L’intelligence artificielle, un choc industriel

Un article reproduit sur le blog de Paul Jorion extrait du dossier « Les révolutions de l’intelligence » dans le numéro 26 de Papiers, s’intéresse aux évolutions de l’informatique et de la robotisation et leur effet sur l’emploi.

La Chine lance un programme pour remplacer ses fermiers par des robots

Un article de Mathilde Simon pour Usbek & Rica présente l’ambitieuse expérimentation de robotisation agricole lancée dans la région de Jiangsu.

L’objectif est surtout de permettre de meilleurs rendements à moindre coût. Dans le cadre d’un reportage sur l’industrialisation de l’économie agronome chinoise, National Geographic a rencontré en février Liu Lin. Le jeune entrepreneur y raconte que ses machines européennes et américaines permettent de produire, en quatre heures, le travail que 30 travailleurs auraient mis une vingtaine de jours à faire. Le tout manipulable depuis un smartphone.

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Illustration : © Shutterstock.

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Un rapport annonce que la robotisation va entraîner une recrudescence de l’esclavage en Asie du sud-est

Un article d’Annie Kelly pour The Guardian décrit un futur bien sombre pour les employé·es les moins qualifié·es, en compétition avec les robots.

“We know that in a couple of decades, robot manufacturing will replace many low-skill jobs. Displaced workers without the skills or capacity to adapt will have to compete for a rapidly diminishing supply of low-paid work in potentially exploitative conditions. This will lead to increased risks of slavery and trafficking across a region already vulnerable to these kind of abuses.”

Automation is already revolutionising manufacturing and lowering labour costs for industries across the world. The International Federation of Robotics estimates that next year another 250,000 industrial robots will come on to the market, with the capability to help produce cars, electronics and new machinery.

[« Nous savons que dans quelques décennies, les robots remplaceront de nombreux emplois peu qualifiés. Les travailleur·euses touché·es qui n’ont pas les compétences ou la capacité de s’adapter seront en concurrence pour des emplois faiblement rémunérés en diminution rapide, dans des conditions d’exploitation potentielles. Cela entraînera une augmentation des risques d’esclavage et de traite dans une région déjà vulnérable à ce type d’abus ».

L’automatisation révolutionne déjà la fabrication et réduit les coûts de main-d’œuvre pour les industries du monde entier. La Fédération internationale de robotique estime que l’année prochaine, 250 000 robots industriels supplémentaires arriveront sur le marché, avec la capacité d’aider à produire des voitures, de l’électronique et de nouvelles machines.]

Voir aussi une traduction en français sur le site de Paul Jorion.

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Illustration : © Hau Dinh/AP.

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Et si l’on se débarrassait une fois pour toutes de l’emploi ?

Une tribune de Daniel Kaplan pour Usbek & Rica, la troisième de la série « Boulofictions », pose la question suivante : si les robots se substituent aux humains dans la plupart des tâches, que pourrions-nous bien faire de nos vies ?

Il serait évidemment préférable de se remettre en quête du sens de ce que l’on nomme encore aujourd’hui « travail ». On ne peut cependant pas s’en tirer par des expressions toutes faites telles que « créativité » ou « empathie », puisqu’on fait aujourd’hui toutes sortes d’efforts pour doter les robots et les IA de ce type de capacités.

Alors, où trouver ce sens ? D’abord en soi, comme une forme d’expression, de réalisation de soi par le biais d’une forme de production, pas nécessairement marchande, voire de liberté par rapport à la consommation…


Illustration : © Usbek & Rica.

Et si la robotisation précédait le robot ?

Une tribune de Daniel Kaplan pour Usbek & Rica poursuit son exploration du projet collaboratif WORK+, cette fois en s’interrogeant sur les robots : d’où viennent-ils, où vont-ils, que veulent-ils – ou plutôt, de quelles intentions sont-ils les outils ?

Les robots n’apparaissent pas spontanément dans les entreprises. Ils sont le produit de décisions délibérées et coûteuses qui s’inscrivent dans un mouvement engagé depuis des décennies : taylorisation, interconnexion globalisée des chaînes d’approvisionnement, externalisation de fonctions de plus en plus nombreuses et essentielles, formalisation toujours plus poussée des processus et des indicateurs de performance…

Le robot couronne la réalisation d’un programme dont la fonction semble être de substituer aux relations entre humains (collaborateurs, clients, fournisseurs…) des relations entre entités et fonctions, représentées par les systèmes d’information et communiquant au travers de contrats et d’interfaces programmées.


Illustration : © Usbek & Rica.

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Comment la fiction nous aide-t-elle à penser les futurs du travail ?

Une tribune de Daniel Kaplan pour Usbek & Rica présente le projet collaboratif WORK+ : 150 « fragments » fictionnels et artistiques autour de l’avenir du travail.

Ces matériaux traitent également de beaucoup d’autres sujets que le rapport entre travailleurs humains et robots : le quotidien du travail, la forme et le rôle des entreprises, ses espaces et ses temps, son sens ou son absence de sens, son rôle dans l’acquisition d’un statut social, ou encore les nouvelles formes d’exploitation (du travail ultraprécaire sur les plateformes numériques aux mères pondeuses du roman et de la série La Servante écarlate), les compétences et savoir-faire du futur, la perspective du revenu universel ou bien de nouvelles monnaies


Illustration : © Usbek & Rica.

The Future of Jobs: Working on Being Human

Une tribune en anglais de Michael Laitman pour Basic Income applaudit le transfert de tâches humaines vers les robots. Une révolution heureuse pour l’auteur, à condition qu’on octroie parallèlement à tou·te·s les moyens de vivre, indépendamment d’un salaire.

