Baby steps on the road to a basic income

Baby steps on the road to a basic income

Un article en anglais de Socrates Schouten pour le Green European Journal fait le point sur les expérimentations, modestes, lancées dans sept villes des Pays-Bas.

But do the experiments with supplementary benefit reveal anything about the basic income, considering they have been so modified ? Sjir Hoeijmakers : “Experiments are limited, but not useless. You need political will and a good team of researchers and administrative backup. That’s why it’s such a pity that the Dutch scheme has been devised so defensively. In other countries there are fantastic, well-devised experiments : good research setup, sufficient capacity, general consensus.

Les conditions, les buts, les contours et l’accompagnement des expérimentations sont évidemment des enjeux politiques forts et conditionnent les enseignements qui en seront tirés.


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Faut-il un revenu universel ?

Faut-il un revenu universel

Une recension de l’ouvrage critique coordonné par Jean-Marie Harribey et Christiane Marty, par Jean-Pierre Touchard sur le site d’ATD Quart Monde.

« Au vu de la situation sociale très dégradée, on ne peut en rester à une critique du revenu universel », d’où cette troisième partie, sans doute la plus intéressante, où les auteurs prennent le parti de relancer et de défendre un projet de société, en réaffirmant les solidarités afin d’assurer à chacun un revenu minimum décent, par progression des minima sociaux, et de restaurer le principe de notre constitution : un  » droit à l’emploi pour chacun ».

Ils proposent un nouveau modèle productif :
– en relançant la perspective de réduction du temps de travail ;
– en orientant la production vers les opportunités de la transition écologique, créatrice d’emplois ;
– en développant et améliorant les services publics ;
– en améliorant les conditions de travail des salariés et en renforçant leurs droits et leur pouvoir dans l’entreprise.


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Féminisme et refus du travail. Entretien avec Kathi Weeks

Entretien Kathi Weeks

Un entretien de Kathi Weeks réalisé par George Souvlis et traduit en français sur Contretemps revient sur de grands pans de sa pensée : le féminisme et le marxisme contre l’exploitation, ainsi que le refus du travail pour combattre le patriarcat et le capitalisme.

Dans cette perspective, elle défend également l’idée du revenu de base, sans illusion sur les différentes formes qu’il peut prendre.

J’interprète l’intérêt croissant du revenu de base dans un spectre politique large comme une avancée positive. Voilà comment je vois les choses : la revendication d’un revenu de base est une revendication de gauche, bien que cela dépende des termes dans lesquelles est formulée cette revendication ; cependant la forme politique que peut prendre cette revendication n’a rien de simple.

Le fait que cela puisse ou non améliorer les conditions de vie d’une partie importante des travailleurs.euse.s, dépend de plusieurs aspects, et en particulier du montant du revenu prévu. S’il est trop bas, cela risque de subventionner le patronat qui propose des revenus bas aux travailleur.euse.s, en faisant du revenu de base un complément de salaire.

La revendication que je défends est celle d’un revenu minimum pour vivre convenablement et qui, tant que cela permet aux travailleurs.euses de quitter un travail salarié, même de façon temporaire, pourrait forcer de tels patrons à offrir des salaires et des conditions meilleures. Cela étant dit, la forme politique de cette revendication est comme je l’ai dit compliqué, car il est plus que probable qu’une fois mis en place, ce revenu de base sera d’abord institué à un montant bas. Il sera ensuite nécessaire d’additionner nos efforts pour lutter en faveur d’une augmentation de son montant.


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Les robots vont nous mettre au chômage. On devrait s’y préparer maintenant, avant qu’il ne soit trop tard.

Robots Turquie

Une tribune (en anglais) de Larry Elliott pour The Guardian s’appuie sur l’ouverture récente de l’épicerie Amazon Go, sans personnel de vente, pour inciter à prendre la mesure de la robotisation en cours.

