Who Really Stands to Win from Universal Basic Income ?

Un article en anglais de Nathan Heller pour le New Yorker pro­pose un tour d’horizon de la dyna­mique actuelle autour du reve­nu de base : enjeux, expé­ri­men­ta­tions, ouvrages…

Recently, a resur­rec­tion has occur­red. Guaranteed income, recon­cei­ved as basic income, is gai­ning sup­port across the spec­trum, from liber­ta­rians to labor lea­ders. Some see the sys­tem as a clean, crisp way of repla­cing gnar­led govern­ment bureau­cra­cy. Others view it as a stay against harsh eco­no­mic pres­sures now on the hori­zon. The ques­tions that sur­round it are the same ones that Nixon faced half a cen­tu­ry ago. Will the public stand for such a bold mea­sure — and, if so, could it ever work ?

[…]

The rea­li­za­tion that a uni­ver­sal basic income is use­ful but insuf­fi­cient for the country’s long‐term socioe­co­no­mic health — that you can’t just wind up a machine and let it run — may cause attri­tion among some sup­por­ters who admire the model pre­ci­se­ly because it seems to mean that no one will have to deal with stuff like this again. It may also dam­pen the scheme’s sun­ny poli­ti­cal pros­pects, since a heal­thy U.B.I. would have to be sea­ted among other reforms, the sum of which would not be cost‐ or interest‐neutral. This doesn’t mean that it’s not a prac­ti­cal idea. It means only that it’s not a magic spell.

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Illustration : © Anna Parini.

Le revenu de base : une remise en cause de la création monétaire ?

Un article de Robert Cauneau résume un article de Christian Arnsperger : « Revenu de base, éco­no­mie sou­te­nable et alter­na­tives moné­taires » qui s’intéresse à la créa­tion de la mon­naie.

En toute logique, nous devons accep­ter l’idée selon laquelle le reve­nu de base et le type de mon­naie dans lequel il serait ver­sé doivent for­mer un « tout concep­tuel insé­cable ». Si la seule forme moné­taire envi­sa­gée est celle que pro­duit actuel­le­ment le sec­teur ban­caire – et c’est l’hypothèse tra­ver­sant les cinq der­nières décen­nies de dis­cus­sion autour du pour et du contre d’un RBI qui fait la quasi‐unanimité –, ce reve­nu de base sera, par la force des choses, « sys­té­mi­que­ment cou­plé à une éco­no­mie où règne l’obligation de crois­sance engen­drée par ce mode de créa­tion moné­taire. Ce sera le cas même pour les citoyens qui choi­sissent d’utiliser le reve­nu de base comme outil pour exer­cer une cri­tique en actes du sys­tème. »

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Illustration : © Droits réser­vés.

Pourquoi il faut soutenir les livreurs UberEats, Deliveroo, etc.

Une tri­bune de Fabien Benoit pour Usbek & Rica cri­tique les pla­te­formes pré­da­trices qui inves­tissent tou­jours plus de mar­chés, semant la pré­ca­ri­té et l’exploitation dans leur sillage.

Ces ques­tions ne sont pas ano­dines, loin s’en faut. Elles rap­pellent le carac­tère radi­cal, rapace et car­nas­sier du capi­ta­lisme numé­rique d’inspiration cali­for­nienne. Elles nous rap­pellent que ces entre­prises de la « nou­velle éco­no­mie », comme on disait autre­fois, s’attaquent à tout ce qui res­semble de près ou de loin à de la soli­da­ri­té, du par­tage, de la jus­tice, qu’elles exploitent cyni­que­ment les failles du sys­tème et la fai­blesse des tra­vailleurs. Elles n’ont que faire du col­lec­tif et des indi­vi­dus. Et elles n’entendent pas spé­cia­le­ment res­pec­ter les lois.

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Illustration : © Usbek & Rica.

Un rapport annonce que la robotisation va entraîner une recrudescence de l’esclavage en Asie du sud‐est

Un article d’Annie Kelly pour The Guardian décrit un futur bien sombre pour les employé·es les moins qualifié·es, en com­pé­ti­tion avec les robots.

