L’intelligence artificielle, un choc industriel

Un article repro­duit sur le blog de Paul Jorion extrait du dos­sier « Les révo­lu­tions de l’intelligence » dans le numé­ro 26 de Papiers, s’intéresse aux évo­lu­tions de l’informatique et de la robo­ti­sa­tion et leur effet sur l’emploi.

Maylis Besserie : Une […] piste, régu­liè­re­ment explo­rée, est la pers­pec­tive de taxer les robots.

Raja Chatila : Je dois dire que cette expres­sion n’est pas heu­reuse. Je ne parle pas du concept qui est der­rière, mais l’expression elle‐même n’est pas heu­reuse parce qu’elle laisse croire qu’il y a un robot phy­sique qui va prendre ma place et qu’il faut donc le taxer. En réa­li­té, cela signi­fie taxer l’entreprise qui l’utilise, taxer la pro­duc­ti­vi­té de cette entre­prise, pour que moi, humain qui n’ai plus de tra­vail, je puisse béné­fi­cier quand même d’un reve­nu qui me serait échu de droit. Mais l’idée sous‐jacente est excel­lente. La dif­fi­cul­té va venir de l’identification de ce qu’est un robot. Est‐ce qu’on logi­ciel est un robot ? Qui vais‐je taxer quand je vais uti­li­ser un logi­ciel qui se trouve tour­ner sur des machines à l’autre bout du monde ? Cette mise en œuvre ne me semble pas très claire, même si je com­prends que Paul Jorion la défende. Je n’ai pas de solu­tion toute faite, et les termes de « reve­nu de base » ou de « taxe robot » pré­sentent cha­cun des avan­tages et des incon­vé­nients. Je pense mal­heu­reu­se­ment que la débat n’a pas lieu, qu’il devrait avoir lieu et être mis en place pour que l’on puisse réflé­chir sur la meilleure méthode impli­quant tout le monde — c’est-à-dire les citoyens, les éco­no­mistes, les experts, les robo­ti­ciens, les intel­li­gents arti­fi­ciel­le­ment, les socio­logues, etc. C’est une ques­tion de fond.

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Illustration : © France Culture.

La Chine lance un programme pour remplacer ses fermiers par des robots

Un article de Mathilde Simon pour Usbek & Rica pré­sente l’ambitieuse expé­ri­men­ta­tion de robo­ti­sa­tion agri­cole lan­cée dans la région de Jiangsu.

L’objectif est sur­tout de per­mettre de meilleurs ren­de­ments à moindre coût. Dans le cadre d’un repor­tage sur l’industrialisation de l’économie agro­nome chi­noise, National Geographic a ren­con­tré en février Liu Lin. Le jeune entre­pre­neur y raconte que ses machines euro­péennes et amé­ri­caines per­mettent de pro­duire, en quatre heures, le tra­vail que 30 tra­vailleurs auraient mis une ving­taine de jours à faire. Le tout mani­pu­lable depuis un smart­phone.

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Illustration : © Shutterstock.

Un rapport annonce que la robotisation va entraîner une recrudescence de l’esclavage en Asie du sud‐est

Un article d’Annie Kelly pour The Guardian décrit un futur bien sombre pour les employé·es les moins qualifié·es, en com­pé­ti­tion avec les robots.

We know that in a couple of decades, robot manu­fac­tu­ring will replace many low‐skill jobs. Displaced wor­kers without the skills or capa­ci­ty to adapt will have to com­pete for a rapid­ly dimi­ni­shing sup­ply of low‐paid work in poten­tial­ly exploi­ta­tive condi­tions. This will lead to increa­sed risks of sla­ve­ry and traf­fi­cking across a region alrea­dy vul­ne­rable to these kind of abuses.”

Automation is alrea­dy revo­lu­tio­ni­sing manu­fac­tu­ring and lowe­ring labour costs for indus­tries across the world. The International Federation of Robotics esti­mates that next year ano­ther 250,000 indus­trial robots will come on to the mar­ket, with the capa­bi­li­ty to help pro­duce cars, elec­tro­nics and new machi­ne­ry.

[« Nous savons que dans quelques décen­nies, les robots rem­pla­ce­ront de nom­breux emplois peu qua­li­fiés. Les travailleur·euses touché·es qui n’ont pas les com­pé­tences ou la capa­ci­té de s’adapter seront en concur­rence pour des emplois fai­ble­ment rému­né­rés en dimi­nu­tion rapide, dans des condi­tions d’exploitation poten­tielles. Cela entraî­ne­ra une aug­men­ta­tion des risques d’esclavage et de traite dans une région déjà vul­né­rable à ce type d’abus ».

