Le revenu de base : pansement sur une jambe de bois ou solution ?

Un article en anglais d’Anna Dent pour la RSA s’interroge sur les bénéfices et les limites à attendre d’un revenu inconditionnel pour les travailleurs et travailleuses pauvres.

Basic income would supplement the income of people in low paid work, whether through reasons of under-employment, low wages, or insecure and unpredictable shifts and contracts. So it would have the immediate effect of increasing household income and providing more security and stability in income levels.

However, it would be open to the same arguments that apply to tax credits and housing benefit currently – that they are subsidising employers, enabling them to maximise profits by paying low wages, knowing that state benefits will pick up the slack. If employers can’t or won’t pay wages high enough to keep workers above the poverty line, paying a basic income might lift people out of poverty, but would it also have any impact on the structural issues in the labour market ?


Illustration : CC 0 Jon Tyson.

Comment s’émanciper des « boulots à la con » ? David Graeber disserte au Collège de France

Un article de Léa Casagrande pour Les Inrockuptibles revient sur l’intervention de David Graeber au Collège de France le 22 mars.

Les ébauches de réponses se situent, à l’instar de la double casquette de Graeber, à deux niveaux. Non seulement, dans la possibilité d’étudier les projets de transformations sociales à l’université, et c’est là l’enjeu de son récent ouvrage Pour une anthropologie anarchiste, qui ambitionne de tracer les prémices de ce qui pourrait devenir une « théorie radicale ».

Mais, également, dans des actions concrètes qui permettraient de modifier le paysage social, à l’instar du revenu de base universel que l’anthropologue perçoit non comme une finalité mais une transition vers une société qui ne serait plus sous le joug des « boulots à la con ».


Illustration : © Éric Piermont / AFP.

Les surfeurs de Malibu et le revenu de base

Un article de Robert Cauneau présente le débat philosophique entre Philippe Van Parijs et John Rawls autour du « surfeur » coupé de la société. Mérite-t-il un revenu de base ?

Rawls s’y montre opposé : « Prenons les surfeurs de Malibu. S’ils passent leurs journées à faire du surf, il ne serait tout de même pas juste de demander à la société de subvenir à leurs besoins ! »

Derrière cette controverse, une question fondamentale est donc posée : faute de réciprocité, le revenu de base est-il moral ?

Parfois qualifié avec humour d’« avocat des surfeurs », Van Parijs n’a de cesse par la suite de réfléchir à cette objection et d’y proposer des réponses.


Illustration : CC 0 AQUACHARA.

Les tournois de l’Académie : « Revenu universel : danger ou solution ? »

Une émission animée par Florence Hainaut et Bruno Coppens sur la RTBF présente et met en débat le revenu sans condition. Pendant 1h45, l’émission enchaîne les interventions et les points de vues.

Tour à tour, un étudiant, une personne de la société civile et un expert viendront pendant 2 fois 5 minutes exprimer leur point de vue sur la question. Sans tabou et sans censure, tous les arguments sont permis ! Pour en débattre, des personnalités aux avis divergents, Philippe Van Parijs, docteur en philosophie de l’université d’Oxford et docteur en sociologie de l’Université Catholique de Louvain et Anne Eydoux, maîtresse de conférences au Cnam, chercheuse au Centre d’études de l’emploi et du travail (CEET) et au Laboratoire interdisciplinaire de sociologie économique (Lise). Mais aussi des représentants de la société civile, notamment Philippe Defeyt et François Perl.


Illustration : © RTBF.

Aide sociale : ce sera un revenu de base lorsqu’il sera universel et inconditionnel

Un communiqué du Front commun des personnes assistés sociales du Québec (FCPASQ) revient sur la qualification abusive de « revenu de base » pour désigner le projet de loi récemment présenté au Québec.

Ce faux revenu de base est l’introduction d’une nouvelle catégorie à l’aide sociale qui garantit une différence de traitement. Si les personnes en situation de handicap ont des besoins particuliers, elles partagent avec l’ensemble des personnes assistées sociales des préoccupations communes : suffisamment d’argent pour vivre, subir moins de préjugés et avoir accès à des mesures d’employabilité et d’intégration sociale adaptées à leur réalité. Or, actuellement, chaque programme est traité différemment et cela crée des injustices.


Illustration : FCPASQ.

Amartya Sen et le revenu de base

Un article de Robert Cauneau présente la pensée de l’économiste et philosophe Indien, en lien avec un revenu sans condition.

Il se démarque des autres penseurs « libéraux-égalitaires », notamment de John Rawls, en considérant, d’une part, que la justice sociale est moins une affaire de principes et de règles, de procédures idéales pour obtenir une diminution des inégalités, qu’une démarche concrète et pragmatique de lutte contre les inégalités et, d’autre part, que l’octroi de droits formels est tout à fait insuffisant pour assurer la justice sociale, ce qui nécessite la prise en compte des « capabilités » des individus.


Illustration : CC BY-SA 2.0 Fronteiras do Pensamento.

Le revenu universel, la solution aux inégalités homme-femme ?

Un article de Genevieve Shanahan et Mark Smith pour The Conversation se penche sur les promesses et les riqsues d’un revenu sans conditions, en matière d’inégalités entre les sexes.

À terme, un revenu universel pourrait constituer un outil efficace pour traiter les symptômes résultant des inégalités salariales et du déséquilibre dans l’accès au marché du travail. Toutefois, il ne s’attaque pas aux causes sous-jacentes desdites inégalités. Pour véritablement briser les inégalités tenaces entre les sexes, une série de mesures devraient être prises. Il faudrait notamment cibler les hommes et leur comportement dans le domaine du travail, à la fois rémunéré et non rémunéré.


Illustration : © Shutterstock.