Le directeur de la rubrique « Économie » du Guardian conclut en évoquant le revenu de base :

But the dislocation will be considerable, and comes at a time when social fabrics are already frayed. To ensure that, as in the past, technological change leads to a net increase in jobs, the benefits will have to be spread around and the concept of what constitutes work rethought. That’s why one of the hardest working academics in Davos last week was Guy Standing of Soas University of London, who was on panel after panel making the case for a universal basic income, an idea that has its critics on both left and right, but whose time may well have come.


Illustration : © Anadolu Agency/Getty Images.

Peut-on vraiment expérimenter le Revenu de Base ?

Valls en Gironde

Un article de Marc de Basquiat pour l’AIRE examine les limites d’une expérimentation d’un revenu de base : il n’est pas possible d’en respecter la définition lors d’un test limité.

Que pourrait-on tester ?
Nous pouvons discuter chacun des 9 termes de la définition du MFRB pour tenter de cadrer ce qui pourrait faire l’objet d’une expérimentation.

« Le revenu de base est un droit inaliénable ». Peut-on imaginer une expérimentation qui aurait la valeur d’un « droit » pour les personnes de l’échantillon, qui ne le serait donc pas pour le reste de la population ? Ceci parait impossible d’un strict point de vue juridique.

« Le revenu de base est inconditionnel ». Oui, on peut imaginer d’accorder une prestation à toutes les personnes d’un échantillon restreint, qui ne soit pas sélectionné par des conditions mais par un tirage totalement aléatoire.

« Le revenu de base est cumulable avec d’autres revenus ». Ce point est problématique, étant en conflit direct avec la logique des prestations sociales telles que le RSA, l’ASS, l’AAH, l’ASPA ou la Prime d’activité. Celles-ci sont calculées après déduction de « toutes les ressources réellement reçues chaque mois » autres que quelques prestations versées par les CAF (Caisses d’allocations familiales) ou les MSA (Mutualités sociales agricoles). Il s’ensuit qu’un revenu de base expérimental devrait probablement être calculé et versé par les CAF / MSA.

« Le revenu de base est distribué par une communauté politique à tous ses membres ». Un dispositif expérimental, par définition, sélectionne un échantillon pour tester des règles dérogatoires du régime commun. Il est néanmoins indispensable de définir le périmètre de la population totale parmi laquelle les participants seront sélectionnés par tirage au sort. S’agit-il des nationaux ou des résidents réguliers sur le territoire ? Applique-t-on des conditions particulières, comme actuellement pour les étrangers en situation régulière en France pouvant demander le RSA ?

« Le revenu de base est distribué de la naissance à la mort ». Par définition ce critère n’est pas testable. Philippe Van Parijs explique pourquoi ceci diminue beaucoup l’intérêt des expérimentations. Ce biais méthodologique doit être pris en compte au moment d’interpréter les résultats.

« Le revenu de base est distribué sur base individuelle ». Ce critère semble a priori le plus simple à implémenter : il suffit de verser la même somme à chaque personne de l’échantillon… Mais le diable est dans les détails. Si le dispositif expérimental, géré par les CAF / MSA, se substitue à un mécanisme familialisé tel que le RSA, l’écart entre les deux mécanismes est mécaniquement fonction de la configuration familiale. Par exemple, les gains seront très différents pour les couples ou les personnes seules. Il faut donc définir avec finesse la mesure des résultats de l’expérience, comparant intelligemment l’échantillon testé et la population de référence.

« Le revenu de base est distribué sans contrôle des ressources ».C’est le point le plus souvent critiqué de la proposition : pourquoi verser un revenu de base à des riches qui n’en ont pas besoin ? La réponse est d’abord philosophique, mais au point de vue du dispositif expérimental, la question est « pratico-pratique ». Le tirage de l’échantillon testé étant aléatoire, il sélectionnera aussi des personnes aisées. Ce cas est traité efficacement par un Revenu d’existence généralisé suivant le schéma LIBER, où le fisc calcule tous les mois pour chacun une allocation forfaitaire inconditionnelle (de l’ordre de 480 euros) dont il déduit quelques 36 % des revenus déclarés au cours du mois écoulé. Seul la différence est virée (ou prélevée) sur le compte bancaire de la personne.

