Et maintenant ? Gilets jaunes, politique et retour à l’ordre

Sur Carbure :

Ce mou­ve­ment porte mani­fes­te­ment des conte­nus tels qu’il semble pro­bable que tôt ou tard un par­ti ou une coa­li­tion porte jusqu’aux ins­ti­tu­tions un mode de gou­ver­ne­ment répon­dant aux néces­si­tés de ce nou­veau com­pro­mis de classe, comme les Partis com­mu­nistes et les syn­di­cats ont répon­du en leur temps à la néces­si­té de l’intégration de la classe ouvrière.

Ce com­pro­mis peut pas­ser par l’ouverture à moindres frais de nou­velles garan­ties et droits sociaux, obte­nus sur une base étroite de cha­ri­té publique, sur une poli­tique active envers les SDF et les retrai­tés pauvres par exemple, sur l’attribution sélec­tive de loge­ments sociaux, sur l’instauration d’un reve­nu garan­ti absor­bant toutes les allo­ca­tions, le tout assor­ti de contre­par­ties en termes de dis­po­ni­bi­li­té aux offres d’emploi les moins relui­santes, etc. Des manières de s’occuper du « peuple » en dis­po­sant des filets de sécu­ri­té autour des plus misé­rables tout en accen­tuant la contrainte au tra­vail, avec le res­sort évident de la stig­ma­ti­sa­tion des pares­seux et le rejet de l’étranger sont déjà expé­ri­men­tées avec plus ou moins de suc­cès dans les pays où les popu­listes ont com­men­cé à gou­ver­ner. Des dis­po­si­tifs de ce type, ame­nés par une pro­mo­tion poli­tique habile, pour­raient bien venir en rem­pla­ce­ment du sys­tème social à la fran­çaise, si on prend soin de les adap­ter aux exi­gences de la trans­for­ma­tion de la force de tra­vail dans le capi­ta­lisme restruc­tu­ré. A condi­tion aus­si qu’ils n’occasionnent pas une hausse du coût du tra­vail pour les capi­ta­listes et qu’ils n’entravent pas la cir­cu­la­tion mon­diale des capi­taux, et qu’ils garan­tissent la pré­ser­va­tion des pri­vi­lèges de la métro­pole. Autant dire que la marge de manœuvre est étroite. C’est là une solu­tion pos­sible, la réso­lu­tion toute pro­vi­soire de l’équation impos­sible entre l’existence éco­no­mique du peuple et son exis­tence poli­tique, et c’est bien la pro­po­si­tion que fait le popu­lisme au capi­tal, comme le fas­cisme l’a fait en son temps.

Ce long texte sur Carbure pro­pose une ana­lyse de la situa­tion poli­tique en France. État du mou­ve­ment des Gilets jaunes et refus de la reprise poli­tique, inflexi­bi­li­té auto­ri­taire du pou­voir, et pers­pec­tives peu enga­geantes pour la grande majo­ri­té de la popu­la­tion.


Source. Illustration : artiste inconnu·e.

Une réponse à “Et maintenant ? Gilets jaunes, politique et retour à l’ordre”

  1. […] Antoine Deltour, lan­ceur d’alerte en faveur du reve­nu de base Et main­te­nant ? Gilets jaunes, poli­tique et retour à l’ordre […]

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Commentaires

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