L’uberisation met en danger la vie des travailleurs

Une tribune de Fabien Benoit illustre la réalité du travail à la tâche réalisé dans des conditions de précarité et de dangerosité extrêmes, au service de grandes plateformes qui ont émergé avec le numérique.

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La Chine lance un programme pour remplacer ses fermiers par des robots

Un article de Mathilde Simon pour Usbek & Rica présente l’ambitieuse expérimentation de robotisation agricole lancée dans la région de Jiangsu.

L’objectif est surtout de permettre de meilleurs rendements à moindre coût. Dans le cadre d’un reportage sur l’industrialisation de l’économie agronome chinoise, National Geographic a rencontré en février Liu Lin. Le jeune entrepreneur y raconte que ses machines européennes et américaines permettent de produire, en quatre heures, le travail que 30 travailleurs auraient mis une vingtaine de jours à faire. Le tout manipulable depuis un smartphone.

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Illustration : © Shutterstock.

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L’Ontario annule une expérimentation du revenu de base

Un article de Mathilde Simon pour Usbek & Rica revient sur l’expérimentation de revenu minimum en Ontario et son annulation par le nouveau gouvernement de la province.

Après avoir laissé entendre au cours de sa campagne qu’il n’y toucherait pas, le gouvernement canadien assure, de son côté, que ce programme n’est pas viable car trop onéreux. « Ce n’est clairement pas la solution pour les familles de l’Ontario », insistait MacLeod lors de l’annonce publique.

Aucun chiffre ni étude n’accompagnait l’annonce, et aucune nouvelle proposition n’était faite pour réduire la pauvreté. Simplement une promesse que le gouvernement ferait en sorte de mettre fin au programme de manière « éthique ».

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Illustration : Flickr.

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Pourquoi il faut soutenir les livreurs UberEats, Deliveroo, etc.

Une tribune de Fabien Benoit pour Usbek & Rica critique les plateformes prédatrices qui investissent toujours plus de marchés, semant la précarité et l’exploitation dans leur sillage.

Ces questions ne sont pas anodines, loin s’en faut. Elles rappellent le caractère radical, rapace et carnassier du capitalisme numérique d’inspiration californienne. Elles nous rappellent que ces entreprises de la « nouvelle économie », comme on disait autrefois, s’attaquent à tout ce qui ressemble de près ou de loin à de la solidarité, du partage, de la justice, qu’elles exploitent cyniquement les failles du système et la faiblesse des travailleurs. Elles n’ont que faire du collectif et des individus. Et elles n’entendent pas spécialement respecter les lois.

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Illustration : © Usbek & Rica.

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Et si l’on se débarrassait une fois pour toutes de l’emploi ?

Une tribune de Daniel Kaplan pour Usbek & Rica, la troisième de la série « Boulofictions », pose la question suivante : si les robots se substituent aux humains dans la plupart des tâches, que pourrions-nous bien faire de nos vies ?

Il serait évidemment préférable de se remettre en quête du sens de ce que l’on nomme encore aujourd’hui « travail ». On ne peut cependant pas s’en tirer par des expressions toutes faites telles que « créativité » ou « empathie », puisqu’on fait aujourd’hui toutes sortes d’efforts pour doter les robots et les IA de ce type de capacités.

Alors, où trouver ce sens ? D’abord en soi, comme une forme d’expression, de réalisation de soi par le biais d’une forme de production, pas nécessairement marchande, voire de liberté par rapport à la consommation…


Illustration : © Usbek & Rica.

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Et si la robotisation précédait le robot ?

Une tribune de Daniel Kaplan pour Usbek & Rica poursuit son exploration du projet collaboratif WORK+, cette fois en s’interrogeant sur les robots : d’où viennent-ils, où vont-ils, que veulent-ils – ou plutôt, de quelles intentions sont-ils les outils ?

Les robots n’apparaissent pas spontanément dans les entreprises. Ils sont le produit de décisions délibérées et coûteuses qui s’inscrivent dans un mouvement engagé depuis des décennies : taylorisation, interconnexion globalisée des chaînes d’approvisionnement, externalisation de fonctions de plus en plus nombreuses et essentielles, formalisation toujours plus poussée des processus et des indicateurs de performance…

Le robot couronne la réalisation d’un programme dont la fonction semble être de substituer aux relations entre humains (collaborateurs, clients, fournisseurs…) des relations entre entités et fonctions, représentées par les systèmes d’information et communiquant au travers de contrats et d’interfaces programmées.


Illustration : © Usbek & Rica.

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Comment la fiction nous aide-t-elle à penser les futurs du travail ?

Une tribune de Daniel Kaplan pour Usbek & Rica présente le projet collaboratif WORK+ : 150 « fragments » fictionnels et artistiques autour de l’avenir du travail.

