connaît l’adage « prendre le beurre, l’argent du beurre et le cul de la crémière ». Rien ne saurait mieux illustrer la logique de prédation à l’œuvre.

    Une tribune d’Hélène Crouzillat qui replace les récentes annonces gouvernementales dans la continuité des précédents coups de boutoir contre l’assurance chômage : passage sous la coupe de l’État, baisse de l’indemnisation, sous-financement au bénéfice des marchés financiers, etc.

    Source. Illustration : © Jacques Demarthon / AFP.

  • Le devenir des personnes sorties de contrat aidé

    Le devenir des personnes sorties de contrat aidé

    La Dares :

    En 2017, dans un contexte de fortes créations d’emploi, 72 % des personnes ayant réalisé un contrat unique d’insertion dans le secteur marchand (CUI- CIE) et 49 % des personnes ayant effectué ce même contrat dans le secteur non marchand (CUI-CAE) déclarent être en emploi six mois après. C’est également le cas de 67 % des personnes sortant d’un emploi d’avenir marchand et de 58 % de celles sortant d’un emploi d’avenir non marchand.

    […]

    Près de 80 % des personnes ayant bénéficié d’un contrat aidé déclarent y avoir développé ou acquis des compétences, et près de 75 % estiment que ce type de contrat leur a permis de se sentir utile.

    Une récente étude du ministère du travail illustre l’efficacité des contrats aidés, alors que le gouvernement a réduit leur taux de prise en charge et divisé leur nombre par deux en deux ans.


    Source. Illustration : CC0 Jason Coudriet.

  • Effets d’une variation de certains transferts socio-fiscaux sur le niveau de vie et les inégalités

    Effets d’une variation de certains transferts socio-fiscaux sur le niveau de vie et les inégalités

    Anne-Lise Biotteau et Michaël Sicsic, pour l’Insee :

    Plusieurs variations fictives de prestations sociales et prélèvements directs sont simulées afin d’évaluer leurs effets sur le niveau de vie des ménages et les inégalités. Ainsi, une hausse de 5 % du montant forfaitaire du RSA diminuerait le taux de pauvreté de 0,2 point et l’intensité de la pauvreté de 0,8 point. Un accroissement de 5 % de la base mensuelle de calcul des allocations familiales augmenterait le niveau de vie moyen des bénéficiaires de prestations familiales de 0,3 %. Une hausse de 5 % du barème des aides au logement diminuerait le taux de pauvreté de 0,2 point. Enfin, une progression de 5 % des tranches de l’impôt sur le revenu exonérerait un million de ménages mais augmenterait légèrement les inégalités.

    Un récent focus de L’Insee fournit quelques éléments pour nourrir le débat autour des allocations sociales.

    C’est le modèle de microsimulation Ines qui a été utilisé. Afin d’évaluer l’effet, sur les finances des populations concernées, d’une éventuelle modification de quelques points à la hausse ou à la baisse du RSA et des allocations familiales notamment.


    Source. Illustration : CC0 M. B. M.

  • Et maintenant ? Gilets jaunes, politique et retour à l’ordre

    Et maintenant ? Gilets jaunes, politique et retour à l’ordre

    Sur Carbure :

    Ce mouvement porte manifestement des contenus tels qu’il semble probable que tôt ou tard un parti ou une coalition porte jusqu’aux institutions un mode de gouvernement répondant aux nécessités de ce nouveau compromis de classe, comme les Partis communistes et les syndicats ont répondu en leur temps à la nécessité de l’intégration de la classe ouvrière.

    Ce compromis peut passer par l’ouverture à moindres frais de nouvelles garanties et droits sociaux, obtenus sur une base étroite de charité publique, sur une politique active envers les SDF et les retraités pauvres par exemple, sur l’attribution sélective de logements sociaux, sur l’instauration d’un revenu garanti absorbant toutes les allocations, le tout assorti de contreparties en termes de disponibilité aux offres d’emploi les moins reluisantes, etc. Des manières de s’occuper du « peuple » en disposant des filets de sécurité autour des plus misérables tout en accentuant la contrainte au travail, avec le ressort évident de la stigmatisation des paresseux et le rejet de l’étranger sont déjà expérimentées avec plus ou moins de succès dans les pays où les populistes ont commencé à gouverner. Des dispositifs de ce type, amenés par une promotion politique habile, pourraient bien venir en remplacement du système social à la française, si on prend soin de les adapter aux exigences de la transformation de la force de travail dans le capitalisme restructuré. A condition aussi qu’ils n’occasionnent pas une hausse du coût du travail pour les capitalistes et qu’ils n’entravent pas la circulation mondiale des capitaux, et qu’ils garantissent la préservation des privilèges de la métropole. Autant dire que la marge de manœuvre est étroite. C’est là une solution possible, la résolution toute provisoire de l’équation impossible entre l’existence économique du peuple et son existence politique, et c’est bien la proposition que fait le populisme au capital, comme le fascisme l’a fait en son temps.