L’automatisation révo­lu­tionne déjà la fabri­ca­tion et réduit les coûts de main-d’œuvre pour les indus­tries du monde entier. La Fédération inter­na­tio­nale de robo­tique estime que l’année pro­chaine, 250 000 robots indus­triels sup­plé­men­taires arri­ve­ront sur le mar­ché, avec la capa­ci­té d’aider à pro­duire des voi­tures, de l’électronique et de nou­velles machines.]

Voir aus­si une tra­duc­tion en fran­çais sur le site de Paul Jorion.

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Illustration : © Hau Dinh/AP.

Le routier américain, une icône en voie de disparition

Un article de Julien Brygo pour Le Monde Diplomatique plonge dans le monde des camion­neurs éta­su­niens, alors que les véhi­cules sans chauf­feur pointent à l’horizon.

Le rap­port de Morgan Stanley place les rou­tiers en lea­sing, comme ceux de Long Beach, en tête des vic­times de la déré­gle­men­ta­tion du trans­port. « Ça ne se fera jamais, veut croire M. Andre Hart, qui conduit des camions de mar­chan­dises depuis dix‐sept ans. C’est déjà tel­le­ment dan­ge­reux sur les routes… Les ordi­na­teurs n’ont pas d’yeux. Avec les camé­ras, il y a des mau­vaises sur­prises tous les jours. » Arrive M. Gerald Daniels, coif­fure ras­ta jusqu’aux hanches et lunettes de soleil : « Bien sûr que ça se fera, lance‐t‐il. Au ter­mi­nal à conte­neurs de Long Beach, il n’y a déjà plus d’humains pour char­ger les camions. » À l’image de ces moissonneuses‐batteuses gui­dées par GPS (glo­bal posi­tio­ning sys­tem), de ces ton­deuses connec­tées qui tour­noient sur leur car­ré de pelouse ou encore de ces robots aspi­ra­teurs domes­tiques qui se déplacent seuls, les camions de demain seront « auto­nomes », pro­met la Silicon Valley.

Voir aus­si le repor­tage pho­to­gra­phique sur son site.

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Illustration : © Julien Brygo.

Et si l’on se débarrassait une fois pour toutes de l’emploi ?

Une tri­bune de Daniel Kaplan pour Usbek & Rica, la troi­sième de la série « Boulofictions », pose la ques­tion sui­vante : si les robots se sub­sti­tuent aux humains dans la plu­part des tâches, que pourrions‐nous bien faire de nos vies ?

Il serait évi­dem­ment pré­fé­rable de se remettre en quête du sens de ce que l’on nomme encore aujourd’hui « tra­vail ». On ne peut cepen­dant pas s’en tirer par des expres­sions toutes faites telles que « créa­ti­vi­té » ou « empa­thie », puisqu’on fait aujourd’hui toutes sortes d’efforts pour doter les robots et les IA de ce type de capa­ci­tés.

Alors, où trou­ver ce sens ? D’abord en soi, comme une forme d’expression, de réa­li­sa­tion de soi par le biais d’une forme de pro­duc­tion, pas néces­sai­re­ment mar­chande, voire de liber­té par rap­port à la consom­ma­tion…


Illustration : © Usbek & Rica.

Et si la robotisation précédait le robot ?

Une tri­bune de Daniel Kaplan pour Usbek & Rica pour­suit son explo­ra­tion du pro­jet col­la­bo­ra­tif WORK+, cette fois en s’interrogeant sur les robots : d’où viennent‐ils, où vont‐ils, que veulent‐ils – ou plu­tôt, de quelles inten­tions sont‐ils les outils ?

Les robots n’apparaissent pas spon­ta­né­ment dans les entre­prises. Ils sont le pro­duit de déci­sions déli­bé­rées et coû­teuses qui s’inscrivent dans un mou­ve­ment enga­gé depuis des décen­nies : tay­lo­ri­sa­tion, inter­con­nexion glo­ba­li­sée des chaînes d’approvisionnement, exter­na­li­sa­tion de fonc­tions de plus en plus nom­breuses et essen­tielles, for­ma­li­sa­tion tou­jours plus pous­sée des pro­ces­sus et des indi­ca­teurs de per­for­mance…

Le robot cou­ronne la réa­li­sa­tion d’un pro­gramme dont la fonc­tion semble être de sub­sti­tuer aux rela­tions entre humains (col­la­bo­ra­teurs, clients, four­nis­seurs…) des rela­tions entre enti­tés et fonc­tions, repré­sen­tées par les sys­tèmes d’information et com­mu­ni­quant au tra­vers de contrats et d’interfaces pro­gram­mées.


Illustration : © Usbek & Rica.

Comment la fiction nous aide‐t‐elle à penser les futurs du travail ?

Une tri­bune de Daniel Kaplan pour Usbek & Rica pré­sente le pro­jet col­la­bo­ra­tif WORK+ : 150 « frag­ments » fic­tion­nels et artis­tiques autour de l’avenir du tra­vail.