We know that in a couple of decades, robot manu­fac­tu­ring will replace many low‐skill jobs. Displaced wor­kers without the skills or capa­ci­ty to adapt will have to com­pete for a rapid­ly dimi­ni­shing sup­ply of low‐paid work in poten­tial­ly exploi­ta­tive condi­tions. This will lead to increa­sed risks of sla­ve­ry and traf­fi­cking across a region alrea­dy vul­ne­rable to these kind of abuses.”

Automation is alrea­dy revo­lu­tio­ni­sing manu­fac­tu­ring and lowe­ring labour costs for indus­tries across the world. The International Federation of Robotics esti­mates that next year ano­ther 250,000 indus­trial robots will come on to the mar­ket, with the capa­bi­li­ty to help pro­duce cars, elec­tro­nics and new machi­ne­ry.

[« Nous savons que dans quelques décen­nies, les robots rem­pla­ce­ront de nom­breux emplois peu qua­li­fiés. Les travailleur·euses touché·es qui n’ont pas les com­pé­tences ou la capa­ci­té de s’adapter seront en concur­rence pour des emplois fai­ble­ment rému­né­rés en dimi­nu­tion rapide, dans des condi­tions d’exploitation poten­tielles. Cela entraî­ne­ra une aug­men­ta­tion des risques d’esclavage et de traite dans une région déjà vul­né­rable à ce type d’abus ».

L’automatisation révo­lu­tionne déjà la fabri­ca­tion et réduit les coûts de main-d’œuvre pour les indus­tries du monde entier. La Fédération inter­na­tio­nale de robo­tique estime que l’année pro­chaine, 250 000 robots indus­triels sup­plé­men­taires arri­ve­ront sur le mar­ché, avec la capa­ci­té d’aider à pro­duire des voi­tures, de l’électronique et de nou­velles machines.]

Voir aus­si une tra­duc­tion en fran­çais sur le site de Paul Jorion.

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Illustration : © Hau Dinh/AP.

Le routier américain, une icône en voie de disparition

Un article de Julien Brygo pour Le Monde Diplomatique plonge dans le monde des camion­neurs éta­su­niens, alors que les véhi­cules sans chauf­feur pointent à l’horizon.

Le rap­port de Morgan Stanley place les rou­tiers en lea­sing, comme ceux de Long Beach, en tête des vic­times de la déré­gle­men­ta­tion du trans­port. « Ça ne se fera jamais, veut croire M. Andre Hart, qui conduit des camions de mar­chan­dises depuis dix‐sept ans. C’est déjà tel­le­ment dan­ge­reux sur les routes… Les ordi­na­teurs n’ont pas d’yeux. Avec les camé­ras, il y a des mau­vaises sur­prises tous les jours. » Arrive M. Gerald Daniels, coif­fure ras­ta jusqu’aux hanches et lunettes de soleil : « Bien sûr que ça se fera, lance‐t‐il. Au ter­mi­nal à conte­neurs de Long Beach, il n’y a déjà plus d’humains pour char­ger les camions. » À l’image de ces moissonneuses‐batteuses gui­dées par GPS (glo­bal posi­tio­ning sys­tem), de ces ton­deuses connec­tées qui tour­noient sur leur car­ré de pelouse ou encore de ces robots aspi­ra­teurs domes­tiques qui se déplacent seuls, les camions de demain seront « auto­nomes », pro­met la Silicon Valley.

Voir aus­si le repor­tage pho­to­gra­phique sur son site.

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Illustration : © Julien Brygo.

La France, bientôt un pays de (travailleurs) pauvres ?

Un article de Jean‐Christophe Sarrot pour ATD Quart Monde pro­pose une ana­lyse de la récente étude de la Dares.

Si le risque n’est pas que tout le monde se retrouve en CDD demain, cette bipo­la­ri­sa­tion pré­sente tout de même une dimen­sion insup­por­table et insou­te­nable : 9 tra­vailleurs sur 10 qui n’ont pas de CDI ne peuvent espé­rer y accé­der ; ils sont can­ton­nés aux CDD, emplois pré­caires qui, pour 2 à 3 mil­lions d’entre eux actuel­le­ment, ne per­mettent guère de dépas­ser le seuil de pau­vre­té.

Les poli­tiques publiques actuelles semblent inca­pables de cor­ri­ger ce phé­no­mène. Elles n’en parlent pas. Elles s’accommodent de ce modèle d’emploi « de crise » et apprennent à vivre avec, même si elles savent que cela risque de leur coû­ter la non‐reconduction de l’équipe au pou­voir, comme cela a été le cas pour François Hollande.

