« Earning a Living » and the Dilemma of Unpaid Work

Un article en anglais de D. JoAnne Swanson sur son site détaille les souffrances liées à l’emploi subi, et la libération potentielle du travail avec un revenu de base inconditionnel.

It’s deeply ironic that one of the most common objections to UBI is a fear that people wouldn’t work. Only a culture deeply invested in the notion that remunerative work must entail suffering would entertain such a preposterous idea so widely and seriously. The truth is just the opposite : UBI enables work. It’s an investment in human potential. It’s a vote for a world where work is done by true consent, rather than by coercion born of the need to « earn a living » and the struggle to survive. It frees us up to do things we enjoy, instead of just taking any job to pay the bills. It enables us to do valuable unpaid creative work, domestic work, or caring labor without having to go hungry or stay in unhealthy relationships for financial reasons. Not having UBI is in fact preventing a lot of us – myself included – from working to our full potential.

It’s helpful to acknowledge that there’s a difference between jobs and work. Upon receiving UBI, undoubtedly many people would quit jobs they hate, or jobs they’ve taken mostly for a paycheck. But very few would stop working altogether.

With UBI, jobs would be freed up for people who actually want them, and those of us who do unpaid work wouldn’t be forced to compete with them for those jobs.

Source


Illustration : © The Anticareerist.

Conférence : Travail et emploi à l’ère du capitalisme de plateforme, à Paris les 5 et 6 juin

L’université Paris Dauphine accueille le premier colloque international organisé par le programme de recherche Capla, « Fragmentation du travail, marchandisation du « travail à-côté » : le capitalisme de plate-forme et ses impacts sociaux ».

Continuer la lecture de « Conférence  : Travail et emploi à l’ère du capitalisme de plateforme, à Paris les 5 et 6 juin »

Avec les robots, une vie sans travail ?

Un article d’Alain Véronèse sur le blog de Guy Valette recense deux ouvrages récents : Robotariat de Bruno Teboul et Fuck Work ! de James Livingston.

Un aperçu de ses propos sur Robotariat, critique de l’automatisation de la société :

L’argumentation serrée entend combiner et l’instauration d’un revenu de base (ou universel) et une importante réduction du temps de travail. La conjonction des deux revendications est assez rare : trop souvent les partisans du revenu de base (tel le MFRB) « oublient » la réduction du temps de travail, et les militants de la réduction du temps de travail, souvent d’obédience marxiste (J.-M. Harribey, M. Husson) dénonce l’illusion du revenu de base et les dangers d’une subvention offerte au patronat…

Puis à propos de Fuck Work !, pour une vie sans travail :

Le style de Livingston (tel que traduit par Pierre Vesperini) au service d’une argumentation construite ouvre de nouvelles lignes d’horizon capable de mettre en marche les populations délaissées par les disruptions capitalistes, c’est à dire les surnuméraires et autres « inutiles au monde », dont les « premiers de cordée » tirent les ficelles…


Illustration : CC0 Jeremy Avery.

Féminisme et refus du travail. Entretien avec Kathi Weeks

Entretien Kathi Weeks

Un entretien de Kathi Weeks réalisé par George Souvlis et traduit en français sur Contretemps revient sur de grands pans de sa pensée : le féminisme et le marxisme contre l’exploitation, ainsi que le refus du travail pour combattre le patriarcat et le capitalisme.

Dans cette perspective, elle défend également l’idée du revenu de base, sans illusion sur les différentes formes qu’il peut prendre.

J’interprète l’intérêt croissant du revenu de base dans un spectre politique large comme une avancée positive. Voilà comment je vois les choses : la revendication d’un revenu de base est une revendication de gauche, bien que cela dépende des termes dans lesquelles est formulée cette revendication ; cependant la forme politique que peut prendre cette revendication n’a rien de simple.

Le fait que cela puisse ou non améliorer les conditions de vie d’une partie importante des travailleurs.euse.s, dépend de plusieurs aspects, et en particulier du montant du revenu prévu. S’il est trop bas, cela risque de subventionner le patronat qui propose des revenus bas aux travailleur.euse.s, en faisant du revenu de base un complément de salaire.

La revendication que je défends est celle d’un revenu minimum pour vivre convenablement et qui, tant que cela permet aux travailleurs.euses de quitter un travail salarié, même de façon temporaire, pourrait forcer de tels patrons à offrir des salaires et des conditions meilleures. Cela étant dit, la forme politique de cette revendication est comme je l’ai dit compliqué, car il est plus que probable qu’une fois mis en place, ce revenu de base sera d’abord institué à un montant bas. Il sera ensuite nécessaire d’additionner nos efforts pour lutter en faveur d’une augmentation de son montant.


Illustration : © DR.

« On veut lire, pas travailler » : quand Frédéric Lordon, Alain Damasio et des syndicalistes déconstruisent le travail

Tout le monde déteste le travail

Un article d’Amélie Quentel pour Les Inrockuptibles revient sur la journée du 27 janvier organisée autour du thème « Tout le monde déteste le travail » à Paris.

