Alain Damasio : « Il faut rendre à nouveau la révolution désirable »

Un entre­tien d’Alain Damasio avec Guillaume Ledit d’Usbek & Rica revient sur les rai­sons qui poussent l’écrivain à s’engager. Au som­maire notam­ment : le tra­vail, la tech­no­lo­gie et le reve­nu uni­ver­sel.

Dans une interview autour de l’exposition « Extravaillance », vous estimiez qu’il fallait « faire le deuil d’une conception totalement absurde du travail ». Comment passer dans le « postcapitalisme » que vous appelez de vos voeux ? Et en se projetant, à quoi pourrait ressembler le travail et les travailleurs à l’horizon 2030 ?

La réponse la plus facile aujourd’hui, à mon sens, c’est le reve­nu uni­ver­sel. Avec toutes les équi­voques de la mesure et l’ampleur du piège que ça peut repré­sen­ter en terme de contrôle accru des popu­la­tions. Il y aura là un vrai com­bat s’il est mis en place, notam­ment parce que la droite va ten­ter d’y inté­grer le maxi­mum d’allocations et de le fixer au niveau le plus bas. Ce com­bat doit être mené, mais je pense qu’il y a un seuil de reve­nu men­suel où on pour­rait se retrou­ver délié de l’obligation de tra­vailler.

On est arri­vé à un stade où l’humanité est en mesure, grâce aux évo­lu­tions tech­niques notam­ment, de cou­per le lien entre reve­nu et mérite : on mérite d’être rému­né­ré même en ne tra­vaillant pas. Si on coupe cette alié­na­tion fon­da­men­tale sur laquelle repose une par­tie de la force du capi­ta­lisme, on libère un temps cru­cial pour les gens, qui peuvent alors s’occuper des autres ou mili­ter, créer, géné­rer des alter­na­tives et du vivant.


Illustration : CC BYSA 3.0 Adrien Barbier.

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