Elles parlent d› « emploi », sans dis­tin­guer le décent du pré­caire, sans dire que plus du second, ce n’est pas plus de salut, mais plus de pau­vre­té et d’insécurité face à l’avenir, comme en Allemagne, au Royaume‐Uni, aux États‐Unis, etc.

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Illustration : © ATD Quart Monde.

Revenu de base : Le mieux, c’est encore d’essayer

Un article de Philippe Mouret pour Dis‐Leur ! pré­sente le reve­nu de base et notam­ment l’initiative « Mon Revenu de Base » en cours.

Si l’idée d’un Revenu uni­ver­sel passe encore mal dans une France fri­leuse et où l’on est plus sou­vent envieux du voi­sin que dési­reux d’améliorer sa propre condi­tion, de plus en plus de pen­seurs et cher­cheurs s’intéressent au sujet. Et de nom­breux ouvrages y sont consa­crés. A lire de toute urgence, l’excellent Fuck Work ! – Pour une vie sans tra­vail, de l’Historien et essayiste James Livingston (coll. Champs Actuel – Flammarion, feuille­ter en cli­quant ICI) qui résume ain­si sa pen­sée : « Notre pro­duc­ti­vi­té nous tue à petit feu, et la pla­nète avec. Il est temps de prendre acte de ce qui est déjà une réa­li­té et de réflé­chir à la seule ques­tion qui vaille : à quoi res­sem­ble­ra notre vie, sans le tra­vail : Fuck Work ! »

Paru seule­ment en anglais (éd. Palgrave Macmillan) le livre Financing Basic income (Financer le reve­nu uni­ver­sel) sou­tient qu’un reve­nu de base d’un niveau décent est en fait finan­çable. Les contri­bu­teurs abordent le sujet du point de vue de trois pays dif­fé­rents (Canada, Suisse et Australie) pour répondre à l’objection qui dit qu’un pro­gramme uni­ver­sel visant à gar­der tous les citoyens au‐dessus de la ligne de pau­vre­té serait trop cher pour être appli­qué. Ils passent en revue l’éventail com­plexe des sources de reve­nu qui ren­draient le reve­nu de base fai­sable, de la valeur sous‐estimée des redon­dances des pro­grammes publics aux actifs publics nou­veaux et jusqu’ici non comp­ta­bi­li­sés. Autant de sources de réflexion…

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Illustration : © Droits réser­vés.

SWITZERLAND : Filmmaker and Village Collaborate to Plan “Basic Income” Trial

Un article en anglais de Kate McFarland pour Basic Income News fait le point sur l’initiative de la réa­li­sa­trice Rebecca Panian dans le vil­lage de Rheinau en Suisse.

To pre­clude misun­ders­tan­ding about what is hap­pe­ning in Rheinau, it should be stres­sed that the vil­lage is not enac­ting a basic income, nor is its govern­ment deli­be­ra­ting an imple­men­ta­tion of the poli­cy, nor is it run­ning a state‐sponsored trial. Moreover, to avoid pos­sible confu­sion, it is spe­ci­fi­cal­ly worth noting that this latest news from Rheinau is unre­la­ted to pre­vious­ly repor­ted dis­cus­sions of basic income pilots by Swiss poli­ti­cal bodies, such as the inves­ti­ga­tion of muni­ci­pal basic income pilots ini­tia­ted last year in near­by Zurich.

Instead, the news is this : the city coun­cil has agreed to per­mit an inde­pendent film­ma­ker Rebecca Panian to make the vil­lage the site of pri­va­te­ly fun­ded one‐year trial of a pro­gram simi­lar to basic income, invol­ving at least half of the town’s popu­la­tion, which would serve as the basis for a docu­men­ta­ry. The project’s main pur­pose is to pro­voke inter­est, dis­cus­sion, and fur­ther research into the idea of basic income.

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Illustration : CC BYNC 2.0 Wisi Greter.

Basic income could work — if you do it Canada‐style

Un article en anglais de Brian Bergstein pour le MIT Technology Review s’intéresse à l’expérimentation en cours à Lindsay en Ontario et à l’avis des béné­fi­ciaires.

