Le revenu de base : une remise en cause de la création monétaire ?

Un article de Robert Cauneau résume un article de Christian Arnsperger : « Revenu de base, éco­no­mie sou­te­nable et alter­na­tives moné­taires » qui s’intéresse à la créa­tion de la mon­naie.

En toute logique, nous devons accep­ter l’idée selon laquelle le reve­nu de base et le type de mon­naie dans lequel il serait ver­sé doivent for­mer un « tout concep­tuel insé­cable ». Si la seule forme moné­taire envi­sa­gée est celle que pro­duit actuel­le­ment le sec­teur ban­caire – et c’est l’hypothèse tra­ver­sant les cinq der­nières décen­nies de dis­cus­sion autour du pour et du contre d’un RBI qui fait la quasi‐unanimité –, ce reve­nu de base sera, par la force des choses, « sys­té­mi­que­ment cou­plé à une éco­no­mie où règne l’obligation de crois­sance engen­drée par ce mode de créa­tion moné­taire. Ce sera le cas même pour les citoyens qui choi­sissent d’utiliser le reve­nu de base comme outil pour exer­cer une cri­tique en actes du sys­tème. »

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Illustration : © Droits réser­vés.

Les expérimentations du revenu de base : limites et risques

Un article de Robert Cauneau ana­lyse et cri­tique la volon­té actuelle de 13 dépar­te­ments fran­çais d’expérimenter un reve­nu mini­mum garan­ti.

Devant ces limites et tous ces risques, qui font consi­dé­ra­ble­ment dou­ter de la per­ti­nence des expé­ri­men­ta­tions, il nous semble qu’il serait beau­coup plus effi­cace de s’orienter vers des débats publics, impli­quant non seule­ment les poli­tiques, les experts et les mili­tants, mais toute la popu­la­tion, et qui per­met­traient au moins de tes­ter la dési­ra­bi­li­té de la réforme. Ces débats devraient idéa­le­ment por­ter certes sur les sujets abor­dés dans le cadre de la pré­pa­ra­tion des expé­ri­men­ta­tions dépar­te­men­tales, mais éga­le­ment, et peut‐être sur­tout, sur des ques­tions beau­coup plus larges. Il s’agit, en effet, de défi­nir une vision glo­bale de ce que devrait être la socié­té de demain (lutte contre la pau­vre­té, contre les inéga­li­tés, vision éco­lo­gique, etc­) L’heure n’est donc pas aux expé­ri­men­ta­tions. Elle est plu­tôt à l’approfondissement de ses jus­ti­fi­ca­tions et au débat public.

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Illustration : © Kurzgesagt.

André Gorz et le Revenu Social Garanti

Une syn­thèse par Robert Cauneau d’un article de la revue Mouvements pré­sen­tant la concep­tion du Revenu Social Garanti (RSG) d’André Gorz.

N’étant pas assu­rés d’un reve­nu de base suf­fi­sant, les employés seraient conti­nuel­le­ment à la recherche d’un emploi, qu’il soit pré­caire ou non, et prêts à accep­ter n’importe quel emploi et pour n’importe quel salaire. Le RSG relève d’une toute autre logique et vise à les affran­chir des contraintes du mar­ché du tra­vail. « Le reve­nu social de base doit leur per­mettre de refu­ser le tra­vail et les condi­tions de tra­vail “indignes” ; et il doit se situer dans un envi­ron­ne­ment social qui per­mette à cha­cun d’arbitrer en per­ma­nence entre la valeur d’usage de son temps et sa valeur d’échange : c’est-à-dire entre les “uti­li­tés” qu’il peut ache­ter en ven­dant du temps de tra­vail et celles qu’il peut pro­duire par l’autovalorisation de ce temps ».

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Illustration : © Mouvements.

Un nouveau livre sur le revenu de base

Une syn­thèse par Robert Cauneau du nou­veau livre de Michel Lepesant et Baptiste Mylondo : Inconditionnel – antho­lo­gie du reve­nu uni­ver­sel, déjà pré­sen­té ici.

L’objectif de cette antho­lo­gie est d’illustrer la diver­si­té des approches des reve­nus incon­di­tion­nels, et de leurs ori­gines. La convic­tion des deux auteurs est que « le reve­nu incon­di­tion­nel n’est pas un simple enjeu comp­table, mais bien, avant toute chose, une ques­tion phi­lo­so­phique, de jus­tice sociale« . Ils consi­dèrent qu’ »il faut, dans un tel débat, prendre soin de dis­tin­guer le sou­hai­table (phi­lo­so­phi­que­ment), le pos­sible (pra­ti­que­ment) et le fai­sable (poli­ti­que­ment). » Cette antho­lo­gie traite sur­tout du pre­mier point, un peu du second, mais laisse le troi­sième aux débats futurs.

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Illustration : Domaine Public Paul Signac, 1893 – 95, Au temps d’harmonie.

Les surfeurs de Malibu et le revenu de base

Un article de Robert Cauneau pré­sente le débat phi­lo­so­phique entre Philippe Van Parijs et John Rawls autour du « sur­feur » cou­pé de la socié­té. Mérite‐t‐il un reve­nu de base ?

Rawls s’y montre oppo­sé : « Prenons les sur­feurs de Malibu. S’ils passent leurs jour­nées à faire du surf, il ne serait tout de même pas juste de deman­der à la socié­té de sub­ve­nir à leurs besoins ! »

Derrière cette contro­verse, une ques­tion fon­da­men­tale est donc posée : faute de réci­pro­ci­té, le reve­nu de base est‐il moral ?

Parfois qua­li­fié avec humour d’« avo­cat des sur­feurs », Van Parijs n’a de cesse par la suite de réflé­chir à cette objec­tion et d’y pro­po­ser des réponses.


Illustration : CCAQUACHARA.

Amartya Sen et le revenu de base

Un article de Robert Cauneau pré­sente la pen­sée de l’économiste et phi­lo­sophe Indien, en lien avec un reve­nu sans condi­tion.

Il se démarque des autres pen­seurs « libéraux‐égalitaires », notam­ment de John Rawls, en consi­dé­rant, d’une part, que la jus­tice sociale est moins une affaire de prin­cipes et de règles, de pro­cé­dures idéales pour obte­nir une dimi­nu­tion des inéga­li­tés, qu’une démarche concrète et prag­ma­tique de lutte contre les inéga­li­tés et, d’autre part, que l’octroi de droits for­mels est tout à fait insuf­fi­sant pour assu­rer la jus­tice sociale, ce qui néces­site la prise en compte des « capa­bi­li­tés » des indi­vi­dus.


Illustration : CC BY‐SA 2.0 Fronteiras do Pensamento.