Ces matériaux traitent également de beaucoup d’autres sujets que le rapport entre travailleurs humains et robots : le quotidien du travail, la forme et le rôle des entreprises, ses espaces et ses temps, son sens ou son absence de sens, son rôle dans l’acquisition d’un statut social, ou encore les nouvelles formes d’exploitation (du travail ultraprécaire sur les plateformes numériques aux mères pondeuses du roman et de la série La Servante écarlate), les compétences et savoir-faire du futur, la perspective du revenu universel ou bien de nouvelles monnaies


Illustration : © Usbek & Rica.

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Alain Damasio : « Il faut rendre à nouveau la révolution désirable »

Alain Damasio

Un entretien d’Alain Damasio avec Guillaume Ledit d’Usbek & Rica revient sur les raisons qui poussent l’écrivain à s’engager. Au sommaire notamment : le travail, la technologie et le revenu universel.

Dans une interview autour de l’exposition « Extravaillance », vous estimiez qu’il fallait « faire le deuil d’une conception totalement absurde du travail ». Comment passer dans le « postcapitalisme » que vous appelez de vos voeux ? Et en se projetant, à quoi pourrait ressembler le travail et les travailleurs à l’horizon 2030 ?

La réponse la plus facile aujourd’hui, à mon sens, c’est le revenu universel. Avec toutes les équivoques de la mesure et l’ampleur du piège que ça peut représenter en terme de contrôle accru des populations. Il y aura là un vrai combat s’il est mis en place, notamment parce que la droite va tenter d’y intégrer le maximum d’allocations et de le fixer au niveau le plus bas. Ce combat doit être mené, mais je pense qu’il y a un seuil de revenu mensuel où on pourrait se retrouver délié de l’obligation de travailler.

On est arrivé à un stade où l’humanité est en mesure, grâce aux évolutions techniques notamment, de couper le lien entre revenu et mérite : on mérite d’être rémunéré même en ne travaillant pas. Si on coupe cette aliénation fondamentale sur laquelle repose une partie de la force du capitalisme, on libère un temps crucial pour les gens, qui peuvent alors s’occuper des autres ou militer, créer, générer des alternatives et du vivant.


Illustration : CC BY-SA 3.0 Adrien Barbier.

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Ô Boulot : l’expo qui repense le travail

Ô boulot

Un article de Rémi Lévêque pour Usbek & Rica présente l’exposition « Ô Boulot », à découvrir au MAIF Social Club à Paris jusqu’en avril.

Bientôt, la robotisation et le numérique, couplés au désintéressement croissant pour certaines catégories professionelles modifieront considérablement le monde du travail tel que nous le connaissons. Pour ne rien arranger, selon une autre étude relayée par The Guardian, la robotisation permettrait de réduire de 90 % le coût du travail d’un salarié, quand la délocalisation diminue ce coup de « seulement » 65 %.

En s’appuyant sur ce constat, le Maif Social Club, espace parisien de « rencontre artistique et sociétale », propose de découvrir jusqu’au 28 avril 2018 une réflexion artistique sur la façon dont nous travaillerons demain.


Illustration : © MAIF.

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Accélérationnisme : à vos Marx, prêts, foncez !

Accélération

Un article de Damien Dubuc dans Usbek & Rica présente la pensée « accélérationniste » d’Alex Williams et Nick Srnicek.

« Ne croyons jamais que la technologie suffira à nous sauver », mettent cependant en garde Williams et Srnicek, qui veillent à ne pas passer pour les groupies d’une Silicon Valley techno-béate, ni pour les héritiers des futuristes italiens du début du XXe siècle, qui s’emballaient pour la moindre machine vrombissante (avant de se compromettre avec le fascisme). « Alors que les techno-utopistes promeuvent l’accélération parce qu’elle supplanterait automatiquement les conflits sociaux, nous estimons que la technologie devrait être accélérée afin de nous aider à gagner ces conflits sociaux », soulignent les accélérationnistes. Pourtant, quelques lignes plus loin, les deux hommes assurent que « seule une politique prométhéenne de maîtrise maximale sur la société et son environnement peut permettre de faire face aux problèmes globaux ou d’atteindre une victoire sur le capital ».

Contradictoire ? La nuance est plus fine : à rebours d’une gauche obnubilée par l’idée d’un soulèvement brusque suivi de la reconstruction ex nihilo d’un monde plus juste, l’accélérationnisme assure que « l’infrastructure actuellement existante ne constitue pas les tréteaux capitalistes d’une scène à abattre, mais un tremplin sur lequel s’élancer vers une société postcapitaliste  ». Autrement dit, on peut faire beaucoup mieux avec ce qu’on a déjà sous la main. Dans leur ouvrage Inventing the Future: Postcapitalism and a World Without Work, qui creuse le propos du manifeste, Williams et Srnicek appellent clairement à libérer l’humanité du travail grâce à une automatisation généralisée, couplée à la mise en place d’un revenu universel.Damien Dubuc

Source : Accélérationnisme : à vos Marx, prêts, foncez !, Damien Dubuc dans Usbek & Rica.


Illustration : © Usbek & Rica.

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