Quel avenir pour le travail : perspectives et utopies

Une rencontre organisée par la BPI le 11 juin au Centre Pompidou s’intéressera aux évolutions actuelles de l’emploi : robotisation, transformations, travail à la tâche…

Il est aujourd’hui certain que de nombreux emplois sont amenés à disparaître. La faute aux robots, à l’automatisation, à l’intelligence artificielle, à la standardisation, etc. Dans le même temps de nouveaux métiers se dessinent à l’horizon, tout comme des perspectives d’organisation sociale et de modèle économique renouvelés, intégrant la notion de revenu de base ou revenu participatif.

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Illustration : © MUSE Trento.

Le revenu universel : une bonne idée ?

Un article d’Amal pour Blooming You présente la conception du revenu inconditionnel qu’Abdennour Bidar défend dans son livre Libérons-nous !.

5 propositions concrètes pour la mise en place du revenu universel :

1. Fixer le revenu universel à un niveau supérieur des « minima sociaux » ou du « salaire minimum », ces pseudo-fils de sécurité qui ne font qu’engluer l’individu dans la précarité. Pour la France à 1500 euros (3000 pour un couple), et dans chaque pays à un seuil permettant à l’individu de mener une vie décente.

2. Ouvrir partout au niveau local, ainsi que sur les réseaux sociaux, des maisons et des forums du temps libéré, offrant des espaces de discussion réelle ou virtuelle où tous pourront réfléchir ensemble au sens de ce temps libéré et à ce qu’ils veulent faire du revenu universel. Ainsi pour tous les individus trop ancrés dans notre cité des travailleurs, ces réseaux d’entraides les aideront à s’adapter à leur nouvelle cité.

3. Mettre en place une instauration différenciée du revenu universel, en le proposant automatiquement aux chômeurs, aux jeunes, retraités, malades, personnes handicapées ou invalides, et en l’octroyant sur demande à tous ceux qui désirent quitter leur emploi, sans à se justifier.

4. Tout au long de la scolarité, faire de l’initiation à la liberté l’objectif majeur de l’Ecole, de telle sorte qu’à l’âge adulte, la personne ne se retrouve pas perdue dans la civilisation du temps libérée mais dotée d’une capabilité réelle d’autodétermination. C’est une idée qui apparait déjà dans certaines écoles de l’Education de demain.

5. Créer un nouvel écosystème de civilisation repensé et réorganisé pour faire contribuer toutes nos structures sociales au service d’un objectif : offrir à chacune et chacun les moyens de consacrer son temps libéré à la culture de son humanité. C’est par cette culture du savoir-être, de l’introspection, et de la contemplation que nous basculerons vraiment dans la cité des philosophes.

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Illustration : © Getty Images.

Revenu universel, de l’utopie au programme politique

Une émission de La Grande table sur France Cuture où Baptiste Mylondo et Guillaume Allègre débattent du revenu inconditionnel.

À la fois mis en lumière et discrédité dans la dernière campagne présidentielle, porté par le socialiste Benoit Hamon, il en est ressorti lessivé, ne subsistant qu’une version « édulcorée » d’un revenu universel qui ne demande qu’à revivre dans l’esprit de ses partisans.

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Illustration : Le Jardin des délices (détail) CC 0 Jérôme Bosch.

Benjamin Griveaux, pêcheur à la dérive

Un article de Romaric Godin étrille la communication du gouvernement, qui cherche à gommer l’image de « président des riches » que se traîne Emmanuel Macron.

Derrière sa sollicitude, Benjamin Griveaux dissimule donc cette vision classique d’un homme pauvre assisté et ignare chère à la droite. La réalité est bien différente : les chômeurs français, dont la moitié ne sont pas indemnisés, veulent dans leur immense majorité, trouver un emploi ou une formation qui permet de trouver un emploi.

Mais à quoi bon se former lorsque l’emploi manque ? À quoi bon travailler lorsque l’on est malgré tout pauvre en travaillant ? Benjamin Griveaux n’a donc jamais entendu parler de ces « travailleurs pauvres » dont l’existence même devrait faire oublier l’aphorisme de Confucius ? Ce que le pouvoir actuel ne dit jamais, ce qu’il oublie toujours à dessein, c’est que ce ne sont pas les chômeurs et les salariés qui ont conduit la France à la perte de compétitivité économique et qui l’ont enfermé dans un niveau de gamme intenable.

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Illustration : CC 0 Przemysław Sakrajda.

Comment le revenu universel est devenu de gauche

Un article de Marc-Antoine Sabaté pour AOC Media analyse la progression de l’idée de revenu universel au sein de la famille politique social-démocrate, et les contradictions des actuels projets d’expérimentation avec les valeurs de la gauche.