    Ce long texte sur Carbure propose une analyse de la situation politique en France. État du mouvement des Gilets jaunes et refus de la reprise politique, inflexibilité autoritaire du pouvoir, et perspectives peu engageantes pour la grande majorité de la population.


    Source. Illustration : artiste inconnu·e.

  • L’innovation ne profite qu’aux plus qualifié·es

    L’innovation ne profite qu’aux plus qualifié·es

    Aude Martin, dans Alternatives Économiques :

    D’un point de vue théorique, suite à une innovation, la rémunération des travailleurs peut diminuer si le capital innovant vient se substituer au travail ou, au contraire, augmenter si les salariés lui sont complémentaires et pèsent suffisamment pour pouvoir négocier et capter une partie des gains que cette innovation procure. Selon les données obtenues par les auteurs du Ceet, c’est clairement la première option qui domine.

    Une récente note du Centre d’étude de l’emploi et du travail montre que les innovations actuelles profitent éventuellement aux cadres et aux professions intermédiaires, mais pas aux employé·es ni aux ouvrier·es.


    Source. Illustration : © Patrick Allard/REA.

  • Sortir par le haut de la crise des « gilets jaunes »

    Sortir par le haut de la crise des « gilets jaunes »

    Un article de Denis Clerc pour Alternatives Économiques propose des pistes pour réduire les inégalités ainsi que les émissions de CO2, via la fiscalité.

    Je pense profondément qu’une partie de la population ne vit pas décemment et qu’il est indispensable de tout faire pour qu’il n’en soit plus ainsi. Ceci alors qu’a été supprimé l’impôt de solidarité sur la fortune et créé pour les revenus du patrimoine une taxe à 30 % se substituant à l’intégration de ces revenus dans l’impôt sur le revenu où ils étaient le plus souvent taxé à 45 % (dernière tranche de l’impôt sur le revenu). C’était une injustice plus qu’une maladresse, et les gilets jaunes ont raison de dénoncer ces « deux poids, deux mesures ».


    Source • Illustration : CC 0 Lucas Wesney.

  • En Europe, les prestations sociales perdent en efficacité contre la pauvreté

    En Europe, les prestations sociales perdent en efficacité contre la pauvreté

    Un article d’Astrid Gruyelle pour Alternatives Économiques détaille la baisse de l’effet des prestations sociales sur la pauvreté dans les pays d’Europe.

    « Suite à la crise de 2008, de nombreux pays européens ont baissé leurs dépenses publiques, relève Pierre Madec, économiste à l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE – Sciences Po). L’enveloppe des transferts sociaux s’est donc réduite, affaiblissant mécaniquement l’impact sur l’étendue de la pauvreté. »


    Source • Illustration © Eirini Vourloumis / The New York Times-REDUX-REA.

  • Économie politique : « Qu’est-ce qu’un emploi utile ? »

    Économie politique : « Qu’est-ce qu’un emploi utile ? »

    Un article de Michel Husson pour À l’encontre tente de définir les contours de cette question essentielle.

    Cette question est a priori sans fondement : un emploi n’aurait pas été créé s’il était inutile, et il est tout aussi utile à celui qui l’exerce, puisqu’il lui procure un revenu. Mais l’interrogation devient pertinente dès lors qu’on se situe au niveau de l’ensemble de la société. La question devient alors: qu’est-ce qu’un emploi socialement utile ?

    Husson questionne l’utilité des emplois selon leur productivité, la valeur associée (économique ou sociale), les « boulots de merde », la consommation selon les classes sociales, et la nécessaire transition écologique.

    Source


    Illustration : artiste inconnu·e.