The sooner we acknowledge the inevitable redesign of our socio-economic infrastructure, in a way that jobs will no longer exist in the same sense as before, we will come to grips with the necessity to provide for the basic needs of all members of society.

Whether we do it through some form of Universal Basic Income, or any other technical mechanism, we must understand that a change of social values is the core issue at hand: Every country’s leadership must acknowledge that looking out for the basic needs of every citizen—food, shelter, clothing, education and health—is their top priority.


Illustration : CC 0 Raysonho.

Demain, les robots tailleront nos vêtements sur mesure

Un article de François Leclerc présente les plans de l’entreprise Levi Strauss pour automatiser largement sa production textile.

Levi Strauss prépare pour demain l’usine globale d’après-demain. Une légion de robots va être mise en place afin de remplacer, dans le monde entier et dès 2020, les employés chargés de la coupe et de la finition des jeans de la marque.

Soumise à une forte concurrence et voyant ses marges se réduire, le management de l’entreprise va radicalement faire évoluer son processus de production. En termes de productivité, l’objectif est d’assurer la finition d’un jean en 90 secondes là où il fallait auparavant de six à huit minutes.


Illustration : CC 0 Dương Trần Quốc.

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Les dangereuses mutations du travail et de l’emploi

Un article de Gregory Verdugo pour Alternatives Économiques s’intéresse aux conséquences sur l’emploi de l’arrivée massive des robots intelligents.

Le progrès technologique n’a pas fait disparaître le travail. Mais la prochaine vague de machines pourrait être, cette fois, vraiment différente. Jusqu’ici, les machines n’étaient pas douées pour les tâches abstraites et manuelles non routinières, mais les avancées de la robotique et l’informatique pourraient changer la donne. Chaque année, les capacités des ordinateurs et des robots à simuler le raisonnement humain et devenir « intelligents » sont décuplées. L’augmentation de la puissance de calcul permet d’analyser et de répondre plus adroitement aux stimulations externes. La « communication » avec l’environnement, de plus en plus fine, se fait au travers de puissants capteurs capables de décoder les plus subtiles nuances du langage humain et de reconnaître visages et objets. Les possibilités de stockage des données sont multipliées avec le développement du « cloud robotics », où chaque robot accumule et partage en réseau expérience et information avec ses confrères robots.

Certains chercheurs pensent que les développements des machines intelligentes et de la robotique devraient permettre de remplacer le travail dans un grand nombre d’emplois dans les années à venir. Les bouleversements devraient être importants dans les transports et la logistique, où les progrès des capteurs intelligents rendront les véhicules sans conducteurs sûrs et compétitifs.

Les emplois des moins qualifiés ne sont pas les seuls à être menacés. Les capacités d’analyse grandissantes des ordinateurs leur permettent maintenant d’aider à la décision dans des tâches complexes, notamment dans le domaine médical ou juridique, où elles remplacent ainsi du travail qualifié.


Illustration : © Stephane AUDRAS/REA.

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Voici Flippy, le robot qui prépare des steaks

Flippy

Un reportage (en anglais) de Cody Godwin pour la BBC s’intéresse à l’installation d’une cinquantaine de robots dans une chaîne de restauration rapide. Ils vont aider puis remplacer des employé·e·s de cuisine.

Les robots vont nous mettre au chômage. On devrait s’y préparer maintenant, avant qu’il ne soit trop tard.

Robots Turquie

Une tribune (en anglais) de Larry Elliott pour The Guardian s’appuie sur l’ouverture récente de l’épicerie Amazon Go, sans personnel de vente, pour inciter à prendre la mesure de la robotisation en cours.

Le directeur de la rubrique « Économie » du Guardian conclut en évoquant le revenu de base :

But the dislocation will be considerable, and comes at a time when social fabrics are already frayed. To ensure that, as in the past, technological change leads to a net increase in jobs, the benefits will have to be spread around and the concept of what constitutes work rethought. That’s why one of the hardest working academics in Davos last week was Guy Standing of Soas University of London, who was on panel after panel making the case for a universal basic income, an idea that has its critics on both left and right, but whose time may well have come.


Illustration : © Anadolu Agency/Getty Images.

Les robots ne libèrent pas les humains du travail, au contraire

Les robots ne libèrent pas les humains du travail, au contraire

Une tribune de David Gaborieau pour Reporterre critique l’idée de la raréfaction de l’emploi promise par la robotisation.

Malgré des échecs répétés, la prophétie de l’automatisation libératrice se renouvelle sans cesse. Une étude d’Oxford a récemment prédit que près d’un emploi états-unien sur deux était voué à disparaître d’ici vingt ans. Moins alarmiste, l’OCDE estime tout de même que 9 % des emplois français présentent un « risque élevé d’automatisation ». Si ces données ont de quoi faire peur, elles suscitent aussi certains espoirs. Une partie des défenseurs du revenu universel s’appuie ainsi sur l’argument d’un surplus de temps et d’argent, libéré par les machines, que nous pourrions redistribuer pour le bonheur de tous.

Mais il existe un décalage considérable entre la façon dont on s’imagine l’automatisation et sa réalité concrète. Les ouvriers de l’automobile le savent bien, eux qui entendent depuis longtemps les promesses de qualification et d’autonomie tout en étant confrontés quotidiennement à l’intensification du travail et à la perte des savoir-faire.


Illustration : © Étienne Gendrin.