Les robots ne libèrent pas les humains du travail, au contraire

Une tri­bune de David Gaborieau pour Reporterre cri­tique l’idée de la raré­fac­tion de l’emploi pro­mise par la robo­ti­sa­tion.

Malgré des échecs répé­tés, la pro­phé­tie de l’automatisation libé­ra­trice se renou­velle sans cesse. Une étude d’Oxford a récem­ment pré­dit que près d’un emploi états‐unien sur deux était voué à dis­pa­raître d’ici vingt ans. Moins alar­miste, l’OCDE estime tout de même que 9 % des emplois fran­çais pré­sentent un « risque éle­vé d’automatisation ». Si ces don­nées ont de quoi faire peur, elles sus­citent aus­si cer­tains espoirs. Une par­tie des défen­seurs du reve­nu uni­ver­sel s’appuie ain­si sur l’argument d’un sur­plus de temps et d’argent, libé­ré par les machines, que nous pour­rions redis­tri­buer pour le bon­heur de tous.

Mais il existe un déca­lage consi­dé­rable entre la façon dont on s’imagine l’automatisation et sa réa­li­té concrète. Les ouvriers de l’automobile le savent bien, eux qui entendent depuis long­temps les pro­messes de qua­li­fi­ca­tion et d’autonomie tout en étant confron­tés quo­ti­dien­ne­ment à l’intensification du tra­vail et à la perte des savoir‐faire.


Illustration : © Étienne Gendrin.