En Lorraine, une entreprise a été créée pour embaucher tous les chômeurs du coin

Territoire zéro chômeur

Un article de Laura Wojcik pour Partage Social Club revient sur l’initiative « territoire zéro chômeur » à Colombey-les-Belles, avec le témoignage de quelques bénéficiaires, un an après le coup d’envoi du dispositif.

« Si vous avez un enfant qui doit aller à l’école, vous ne vous demandez pas s’il y a de la place à l’école, simplifie Bertrand Deligny, président de La Fabrique. Et ben nous on fait exactement la même chose pour les chômeurs de longue durée. Ils ne doivent pas se poser la question de savoir s’il y a du travail. Il y en a. »

Cette machine à fournir des emplois a été créée dans le cadre de l’expérimentation nationale « zéro chômeur de longue durée » qui concerne 10 zones tests en France. Le financement public du projet est garanti depuis février 2016 grâce à une loi votée à l’unanimité à l’Assemblée nationale et au Sénat.

L’idée est née au sein de l’association ATD Quart Monde au milieu des années 90. À partir de trois constats :

  • Le travail existe puisque chaque territoire présente une liste de besoins non satisfaits. Exemple : le nettoyage des cimetières municipaux, l’entretien des forêts locales ou des missions d’aide à la personne.
  • Chaque chômeur de longue durée possède des compétences pour assurer ces tâches.
  • L’argent ne manque pas non plus. Les nouveaux emplois sont financés en piochant dans les dépenses publiques autrefois vouées à compenser l’inactivité professionnelle. Une enveloppe qu’ATD Quart Monde estime à 18 000 € par an et par chômeur de longue durée.

Illustration : © Partage Social Club.

4 problèmes que pose le contrôle des chômeurs

Contrôle des chômeurs

Une tribune d’Hadrien Clouet pour Le HuffPost montre la grossièreté de certains arguments avancés pour justifier la répression des sans emploi.

En 2015, d’après les données de Pôle emploi, environ 150.000 offres étaient ouvertes en France. C’est une estimation large, car le périmètre des « emplois non-pourvus » demeure très flou. Gardons à l’esprit que de nombreuses offres sont non-pourvues car elles semblent inacceptables aux chômeurs et à leurs conseillers : des postes très dégradés, voire même qui violent le droit du travail.

Sur la même période, 24 millions de contrats de travail ont été signés (en majorité des CDD de moins d’un mois). Les offres ouvertes représentent 0,6 % des offres qui ont été pourvues. Dit autrement, 99,4 % des offres ont trouvé preneur sur le marché. Plutôt que de s’étonner que quelques offres restent non-pourvues, on pourrait au contraire s’étonner qu’autant de salariés acceptent de travailler dans des emplois souvent atypiques.

Même en obligeant les chômeurs à accepter toutes les offres disponibles, seul 1 sur 44 retournerait en emploi. Aucune marge n’est disponible de ce côté-là pour lutter contre le chômage. Le chômage de masse dépend donc du nombre d’emplois et des épreuves de recrutement, pas des chômeurs.


Illustration : © Stéphane Mahe / Reuters.

Pourquoi le chômage est au plus bas en Allemagne

Réduction d'emploi

Un article de Romaric Godin pour Mediapart détaille les chiffres du chômage en Allemagne et la réalité salariale derrière ce chiffre « miracle » de 5,5 %.

À ce développement du temps partiel s’est ajoutée la modération salariale pour les parties les plus faibles de la courbe salariale. Les deux phénomènes sont, d’ailleurs, en partie liés, car les salariés à temps partiel ont moins de poids dans la détermination de leur rémunération. Selon Burda et Seele, le quart le moins élevé des salaires a vu son niveau reculer de 15 % entre 2002 et 2015. Il a légèrement remonté ensuite avec l’introduction du salaire minimum, mais globalement cela permet d’avoir des coûts salariaux évoluant moins vite que la productivité, ce qui a donné un avantage compétitif considérable à l’Allemagne. Mais a clairement creusé les inégalités. .Romaric Godin

Source : Pourquoi le chômage est au plus bas en Allemagne, Romaric Godin pour Mediapart.


Illustration : © Kurzgesagt.

Chômage, le mythe des emplois vacants

Emplois difficiles

Un article d’Hadrien Clouet dans Le Monde Diplomatique de février 2015 revient sur le fantasme des emplois non pourvus, alors que le gouvernement veut durcir le contrôle des personnes privées d’emploi.

L’existence d’offres non pourvues indique que les demandeurs d’emploi ne sont pas tous réduits à travailler dans n’importe quelles conditions. Or, lorsqu’ils recherchent vraiment des salariés, les employeurs disposent toujours de leviers, ceux qu’ils mettent en œuvre en cas de crise d’embauche : hausse du salaire, meilleurs horaires ou meilleures conditions de travail…Hadrien Clouet

Source : Chômage, le mythe des emplois vacants, Hadrien Clouet pour Le Monde Diplomatique.


Illustration : © Kurzgesagt.

Contrôle des chômeurs : la face cachée du modèle danois

Danemark

Un reportage de Célia Quilleret pour France Info s’intéresse aux conséquences du système de « flexisécurité » danois.

Car être chômeur au Danemark est un parcours du combattant. Il faut envoyer deux lettres de candidature par semaine, se rendre chaque mois à son agence pour l’emploi, être toujours disponible et éviter de partir en vacances. Il est en effet interdit de s’absenter sans autorisation préalable de son agence pour l’emploi.Célia Quilleret

Source : Contrôle des chômeurs : la face cachée du modèle danois, Célia Quilleret pour France Info.


Illustration : © Radio France.

Non, les chômeurs ne sont pas des profiteurs

Pôle emploi

Un article dans Politis qui revient sur l’étude de Pôle emploi montrant que l’immense majorité des chômeur·euse·s respectent leurs engagements.

Ce sont donc 86 % des personnes contrôlées qui ont démontré qu’elles remplissaient bien leurs obligations. Et sur les 14 % radiées in fine, seules 40 % étaient indemnisées par l’Unédic, les autres relevant soit du régime de solidarité (23 %) ou ne touchant plus rien (36 %).Vincent Richard

Source : Non, les chômeurs ne sont pas des profiteurs, Vincent Richard, Politis.


Illustration : © AFP.