  • Taux de chômage « naturel » : l’empreinte de Friedman

    Taux de chômage « naturel » : l’empreinte de Friedman

    Un article de Gilles Raveaud dans Alternatives Économiques revient sur une conception du chômage que Milton Friedman a tenté de pousser pendant sa carrière.

    De toute évidence, si Milton Friedman a autant marqué les esprits, c’est en raison des critiques que sa « théorie » lui permettait d’émettre à l’encontre du paradigme dominant, celui des keynésiens, bien plus que par son contenu positif.

    De plus, il sera grandement aidé par la crise de 1973-1974, et par l’incapacité des politiques keynésiennes à répondre rapidement à la hausse simultanée de l’inflation et du chômage. Ces raisons décisives vaudront au théoricien de Chicago en 1976, à 64 ans, l’attribution du prix de la Banque de Suède en mémoire d’Alfred Nobel.

    Et c’est ainsi que se produisit le plus grand basculement de la macro-économie depuis 1945. Il ne s’agissait plus de rechercher les solutions au chômage « d’en haut », c’est-à-dire par la politique économique (politique monétaire, politique budgétaire).

    Le remède devait venir « d’en bas », c’est-à-dire du « marché du travail » – une expression rejetée par les institutionnalistes, marxistes, keynésiens, qui considèrent que le travail ne s’échange pas sur un marché, mais s’inscrit dans une relation d’emploi, hiérarchisée, au sein d’une organisation –, désormais au centre de toutes les attentions.

    Source


    Illustration : © DR.

  • Les jobs à la con

    Les jobs à la con

    Une vidéo d’Ouvrez les Guillemets s’intéresse aux bullshit jobs, décriés notamment par David Graeber.

    Votre job a-t-il un sens ou vous fait-on faire toute la journée quelque chose d’absurde, d’inutile ou même de nuisible ? Certaines tâches proposées par le marché du travail ont une utilité sociale mesurable et incontestable, quand d’autres semblent n’exister que pour vous occuper, semblent ne satisfaire aucun des besoins de la société. Ces emplois dispensables finissent par plonger les individus qui y vouent leur semaine dans la perplexité tout d’abord puis, parfois, dans la dépression. À quoi servent donc ces « bullshit jobs » ?


    Illustration : © Mediapart.

  • Les défis sociaux des transformations du travail

    Les défis sociaux des transformations du travail

    La captation vidéo d’une table ronde organisée lors de la conférence « Les transformations du travail » en septembre 2018 réunit Antonio Casilli, Thomas Coutrot et Pascal Lokiec.

    Antonio Casilli

    Professeur d’humanités digitales à Telecom ParisTech et chercheur au centre Edgar Morin de l’EHESS, auteur (avec D. Cardon) de Qu’est-ce que le digital labor?, Editions INA, 2015.

    Thomas Coutrot

    Économiste, ancien co-président d’Attac et co-fondateur des Economistes atterrés, auteur de Libérer le travail. Pourquoi la gauche s’en moque et pourquoi cela doit changer, Editions du Seuil, 2018.

    Pascal Lokiec

    Professeur de droit du travail, auteur (avec Dominique Méda et Eric Heyer) de Une autre voix est possible. Le modèle social français n’est pas mort !, Flammarion, 2018.
    Conférence organisée, sous le patronage du Sénateur de l’Isère, M.Guillaume Gontard, par la Fondation de l’Ecologie Politique et le Green European Journal.

    Source


    Illustration : © Fondation de l’Écologie Politique.

  • La Chine lance un programme pour remplacer ses fermiers par des robots

    La Chine lance un programme pour remplacer ses fermiers par des robots

    Un article de Mathilde Simon pour Usbek & Rica présente l’ambitieuse expérimentation de robotisation agricole lancée dans la région de Jiangsu.

    L’objectif est surtout de permettre de meilleurs rendements à moindre coût. Dans le cadre d’un reportage sur l’industrialisation de l’économie agronome chinoise, National Geographic a rencontré en février Liu Lin. Le jeune entrepreneur y raconte que ses machines européennes et américaines permettent de produire, en quatre heures, le travail que 30 travailleurs auraient mis une vingtaine de jours à faire. Le tout manipulable depuis un smartphone.

    Source


    Illustration : © Shutterstock.