Il est clair que, durant cette journée, un distinguo fort est en tout cas fait entre “travail” et “emploi”, avec, comme l’assure Damasio, la nécessité de réfléchir à “comment sortir de cette fabrique du travailleur comme figure essentielle” et de “repenser tout le rapport de l’Occident à l’activité”. En somme, d’opérer un déplacement dans la conception communément admise de ce que serait le travail, alors même que des activités porteuses de sens, non-reconnues – car non créatrices de valeur économique – pourraient justement l’être si advenait un changement de paradigme. Deux heures d’échanges sur le thème “s’organiser au-delà du salariat” ont ainsi lieu dans l’auditorium de la Bourse du travail, avec notamment des zadistes de Notre-Dame-des-Landes et des syndicalistes de Nantes s’exprimant sur leur désir de “tenir l’économie en dehors des rapports de solidarité” et de “transmettre des savoirs en dehors du cadre d’habitude imposé par le travail”.


Illustration : © AQ.

Alain Damasio : « Il faut rendre à nouveau la révolution désirable »

Alain Damasio

Un entretien d’Alain Damasio avec Guillaume Ledit d’Usbek & Rica revient sur les raisons qui poussent l’écrivain à s’engager. Au sommaire notamment : le travail, la technologie et le revenu universel.

Dans une interview autour de l’exposition « Extravaillance », vous estimiez qu’il fallait « faire le deuil d’une conception totalement absurde du travail ». Comment passer dans le « postcapitalisme » que vous appelez de vos voeux ? Et en se projetant, à quoi pourrait ressembler le travail et les travailleurs à l’horizon 2030 ?

La réponse la plus facile aujourd’hui, à mon sens, c’est le revenu universel. Avec toutes les équivoques de la mesure et l’ampleur du piège que ça peut représenter en terme de contrôle accru des populations. Il y aura là un vrai combat s’il est mis en place, notamment parce que la droite va tenter d’y intégrer le maximum d’allocations et de le fixer au niveau le plus bas. Ce combat doit être mené, mais je pense qu’il y a un seuil de revenu mensuel où on pourrait se retrouver délié de l’obligation de travailler.

On est arrivé à un stade où l’humanité est en mesure, grâce aux évolutions techniques notamment, de couper le lien entre revenu et mérite : on mérite d’être rémunéré même en ne travaillant pas. Si on coupe cette aliénation fondamentale sur laquelle repose une partie de la force du capitalisme, on libère un temps crucial pour les gens, qui peuvent alors s’occuper des autres ou militer, créer, générer des alternatives et du vivant.


Illustration : CC BY-SA 3.0 Adrien Barbier.

Ô Boulot : l’expo qui repense le travail

Ô boulot

Un article de Rémi Lévêque pour Usbek & Rica présente l’exposition « Ô Boulot », à découvrir au MAIF Social Club à Paris jusqu’en avril.

Bientôt, la robotisation et le numérique, couplés au désintéressement croissant pour certaines catégories professionelles modifieront considérablement le monde du travail tel que nous le connaissons. Pour ne rien arranger, selon une autre étude relayée par The Guardian, la robotisation permettrait de réduire de 90 % le coût du travail d’un salarié, quand la délocalisation diminue ce coup de « seulement » 65 %.

En s’appuyant sur ce constat, le Maif Social Club, espace parisien de « rencontre artistique et sociétale », propose de découvrir jusqu’au 28 avril 2018 une réflexion artistique sur la façon dont nous travaillerons demain.


Illustration : © MAIF.

Journée de rencontres/échanges « Tout le monde déteste le travail »

Tout le monde déteste le travail

Une journée de rencontres et d’échanges se tient le 27 janvier à la bourse du travail à Paris autour du travail. Pour qui en a, en cherche, l’évite, s’organise au delà…

Et si l’on suivait cette intuition : dans l’économie si politique qui nous tient, il importe au fond moins de produire des marchandises ou des services que de produire cette forme : les travailleurs. Cette forme de vie qui nous imprime un certain rapport à soi, aux autres et au monde dont on peine tant à se déprendre.

Sous le Macronomicon, cette forme prend sans surprise un nouveau design : les angles et les courbes de l’auto-entrepreneur, de « l’indépendante » — dans sa version premium. L’être qui se doit à la fois d’être le producteur, le produit et le service commercial du produit qu’il vend, à savoir lui-même.

En version standard, la nôtre, bienvenue dans l’existence du… crevard !

Programme :

Dans l’auditorium · Rencontres & débats ouverts

9H30 · 12H « Ressource humaine toi-même ! » ou le néo-management comme art de gouverner. Avec Danièle Linhart, sociologue, des employés syndicalistes SUD en lutte d’Orange et de Lidl et Patrick Cingolani, également sociologue.

12H30 · 15H « Fin du travail, vie sous contrôle » ou l’offensive technologique du capital. Avec Detlef Hartmann, avocat et militant, la campagne « Make Amazon pay ! », Ariel Kyrou, adepte du revenu universel, Callum Cant, livreur Deliveroo, membre du syndicat IWGB, le collectif du CLAP des livreurs « autoentrepreneurs » et le collectif Blablagrève, plateforme de défense des travailleuses/eurs.