Dans le cadre d’une expérimentation, il est exclu d’impliquer l’administration fiscale pour mettre en œuvre des règles d’imposition différenciées sur la foi d’un tirage aléatoire. Le mécanisme cible doit donc être mis en œuvre par les CAF / MSA. Elles devront recevoir chaque mois l’information sur les revenus perçus, de façon à calculer la différence à verser. Ceci nécessite un dispositif élaboré permettant d’automatiser le calcul et lisser sur la durée d’éventuels revenus irréguliers, ce qui peut être très compliqué.

« Le revenu de base est distribué sans exigence de contrepartie ».Dans le cadre d’une expérimentation, ceci va de soi. Sauf que l’intérêt scientifique de la démarche repose sur la quantité et la qualité des informations collectées. Il serait donc souhaitable que les personnes sélectionnées dans l’échantillon répondent de bon cœur aux diverses enquêtes permettant d’identifier et comprendre les éventuels impacts comportementaux induits par le dispositif testé.

« Le montant et le financement du revenu de base sont ajustés démocratiquement ». Ainsi que Philippe Van Parijs le fait remarquer, un dispositif expérimental ne peut sélectionner que des gagnants nets. Le solde doit donc mobiliser un financement autre que les rationalisations réalisées pour l’échantillon. L’équilibre budgétaire de la démarche d’expérimentation est une contrainte forte, qui limite la taille de l’échantillon, la durée et le montant du revenu de base.


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« Mon revenu de base », de l’utopie à la réalité

Julien Bayou Colibris

Un entretien de Julien Bayou avec Gabrielle Paoli pour Colibris Magazine revient sur l’initiative « Mon revenu de base » qu’il a lancée.

Au-delà de cette conviction qui est la vôtre que le revenu de base peut être une solution, que cherchez-vous exactement à faire avec cette initiative, « Mon revenu de base » ?

60 milliards de déficit public, 6 millions de chômeurs, du mal-être au travail, la destruction de la planète… Ça fait beaucoup de points négatifs pour un système qui est censé être la norme. Ce que l’on veut faire, c’est aller voir ailleurs, trouver des alternatives. Monnaies locales, revenu de base… on explore !

Or, tant qu’on reste dans le théorique, c’est parole contre parole. J’ai des idées, des convictions, mais c’est tout à fait logique que quelqu’un en face en ait des différentes, et au final, c’est match nul balle au centre. Il faut donc de la matière concrète qui permette de passer du discours théorique à la piste de travail.

Avec l’expérimentation que nous avons lancée, chacun peut s’approprier le concept et, au travers des différents bénéficiaires, s’identifier. Se dire par exemple “ ah tiens, j’aurais fait pareil, j’aurais mis de côté et aidé mes enfants, comme Brigitte”. Le revenu de base devient rugueux, palpable ; avec cette expérience, on interpelle toute la société et on renvoie chacun à ses propres besoins et à ses propres envies.


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« On veut lire, pas travailler » : quand Frédéric Lordon, Alain Damasio et des syndicalistes déconstruisent le travail

Tout le monde déteste le travail

Un article d’Amélie Quentel pour Les Inrockuptibles revient sur la journée du 27 janvier organisée autour du thème « Tout le monde déteste le travail » à Paris.

