Le routier américain, une icône en voie de disparition

Un article de Julien Brygo pour Le Monde Diplomatique plonge dans le monde des camion­neurs éta­su­niens, alors que les véhi­cules sans chauf­feur pointent à l’horizon.

Le rap­port de Morgan Stanley place les rou­tiers en lea­sing, comme ceux de Long Beach, en tête des vic­times de la déré­gle­men­ta­tion du trans­port. « Ça ne se fera jamais, veut croire M. Andre Hart, qui conduit des camions de mar­chan­dises depuis dix‐sept ans. C’est déjà tel­le­ment dan­ge­reux sur les routes… Les ordi­na­teurs n’ont pas d’yeux. Avec les camé­ras, il y a des mau­vaises sur­prises tous les jours. » Arrive M. Gerald Daniels, coif­fure ras­ta jusqu’aux hanches et lunettes de soleil : « Bien sûr que ça se fera, lance‐t‐il. Au ter­mi­nal à conte­neurs de Long Beach, il n’y a déjà plus d’humains pour char­ger les camions. » À l’image de ces moissonneuses‐batteuses gui­dées par GPS (glo­bal posi­tio­ning sys­tem), de ces ton­deuses connec­tées qui tour­noient sur leur car­ré de pelouse ou encore de ces robots aspi­ra­teurs domes­tiques qui se déplacent seuls, les camions de demain seront « auto­nomes », pro­met la Silicon Valley.

Voir aus­si le repor­tage pho­to­gra­phique sur son site.

Source


Illustration : © Julien Brygo.

Chômage, le mythe des emplois vacants

Un article d’Hadrien Clouet dans Le Monde Diplomatique de février 2015 revient sur le fan­tasme des emplois non pour­vus, alors que le gou­ver­ne­ment veut dur­cir le contrôle des per­sonnes pri­vées d’emploi.

L’existence d’offres non pour­vues indique que les deman­deurs d’emploi ne sont pas tous réduits à tra­vailler dans n’importe quelles condi­tions. Or, lorsqu’ils recherchent vrai­ment des sala­riés, les employeurs dis­posent tou­jours de leviers, ceux qu’ils mettent en œuvre en cas de crise d’embauche : hausse du salaire, meilleurs horaires ou meilleures condi­tions de tra­vail…Hadrien Clouet

Source : Chômage, le mythe des emplois vacants, Hadrien Clouet pour Le Monde Diplomatique.


Illustration : © Kurzgesagt.

Microentreprise, une machine à fabriquer des pauvres

Un article de Jean‐Philippe Martin pour le Monde Diplomatique s’intéresse aux dis­po­si­tifs d’auto-entreprise et leurs effets sur les per­sonnes sou­mises à ces sta­tuts.

Derrière la pro­pa­gande gou­ver­ne­men­tale appa­raît vite un gros­sier mirage éco­no­mique. D’après l’Agence cen­trale des orga­nismes de sécu­ri­té sociale (Acoss), le mil­lion d’inscrits au régime de la microen­tre­prise réa­lise un chiffre d’affaires glo­bal de 8,75 mil­liards d’euros. Une somme non négli­geable, peut‐être, mais à rap­pro­cher du résul­tat des 2,2 mil­lions d’entreprises de moins de dix sala­riés qui, elles, cumulent 760 mil­liards d’euros de chiffre d’affaires. Au‐delà de ce poids déri­soire dans la créa­tion de richesses, l’Institut natio­nal de la sta­tis­tique et des études éco­no­miques (Insee) pré­cise que les autoen­tre­pre­neurs éco­no­mi­que­ment actifs ont reti­ré en moyenne 410 euros men­suels de leur acti­vi­té en 2013, soit près d’une cen­taine d’euros de moins que le reve­nu de soli­da­ri­té active (RSA). Et encore ce chiffre est‐il gon­flé par la poi­gnée (10%) qui est gra­ti­fiée de plus de 1 100 euros par mois, l’équivalent du smic net. En véri­té, plus d’un sur quatre touche moins de 70 euros par mois et la moi­tié, moins de 240 euros.Jean‐Philippe Martin

En com­plé­ment, la pre­mière par­tie de l’émission Polémix et la voix off consa­crée au numé­ro men­suel du Monde Diplomatique s’attarde sur cet article :

Ubérisation : Tous patrons : Exploitons‐nous… nous mêmes !

Source : Microentreprise, une machine à fabri­quer des pauvres, Jean‐Philippe Martin pour le Monde Diplomatique.


Illustration : Sumedh Rajendran.