  • Le revenu de base : une remise en cause de la création monétaire ?

    Le revenu de base : une remise en cause de la création monétaire ?

    Un article de Robert Cauneau résume un article de Christian Arnsperger : « Revenu de base, économie soutenable et alternatives monétaires » qui s’intéresse à la création de la monnaie.

    En toute logique, nous devons accepter l’idée selon laquelle le revenu de base et le type de monnaie dans lequel il serait versé doivent former un « tout conceptuel insécable ». Si la seule forme monétaire envisagée est celle que produit actuellement le secteur bancaire – et c’est l’hypothèse traversant les cinq dernières décennies de discussion autour du pour et du contre d’un RBI qui fait la quasi-unanimité –, ce revenu de base sera, par la force des choses, « systémiquement couplé à une économie où règne l’obligation de croissance engendrée par ce mode de création monétaire. Ce sera le cas même pour les citoyens qui choisissent d’utiliser le revenu de base comme outil pour exercer une critique en actes du système. »

    Source


    Illustration : © Droits réservés.

  • Pourquoi il faut soutenir les livreurs UberEats, Deliveroo, etc.

    Pourquoi il faut soutenir les livreurs UberEats, Deliveroo, etc.

    Une tribune de Fabien Benoit pour Usbek & Rica critique les plateformes prédatrices qui investissent toujours plus de marchés, semant la précarité et l’exploitation dans leur sillage.

    Ces questions ne sont pas anodines, loin s’en faut. Elles rappellent le caractère radical, rapace et carnassier du capitalisme numérique d’inspiration californienne. Elles nous rappellent que ces entreprises de la « nouvelle économie », comme on disait autrefois, s’attaquent à tout ce qui ressemble de près ou de loin à de la solidarité, du partage, de la justice, qu’elles exploitent cyniquement les failles du système et la faiblesse des travailleurs. Elles n’ont que faire du collectif et des individus. Et elles n’entendent pas spécialement respecter les lois.

    Source


    Illustration : © Usbek & Rica.

  • Un rapport annonce que la robotisation va entraîner une recrudescence de l’esclavage en Asie du sud-est

    Un rapport annonce que la robotisation va entraîner une recrudescence de l’esclavage en Asie du sud-est

    Un article d’Annie Kelly pour The Guardian décrit un futur bien sombre pour les employé·es les moins qualifié·es, en compétition avec les robots.

    “We know that in a couple of decades, robot manufacturing will replace many low-skill jobs. Displaced workers without the skills or capacity to adapt will have to compete for a rapidly diminishing supply of low-paid work in potentially exploitative conditions. This will lead to increased risks of slavery and trafficking across a region already vulnerable to these kind of abuses.”

    Automation is already revolutionising manufacturing and lowering labour costs for industries across the world. The International Federation of Robotics estimates that next year another 250,000 industrial robots will come on to the market, with the capability to help produce cars, electronics and new machinery.

    [« Nous savons que dans quelques décennies, les robots remplaceront de nombreux emplois peu qualifiés. Les travailleur·euses touché·es qui n’ont pas les compétences ou la capacité de s’adapter seront en concurrence pour des emplois faiblement rémunérés en diminution rapide, dans des conditions d’exploitation potentielles. Cela entraînera une augmentation des risques d’esclavage et de traite dans une région déjà vulnérable à ce type d’abus ».

    L’automatisation révolutionne déjà la fabrication et réduit les coûts de main-d’œuvre pour les industries du monde entier. La Fédération internationale de robotique estime que l’année prochaine, 250 000 robots industriels supplémentaires arriveront sur le marché, avec la capacité d’aider à produire des voitures, de l’électronique et de nouvelles machines.]

    Voir aussi une traduction en français sur le site de Paul Jorion.

    Source


    Illustration : © Hau Dinh/AP.

  • Le routier américain, une icône en voie de disparition

    Le routier américain, une icône en voie de disparition

    Un article de Julien Brygo pour Le Monde Diplomatique plonge dans le monde des camionneurs étasuniens, alors que les véhicules sans chauffeur pointent à l’horizon.