Ces maté­riaux traitent éga­le­ment de beau­coup d’autres sujets que le rap­port entre tra­vailleurs humains et robots : le quo­ti­dien du tra­vail, la forme et le rôle des entre­prises, ses espaces et ses temps, son sens ou son absence de sens, son rôle dans l’acquisition d’un sta­tut social, ou encore les nou­velles formes d’exploitation (du tra­vail ultra­pré­caire sur les pla­te­formes numé­riques aux mères pon­deuses du roman et de la série La Servante écar­late), les com­pé­tences et savoir‐faire du futur, la pers­pec­tive du reve­nu uni­ver­sel ou bien de nou­velles mon­naies


Illustration : © Usbek & Rica.

The Future of Jobs : Working on Being Human

Une tri­bune en anglais de Michael Laitman pour Basic Income applau­dit le trans­fert de tâches humaines vers les robots. Une révo­lu­tion heu­reuse pour l’auteur, à condi­tion qu’on octroie paral­lè­le­ment à tou·te·s les moyens de vivre, indé­pen­dam­ment d’un salaire.

The soo­ner we ack­now­ledge the inevi­table rede­si­gn of our socio‐economic infra­struc­ture, in a way that jobs will no lon­ger exist in the same sense as before, we will come to grips with the neces­si­ty to pro­vide for the basic needs of all mem­bers of socie­ty.

Whether we do it through some form of Universal Basic Income, or any other tech­ni­cal mecha­nism, we must unders­tand that a change of social values is the core issue at hand : Every country’s lea­der­ship must ack­now­ledge that loo­king out for the basic needs of eve­ry citi­zen — food, shel­ter, clo­thing, edu­ca­tion and health — is their top prio­ri­ty.


Illustration : CCRaysonho.

Demain, les robots tailleront nos vêtements sur mesure

Un article de François Leclerc pré­sente les plans de l’entreprise Levi Strauss pour auto­ma­ti­ser lar­ge­ment sa pro­duc­tion tex­tile.

Levi Strauss pré­pare pour demain l’usine glo­bale d’après-demain. Une légion de robots va être mise en place afin de rem­pla­cer, dans le monde entier et dès 2020, les employés char­gés de la coupe et de la fini­tion des jeans de la marque.

Soumise à une forte concur­rence et voyant ses marges se réduire, le mana­ge­ment de l’entreprise va radi­ca­le­ment faire évo­luer son pro­ces­sus de pro­duc­tion. En termes de pro­duc­ti­vi­té, l’objectif est d’assurer la fini­tion d’un jean en 90 secondes là où il fal­lait aupa­ra­vant de six à huit minutes.


Illustration : CCDương Trần Quốc.

Les dangereuses mutations du travail et de l’emploi

Un article de Gregory Verdugo pour Alternatives Économiques s’intéresse aux consé­quences sur l’emploi de l’arrivée mas­sive des robots intel­li­gents.

Le pro­grès tech­no­lo­gique n’a pas fait dis­pa­raître le tra­vail. Mais la pro­chaine vague de machines pour­rait être, cette fois, vrai­ment dif­fé­rente. Jusqu’ici, les machines n’étaient pas douées pour les tâches abs­traites et manuelles non rou­ti­nières, mais les avan­cées de la robo­tique et l’informatique pour­raient chan­ger la donne. Chaque année, les capa­ci­tés des ordi­na­teurs et des robots à simu­ler le rai­son­ne­ment humain et deve­nir « intel­li­gents » sont décu­plées. L’augmentation de la puis­sance de cal­cul per­met d’analyser et de répondre plus adroi­te­ment aux sti­mu­la­tions externes. La « com­mu­ni­ca­tion » avec l’environnement, de plus en plus fine, se fait au tra­vers de puis­sants cap­teurs capables de déco­der les plus sub­tiles nuances du lan­gage humain et de recon­naître visages et objets. Les pos­si­bi­li­tés de sto­ckage des don­nées sont mul­ti­pliées avec le déve­lop­pe­ment du « cloud robo­tics », où chaque robot accu­mule et par­tage en réseau expé­rience et infor­ma­tion avec ses confrères robots.

Certains cher­cheurs pensent que les déve­lop­pe­ments des machines intel­li­gentes et de la robo­tique devraient per­mettre de rem­pla­cer le tra­vail dans un grand nombre d’emplois dans les années à venir. Les bou­le­ver­se­ments devraient être impor­tants dans les trans­ports et la logis­tique, où les pro­grès des cap­teurs intel­li­gents ren­dront les véhi­cules sans conduc­teurs sûrs et com­pé­ti­tifs.

Les emplois des moins qua­li­fiés ne sont pas les seuls à être mena­cés. Les capa­ci­tés d’analyse gran­dis­santes des ordi­na­teurs leur per­mettent main­te­nant d’aider à la déci­sion dans des tâches com­plexes, notam­ment dans le domaine médi­cal ou juri­dique, où elles rem­placent ain­si du tra­vail qua­li­fié.