S’il y a donc de multiples manières d’envisager l’inconfort socialiste à l’égard du revenu universel, le cœur du problème peut sans doute être résumé ainsi : son inconditionnalité serait incompatible avec une théorie du social où la division du travail est, de fait, ce qui donne consistance à la société, forme sa solidarité organique et où, par conséquent, les droits ne peuvent être fondés que sur les positions que les individus y occupent, afin d’assurer à chacun.e une émancipation dans l’intégration.

Que penser, dès lors, de la proposition actuellement portée à gauche ? Lesdits promoteurs d’une expérimentation locale listent six objectifs : « résorber la grande pauvreté et assurer un niveau de vie minimal » ; « réduire le non-recours aux prestations sociales » ; « favoriser l’autonomie du projet de vie » ; « réduire la stigmatisation » ; « simplifier le système social » ; « faciliter le retour à l’emploi ».

On retrouve ici quelques-uns des arguments consacrés. Qu’en est-il cependant de la réduction des inégalités ou de la redistribution des richesses ? Suffit-il par ailleurs de suggérer qu’il faciliterait le retour à l’emploi pour le rendre compatible avec une défense solidariste de l’aide sociale ? Rien n’est moins sûr, tant cet argument repose sur une perception individualisée des causes du chômage. Il ne s’agit certes pas de dénoncer des chômeurs irresponsables, refusant de se remettre au travail. Mais la logique n’est pas différente, l’argument est simplement pris dans l’autre sens : au-delà du manque structurel d’emplois, le chômage est dû à un ensemble de désincitants économiques. Il faut rendre le travail payant.

Et il reste donc là l’intuition que c’est individuellement, en s’appuyant sur ce socle inconditionnel, que les chômeurs pourront se rediriger vers l’emploi. On perçoit bien-sûr l’attrait d’une telle approche : rien ne semble plus insupportable que l’idée de ne pas pouvoir décider, pour soi-même, du sens que l’on entend donner à son existence et des moyens à mettre en œuvre pour y parvenir. Le danger est pourtant d’oublier les conditions sociales de l’exercice de cette liberté-responsabilité. C’est pourquoi la revendication d’un revenu universel ne devrait pas être dissociée de celle d’un accompagnement des personnes sans emploi. Accompagnement que les économies de contrôle social liées à sa mise en place pourraient d’ailleurs permettre de repenser.

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Illustration : © AOC Media.

« Earning a Living » and the Dilemma of Unpaid Work

Un article en anglais de D. JoAnne Swanson sur son site détaille les souffrances liées à l’emploi subi, et la libération potentielle du travail avec un revenu de base inconditionnel.

It’s deeply ironic that one of the most common objections to UBI is a fear that people wouldn’t work. Only a culture deeply invested in the notion that remunerative work must entail suffering would entertain such a preposterous idea so widely and seriously. The truth is just the opposite : UBI enables work. It’s an investment in human potential. It’s a vote for a world where work is done by true consent, rather than by coercion born of the need to « earn a living » and the struggle to survive. It frees us up to do things we enjoy, instead of just taking any job to pay the bills. It enables us to do valuable unpaid creative work, domestic work, or caring labor without having to go hungry or stay in unhealthy relationships for financial reasons. Not having UBI is in fact preventing a lot of us – myself included – from working to our full potential.

It’s helpful to acknowledge that there’s a difference between jobs and work. Upon receiving UBI, undoubtedly many people would quit jobs they hate, or jobs they’ve taken mostly for a paycheck. But very few would stop working altogether.

With UBI, jobs would be freed up for people who actually want them, and those of us who do unpaid work wouldn’t be forced to compete with them for those jobs.

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Illustration : © The Anticareerist.

Le revenu de base : parcours du combattant

Un article du Collectif pour un Québec sans pauvreté dans La Soupe du caillou fait le point sur les difficultés à franchir pour pouvoir prétendre au soi-disant « revenu de base » du projet de loi à l’étude.

Certes, ce parcours donne droit, si on réussit à passer à travers toutes les épreuves, à un revenu de base correspondant à la Mesure du panier de consommation, soit environ 18 000 $ par année pour une personne seule. Ce qui est pas mal mieux que n’importe quelle prestation d’assistance sociale à l’heure actuelle. Mais fallait-il absolument rendre l’obtention de ce revenu de base aussi compliquée, considérant que, du point de vue des droits humains, la MPC devrait être le barème plancher ?

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Illustration : © Collectif pour un Québec sans pauvreté.