If any place can illu­mi­nate both the advan­tages of basic income and the pro­blems it can’t solve, it will be Lindsay. The town is pros­pe­rous by some mea­sures, with a median hou­se­hold income of $55,000 and a his­to­ric down­town dis­trict where new condos and a craft bre­we­ry are on the way. But that masks how tough it is for a lot of people to get by. Manufacturing in the sur­roun­ding area, known as the Kawartha Lakes, has decli­ned since the 1980s. Many people juggle mul­tiple jobs, inclu­ding sea­so­nal work tied to tou­rism in the sum­mer and fall. Technology is part of the sto­ry too : robots milk cows now.

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Illustration : © Brian Bergstein.

Il faut agir contre la pauvreté

Un article de Jacinthe Laforest pour La Voix Acadienne rend compte d’une réunion publique sur la pau­vre­té alors que le gou­ver­ne­ment pro­vin­cial d’Acadie annonce vou­loir la réduire.

Le père Eddie Cormier, qui par­ti­ci­pait aux dis­cus­sions, trouve que tout effort ayant pour objec­tif de « réduire » la pau­vre­té est en par­tant mal orien­té. « Il ne faut pas viser à réduire la pau­vre­té. Il faut l’éliminer. Qu’a le gou­ver­ne­ment en tête ? Est‐ce une réduc­tion de 2 %, de 5 %, 10 % ou 50 %? De mon point de vue, on est capable d’éliminer la pau­vre­té », a insis­té le père Eddie Cormier. De nom­breuses per­sonnes dans le groupe ont men­tion­né qu’une solu­tion pos­sible, sinon LA solu­tion serait de rem­pla­cer tous les petits pro­grammes qui bouchent des trous ici et là par un pro­gramme de reve­nu de base garan­ti.

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Illustration : © Jacinthe Laforest.

Le RSA dans le viseur

Un article dans Politis revient sur l’offensive actuelle du gou­ver­ne­ment contre les droits des per­sonnes à très faibles reve­nus, allo­ca­taires du RSA.

Tout dou­ce­ment, l’exécutif pré­pare les esprits à une vieille idée de la droite : faire tra­vailler les allo­ca­taires du RSA. Dans un dis­cours pro­non­cé le 13 juin à la Mutualité fran­çaise, Emmanuel Macron dit vou­loir amé­lio­rer l’accompagnement des allo­ca­taires les plus éloi­gnés de l’emploi et res­pon­sa­bi­li­ser les autres, « qui peuvent reve­nir vers le tra­vail, mais que rien n’incite ni n’accompagne pour faire ce che­min ». Cela res­semble à une vieille marotte de la droite anti‐« assis­ta­nat », déjà appli­quée dans le dépar­te­ment du Haut‐Rhin, où les allo­ca­taires du RSA ont l’obligation de tra­vailler « béné­vo­le­ment » sept heures par semaine.

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Illustration : © Politis.

Un revenu de base en France ? « C’est possible et soutenable financièrement »

Un article de Yann‐Armel Huet pour Ouest‐France où le pré­sident du conseil dépar­te­men­tal d’Ile-et-Vilaine pré­sente sa vision de la démarche de 13 dépar­te­ments en faveur d’un reve­nu mini­mum.

« Le mon­tant dépen­dra d’un cer­tain nombre de choses, y com­pris par exemple de l’intégration ou non, des allo­ca­tions d’aide au loge­ment. L’objectif est de tendre vers quelque chose qui serait au‐dessus du seuil de pau­vre­té, soit aujourd’hui 845 €. Sur le prin­cipe, sinon, il s’agit bien, oui, de sim­pli­fier les dis­po­si­tifs exis­tants.
Ils sont très com­plexes. On parle sou­vent du coût et du trop grand nombre des aides sociales. Mais com­ment alors expli­quer qu’on a 9 mil­lions de Français sous le seuil de pau­vre­té ? La véri­té, c’est qu’en moyenne, 30 % des béné­fi­ciaires poten­tiels ne demandent pas les aides sociales. »

Comme de cou­tume, les pré­si­dents socia­listes appellent « reve­nu de base » leur démarche qui n’a rien d’inconditionnelle : il s’agit en réa­li­té d’un reve­nu mini­mum garan­ti pour les adultes.

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Illustration : © Philippe Renault.