Illustration : © Stephane AUDRAS/REA.

Voici Flippy, le robot qui prépare des steaks

Un repor­tage (en anglais) de Cody Godwin pour la BBC s’intéresse à l’installation d’une cin­quan­taine de robots dans une chaîne de res­tau­ra­tion rapide. Ils vont aider puis rem­pla­cer des employé·e·s de cui­sine.


Illustrations : © BBC.

La révolution de la robotisation : le nouvel âge de la production

Un repor­tage (en anglais) de Jason Bellini pour le Wall Street Journal s’intéresse aux der­nières avan­cées de la robo­ti­sa­tion du tra­vail.

Dans cet épi­sode de Moving Upstream, nous nous sommes ren­dus en Asie pour voir la pro­chaine géné­ra­tion de robots indus­triels, ce qu’ils sont capable de réa­li­ser, et l’aide ou la menace qu’ils repré­sentent pour la main d’œuvre peu qua­li­fiée.

Via le blog de Paul Jorion.


Illustration : © The Wall Street Journal.

Les robots vont nous mettre au chômage. On devrait s’y préparer maintenant, avant qu’il ne soit trop tard.

Une tri­bune (en anglais) de Larry Elliott pour The Guardian s’appuie sur l’ouverture récente de l’épicerie Amazon Go, sans per­son­nel de vente, pour inci­ter à prendre la mesure de la robo­ti­sa­tion en cours.

Le direc­teur de la rubrique « Économie » du Guardian conclut en évo­quant le reve­nu de base :

But the dis­lo­ca­tion will be consi­de­rable, and comes at a time when social fabrics are alrea­dy frayed. To ensure that, as in the past, tech­no­lo­gi­cal change leads to a net increase in jobs, the bene­fits will have to be spread around and the concept of what consti­tutes work rethought. That’s why one of the har­dest wor­king aca­de­mics in Davos last week was Guy Standing of Soas University of London, who was on panel after panel making the case for a uni­ver­sal basic income, an idea that has its cri­tics on both left and right, but whose time may well have come.


Illustration : © Anadolu Agency/Getty Images.

Les robots ne libèrent pas les humains du travail, au contraire

Une tri­bune de David Gaborieau pour Reporterre cri­tique l’idée de la raré­fac­tion de l’emploi pro­mise par la robo­ti­sa­tion.

Malgré des échecs répé­tés, la pro­phé­tie de l’automatisation libé­ra­trice se renou­velle sans cesse. Une étude d’Oxford a récem­ment pré­dit que près d’un emploi états‐unien sur deux était voué à dis­pa­raître d’ici vingt ans. Moins alar­miste, l’OCDE estime tout de même que 9 % des emplois fran­çais pré­sentent un « risque éle­vé d’automatisation ». Si ces don­nées ont de quoi faire peur, elles sus­citent aus­si cer­tains espoirs. Une par­tie des défen­seurs du reve­nu uni­ver­sel s’appuie ain­si sur l’argument d’un sur­plus de temps et d’argent, libé­ré par les machines, que nous pour­rions redis­tri­buer pour le bon­heur de tous.

Mais il existe un déca­lage consi­dé­rable entre la façon dont on s’imagine l’automatisation et sa réa­li­té concrète. Les ouvriers de l’automobile le savent bien, eux qui entendent depuis long­temps les pro­messes de qua­li­fi­ca­tion et d’autonomie tout en étant confron­tés quo­ti­dien­ne­ment à l’intensification du tra­vail et à la perte des savoir‐faire.


Illustration : © Étienne Gendrin.

Livre : Revenu garanti et innovation technologique, entre algorithmique et robotique

Traduction d’un article de Sandro Gobetti ini­tia­le­ment publié en anglais sur BasicIncome.


QR7 Robot

Le Réseau Italien pour le Revenu de Base (BIN Italia) vient de publier son der­nier ouvrage : Revenu garan­ti et inno­va­tion tech­no­lo­gique, entre algo­rith­mique et robo­tique.

Publié en mars 2017, c’est le sep­tième volume de la série des « Cahiers pour le reve­nu » (QR – Quaderni per il Reddito) que pro­duit l’association. Au long des 180 pages de l’ouvrage, une quin­zaine d’auteurs apportent leur pierre au débat ita­lien autour de la robo­ti­sa­tion, l’économie de pla­te­formes (rému­né­ra­tion à la tâche), l’intelligence arti­fi­cielle et bien sûr le reve­nu de base.

Le livre est gra­tuit et libre­ment consul­table ici (en ita­lien).

Pour lire l’ensemble des « Cahiers pour le reve­nu » cli­quer ici (en ita­lien).


Illustration : Basic Income Network Italia.