15H · 17H30 « S’organiser au delà du salariat » Une assemblée autour de la question « De quels moyens avons-nous besoin de nous doter ? Quels obstacles nous faut-il renverser ? » Avec des camarades de la ZAD et des UD syndicales de Nantes, Matthieu Hély, sociologue et des salariés syndiqués du secteur associatif autour du vrai visage de l’économie sociale
et solidaire.

Dans la salle de réunion · Interventions & rencontres

9H30 · 10H30 « Le travail sans capitalistes ni rentiers : débat autour de quelques propositions misarchistes » avec Emmanuel Dockès.

10H30 · 11H30 « Sortir les parasols » avec Frédéric Lordon.

11H30 · 12H30 « Le sens du combat » avec Sidi Mohammed Barkat.

12H30 · 13H30 « La religion industrielle : de la matrice monacale à l’empire
du management » avec Pierre Musso.

13H30 · 14H30 « Autonomie italienne et refus du travail » avec Franco Piperno.

14H30 · 15H30 « Refus du travail et illégalité en France dans les années 1970/80 » par Alèssi Dell’Umbria.

15H30 · 16H30 « Au bal des actifs : la science-fiction face au futur du travail » avec Zanzibar (Alain Damasio, Catherine Dufour, Norbert Merjagnan…).

16H30 · 17H30 « Les boulots de merde : partage d’expériences », avec Olivier Cyran.

Dans les couloirs, les halls & trois petites salles

Projections de fims et documentaires sur le travail, clameurs vocales, cut-up, fictions radiophoniques du collectif Zanzibar sur l’avenir du travail, atelier de création de récits, atelier de confection d’affiches, rencontres approfondies et discussions informelles.

Puis une soirée festive à Aubervilliers.


Illustration : © Chasse aux DRH.

Should we worry about Basic Income earners slacking ?

Should we worry about Basic Income earners slacking?

Une tribune (en anglais) d’Aleksander Masternak pour Basic Income News s’intéresse à l’une des peurs associées au revenu de base : « Les gens ne voudront plus travailler ! ».

Pour lui, cette peur est largement injustifiée, la littérature scientifique récente montrant plutôt une volonté des individus à avoir des activités, qu’elles soient rémunérées ou non.

Individuals work for reasons far exceeding the need to earn subsistence. Unfortunately, despite years of technological development and raised standards of living, individuals are still thought only capable of being motivated to work through the deprivation of their physiological needs. Empirical evidence suggests people care about their work for more than just earning a wage. When the labour market does not offer a sufficient supply of meaningful work that a labourer can take on, earning subsistence seems to take precedence. Systematically denying individuals meaningful work, however, could be detrimental to the individual’s capacity of devising and pursuing their conception of the good life.


Illustration : © Kurzgesagt.

Et voilà le travail !

Et voilà le travail !

Un dossier réalisé par la Coordination des médias libres analyse le travail aujourd’hui.

Édito :

Il y a eu la loi Travail, avec ses nuits debout et ses cortèges de tête, imposants, menaçants, la contre-attaque pointait le bout de son nez.

Et puis, nous voilà un an après, Emmanuel Macron élu, les ordonnances sur le travail sont signées, difficile de voir ce qui pourrait empêcher leur ratification cette semaine dans une Assemblée nationale au garde-à-vous.

Pourquoi aussi peu de réactions ? Pourquoi le grand mouvement social ne s’est-il pas levé contre ce nouveau projet de société ?

Au-delà des circonstances post-électorales, c’est surtout que des mutations profondes du travail sont déjà à l’œuvre, et depuis longtemps. Attentifs aux mouvements de la société, à ce qui se passe en arrière-plan dans ce monde qui bouge souvent trop vite, nos médias libres observent depuis longtemps ce qu’on appelle aujourd’hui l’uberisation de la société : une concurrence de plus en plus généralisée, un travail découpé en micro-tâches, le plus souvent mal rémunérées, et avec la disparition progressive des droits sociaux. Et pour cause, nous-mêmes comme les autres entreprises du secteur de l’économie sociale et solidaire, nous y sommes directement confrontés.

La plupart de nos médias libres sont déjà dans cette précarité : temps partiels complétés par un boulot alimentaire, contrats (de moins en moins) aidés, pigistes payés largement en dessous, voire bénévolat à outrance. Bref, comme le secteur public, comme le social et l’associatif, nous n’échappons pas à cette vague.

Qu’en conclure ? Que malgré tout, loin des radars des médias dominants, nous repérons et expérimentons ce qui germe, des idées neuves ou anciennes. Nous racontons les alternatives concrètes. Nous donnons la parole à et celles et ceux qui refusent de se soumettre à cette marche forcée ou choisissent d’arrêter de travailler.

C’est à ce grand voyage dans les mondes du travail que la Coordination permanente des médias libres vous invite pour son troisième grand dossier, avec la contribution d’une vingtaine de médias libres, joyeux et indépendants.

Source : Et voilà le travail !, un dossier réalisé par la Coordination nationale des médias libres.


Illustration : © Coordination des médias libres.