    Le rapport de Morgan Stanley place les routiers en leasing, comme ceux de Long Beach, en tête des victimes de la déréglementation du transport. « Ça ne se fera jamais, veut croire M. Andre Hart, qui conduit des camions de marchandises depuis dix-sept ans. C’est déjà tellement dangereux sur les routes… Les ordinateurs n’ont pas d’yeux. Avec les caméras, il y a des mauvaises surprises tous les jours. » Arrive M. Gerald Daniels, coiffure rasta jusqu’aux hanches et lunettes de soleil : « Bien sûr que ça se fera, lance-t-il. Au terminal à conteneurs de Long Beach, il n’y a déjà plus d’humains pour charger les camions. » À l’image de ces moissonneuses-batteuses guidées par GPS (global positioning system), de ces tondeuses connectées qui tournoient sur leur carré de pelouse ou encore de ces robots aspirateurs domestiques qui se déplacent seuls, les camions de demain seront « autonomes », promet la Silicon Valley.

    Voir aussi le reportage photographique sur son site.

    Source


    Illustration : © Julien Brygo.

  • La Commission Européenne sanctionne Google, Google se paie de la pub.

    La Commission Européenne sanctionne Google, Google se paie de la pub.

    2018, une multinationale de la surveillance a à peine été sanctionnée par la Commission Européenne qu’elle se paie une campagne de publicité sur les médias sociaux pour diffuser son point de vue.

  • La France, bientôt un pays de (travailleurs) pauvres ?

    La France, bientôt un pays de (travailleurs) pauvres ?

    Un article de Jean-Christophe Sarrot pour ATD Quart Monde propose une analyse de la récente étude de la Dares.

    Si le risque n’est pas que tout le monde se retrouve en CDD demain, cette bipolarisation présente tout de même une dimension insupportable et insoutenable : 9 travailleurs sur 10 qui n’ont pas de CDI ne peuvent espérer y accéder ; ils sont cantonnés aux CDD, emplois précaires qui, pour 2 à 3 millions d’entre eux actuellement, ne permettent guère de dépasser le seuil de pauvreté.

    Les politiques publiques actuelles semblent incapables de corriger ce phénomène. Elles n’en parlent pas. Elles s’accommodent de ce modèle d’emploi « de crise » et apprennent à vivre avec, même si elles savent que cela risque de leur coûter la non-reconduction de l’équipe au pouvoir, comme cela a été le cas pour François Hollande.

    Elles parlent d’ « emploi », sans distinguer le décent du précaire, sans dire que plus du second, ce n’est pas plus de salut, mais plus de pauvreté et d’insécurité face à l’avenir, comme en Allemagne, au Royaume-Uni, aux États-Unis, etc.

    Source


    Illustration : © ATD Quart Monde.

  • Les CDD progressent, le CDI reste la norme

    Les CDD progressent, le CDI reste la norme

    Un article d’Aude Martin pour Alternatives Économiques revient sur une analyse de la Dares concernant les formes d’emploi en France.

    Il ne fait aucun doute que le recours au CDD s’est fortement accru depuis le début des années 2000. Leur part est ainsi passée de 76 % des nouvelles embauches en 1993 à 87 % en 2017.

    Source


    Illustration : © Alternatives Économiques.

  • Le RSA dans le viseur

    Le RSA dans le viseur

    Un article dans Politis revient sur l’offensive actuelle du gouvernement contre les droits des personnes à très faibles revenus, allocataires du RSA.

    Tout doucement, l’exécutif prépare les esprits à une vieille idée de la droite : faire travailler les allocataires du RSA. Dans un discours prononcé le 13 juin à la Mutualité française, Emmanuel Macron dit vouloir améliorer l’accompagnement des allocataires les plus éloignés de l’emploi et responsabiliser les autres, « qui peuvent revenir vers le travail, mais que rien n’incite ni n’accompagne pour faire ce chemin ». Cela ressemble à une vieille marotte de la droite anti-« assistanat », déjà appliquée dans le département du Haut-Rhin, où les allocataires du RSA ont l’obligation de travailler « bénévolement » sept heures par semaine.

    Source


    Illustration : © Politis.

  • Benjamin Griveaux, pêcheur à la dérive

    Benjamin Griveaux, pêcheur à la dérive

    Un article de Romaric Godin étrille la communication du gouvernement, qui cherche à gommer l’image de « président des riches » que se traîne Emmanuel Macron.