Il est clair que, durant cette journée, un distinguo fort est en tout cas fait entre “travail” et “emploi”, avec, comme l’assure Damasio, la nécessité de réfléchir à “comment sortir de cette fabrique du travailleur comme figure essentielle” et de “repenser tout le rapport de l’Occident à l’activité”. En somme, d’opérer un déplacement dans la conception communément admise de ce que serait le travail, alors même que des activités porteuses de sens, non-reconnues – car non créatrices de valeur économique – pourraient justement l’être si advenait un changement de paradigme. Deux heures d’échanges sur le thème “s’organiser au-delà du salariat” ont ainsi lieu dans l’auditorium de la Bourse du travail, avec notamment des zadistes de Notre-Dame-des-Landes et des syndicalistes de Nantes s’exprimant sur leur désir de “tenir l’économie en dehors des rapports de solidarité” et de “transmettre des savoirs en dehors du cadre d’habitude imposé par le travail”.


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Julien Dourgnon : « Le revenu universel est un dû »

Revenu universel

Un entretien de Julien Dourgnon avec Céline Mouzon pour Alternatives Économiques fait le tour de sa vision du revenu universel.

L’équivalence travail-emploi est une convention sociale en situation de monopole. Il faut en finir avec ce monopole. L’emploi est relativement rare, le travail, lui, est abondant.

Cette conception obsolète du travail se lit dans l’organisation de notre protection sociale. Celle-ci a été imaginée pour une société de plein-emploi où les individus sont seulement soumis à des accidents de parcours rares et brefs. Elle répond imparfaitement aux besoins d’une société installée durablement dans le sous-emploi et le travail précaire. Confrontés à la réalité, les responsables politiques tentent de faire face en allongeant la durée d’indemnisation avec les droits rechargeables de l’indemnisation chômage, ou en étendant le périmètre du RSA aux 18-25 ans. Il me semble que sans en avoir pleinement conscience, nos responsables politiques valident le besoin d’un revenu permanent.


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Alain Damasio : « Il faut rendre à nouveau la révolution désirable »

Alain Damasio

Un entretien d’Alain Damasio avec Guillaume Ledit d’Usbek & Rica revient sur les raisons qui poussent l’écrivain à s’engager. Au sommaire notamment : le travail, la technologie et le revenu universel.

Dans une interview autour de l’exposition « Extravaillance », vous estimiez qu’il fallait « faire le deuil d’une conception totalement absurde du travail ». Comment passer dans le « postcapitalisme » que vous appelez de vos voeux ? Et en se projetant, à quoi pourrait ressembler le travail et les travailleurs à l’horizon 2030 ?

La réponse la plus facile aujourd’hui, à mon sens, c’est le revenu universel. Avec toutes les équivoques de la mesure et l’ampleur du piège que ça peut représenter en terme de contrôle accru des populations. Il y aura là un vrai combat s’il est mis en place, notamment parce que la droite va tenter d’y intégrer le maximum d’allocations et de le fixer au niveau le plus bas. Ce combat doit être mené, mais je pense qu’il y a un seuil de revenu mensuel où on pourrait se retrouver délié de l’obligation de travailler.

On est arrivé à un stade où l’humanité est en mesure, grâce aux évolutions techniques notamment, de couper le lien entre revenu et mérite : on mérite d’être rémunéré même en ne travaillant pas. Si on coupe cette aliénation fondamentale sur laquelle repose une partie de la force du capitalisme, on libère un temps crucial pour les gens, qui peuvent alors s’occuper des autres ou militer, créer, générer des alternatives et du vivant.


Illustration : CC BY-SA 3.0 Adrien Barbier.

Faut-il durcir le contrôle des chômeurs ?

Contrôle chômage

Un article de Sandrine Foulon pour Alternatives Économiques fait le tour de la question, alors qu’Emmanuel Macron a annoncé vouloir contrôler davantage les personnes sans emploi.

Un durcissement du suivi se ­justifie-t-il alors que Pôle emploi a déjà étoffé cette mission en 2015 ? 12 000 contrôles sont effectués tous les mois par 215 agents dédiés à cette activité. Le gouvernement veut multiplier par cinq les effectifs de ces contrôleurs. Il souhaiterait en outre qu’une autre graduation des sanctions soit mise sur la table.


Illustration : © Alternatives Économiques.