    Derrière sa sollicitude, Benjamin Griveaux dissimule donc cette vision classique d’un homme pauvre assisté et ignare chère à la droite. La réalité est bien différente : les chômeurs français, dont la moitié ne sont pas indemnisés, veulent dans leur immense majorité, trouver un emploi ou une formation qui permet de trouver un emploi.

    Mais à quoi bon se former lorsque l’emploi manque ? À quoi bon travailler lorsque l’on est malgré tout pauvre en travaillant ? Benjamin Griveaux n’a donc jamais entendu parler de ces « travailleurs pauvres » dont l’existence même devrait faire oublier l’aphorisme de Confucius ? Ce que le pouvoir actuel ne dit jamais, ce qu’il oublie toujours à dessein, c’est que ce ne sont pas les chômeurs et les salariés qui ont conduit la France à la perte de compétitivité économique et qui l’ont enfermé dans un niveau de gamme intenable.

    Source


    Illustration : CC 0 Przemysław Sakrajda.

  • Conférence : Travail et emploi à l’ère du capitalisme de plateforme, à Paris les 5 et 6 juin

    Conférence : Travail et emploi à l’ère du capitalisme de plateforme, à Paris les 5 et 6 juin

    L’université Paris Dauphine accueille le premier colloque international organisé par le programme de recherche Capla, « Fragmentation du travail, marchandisation du « travail à-côté » : le capitalisme de plate-forme et ses impacts sociaux ».

    (suite…)

  • En France, le salaire minimum ne permet pas aux familles d’échapper à la pauvreté

    En France, le salaire minimum ne permet pas aux familles d’échapper à la pauvreté

    Un article de Justin Delépine pour Alternative Économiques présente une étude de l’Institut de recherches économiques et sociales (IRES) qui compare le niveau de vie de familles au salaire minimum dans trois pays : la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni.

    Quatre exemples types sont retenus : un célibataire, une famille avec deux enfants mais avec un seul parent qui travaille, ou un membre du ménage qui est à temps complet et l’autre à temps partiel et enfin une famille avec deux enfants et deux parents travaillant à temps complet. Dans toutes ces situations, les systèmes allemand et britannique permettent à tous les types de ménage d’être au-dessus du seuil de pauvreté, mais « la France est ainsi le seul des trois pays où une famille mono-active avec deux enfants dont l’un des parents travaille à temps complet au salaire minimum est en dessous du seuil de pauvreté monétaire ».


    Illustration : © Getty.

  • Et si la robotisation précédait le robot ?

    Et si la robotisation précédait le robot ?

    Une tribune de Daniel Kaplan pour Usbek & Rica poursuit son exploration du projet collaboratif WORK+, cette fois en s’interrogeant sur les robots : d’où viennent-ils, où vont-ils, que veulent-ils – ou plutôt, de quelles intentions sont-ils les outils ?

    Les robots n’apparaissent pas spontanément dans les entreprises. Ils sont le produit de décisions délibérées et coûteuses qui s’inscrivent dans un mouvement engagé depuis des décennies : taylorisation, interconnexion globalisée des chaînes d’approvisionnement, externalisation de fonctions de plus en plus nombreuses et essentielles, formalisation toujours plus poussée des processus et des indicateurs de performance…

    Le robot couronne la réalisation d’un programme dont la fonction semble être de substituer aux relations entre humains (collaborateurs, clients, fournisseurs…) des relations entre entités et fonctions, représentées par les systèmes d’information et communiquant au travers de contrats et d’interfaces programmées.


    Illustration : © Usbek & Rica.

  • Demain, les robots tailleront nos vêtements sur mesure

    Demain, les robots tailleront nos vêtements sur mesure

    Un article de François Leclerc présente les plans de l’entreprise Levi Strauss pour automatiser largement sa production textile.

    Levi Strauss prépare pour demain l’usine globale d’après-demain. Une légion de robots va être mise en place afin de remplacer, dans le monde entier et dès 2020, les employés chargés de la coupe et de la finition des jeans de la marque.

    Soumise à une forte concurrence et voyant ses marges se réduire, le management de l’entreprise va radicalement faire évoluer son processus de production. En termes de productivité, l’objectif est d’assurer la finition d’un jean en 90 secondes là où il fallait auparavant de six à huit minutes.


    Illustration : CC 0 Dương Trần Quốc.