Les Suisses ont dit « non » au revenu de base par référendum

Le 5 juin, les Suisses ont don­né leur avis par vota­tion sur plu­sieurs sujets, dont l’instauration d’un reve­nu de base uni­ver­sel. Même si le texte n’en spé­ci­fiait pas le mon­tant, l’initiative popu­laire avan­çait une somme men­suelle de 2500 francs par adulte (50 % du reve­nu moyen) et 625 francs par enfant.

Remerciements à l’équipe « actua­li­tés » de Basic Income (dont Josh Martin, Jenna van Draanen, Kate McFarland, André Coelho, Karl Widerquist et Tyler Prochazka) ain­si qu’à Philippe Van Parijs.

Le réfé­ren­dum sur le reve­nu de base incon­di­tion­nel (RBI), était en chan­tier depuis 2013, lorsque l’initiative citoyenne ini­tiée notam­ment par Enno Schmidt avait recueilli plus de 100 000 signa­tures, ouvrant alors la voie à la tenue d’un réfé­ren­dum sur la ques­tion. Le conseil fédé­ral Suisse avait reje­té l’initiative en août 2014, une consigne sym­bo­lique de vote néga­tif plu­tôt qu’une déci­sion poli­tique effec­tive : les Suisses avaient déjà affir­mé leur droit consti­tu­tion­nel de tenir un réfé­ren­dum sur la ques­tion.

Les sou­tiens du reve­nu de base incon­di­tion­nel ont mené des actions spec­ta­cu­laires afin de mobi­li­ser l’opinion. Lors du dépôt de l’initiative en 2013, les mili­tants avaient déver­sé huit mil­lions de pièces de cinq cen­times (une pour chaque Suisse) devant le palais fédé­ral de Berne. Et dans les semaines pré­cé­dant le vote, ils ont ins­tal­lé le plus grand pos­ter jamais réa­li­sé, éta­blis­sant ain­si un nou­veau record mon­dial.

Bien que le « non » l’ait empor­té, l’initiative Suisse a joué un rôle impor­tant dans le débat inter­na­tio­nal gran­dis­sant autour du reve­nu de base et les avan­cées qu’il peut appor­ter, notam­ment en terme de pau­vre­té, de poli­tique sociale et de rap­port aux tech­no­lo­gies. Ces ques­tions ont atti­ré l’attention de citoyens du monde entier, et mené à la tenue actuelle ou proche d’expérimentations de reve­nu de base par des gou­ver­ne­ments ou des ONG en Finlandeaux Pays‐Basau Canadaau Kenyaen Inde et aux États‐Unis. De même, des études sur le sujet sont en cours en Nouvelle‐Zélande, au Royaume‐Unien France et en Namibie. Le débat est réel­le­ment mon­dial, et des médias aux quatre coins du globe se sont empa­rés du sujet pour dis­cu­ter des prin­cipes et des bien­faits d’un reve­nu de base.

Malgré ce vote néga­tif, le mou­ve­ment pour un reve­nu de base est pro­mis à un riche ave­nir, en grande par­tie grâce aux efforts des mili­tants suisses qui ont per­mis la tenue de ce réfé­ren­dum. Nous adres­sons nos cha­leu­reux remer­cie­ments de la part de l’équipe édi­to­riale de Basic Income à tous ceux qui ont pris part à l’initiative suisse, tra­vaillant sans relâche pour popu­la­ri­ser l’idée du reve­nu de base.

Les résul­tats détaillés du vote sont dis­po­nibles ici : Votation 601.


Source : BasicIncome​.org

Une réponse à “Les Suisses ont dit « non » au revenu de base par référendum”

  1. […] Allemagne d’un reve­nu de base incon­di­tion­nel. À l’inverse de la Suisse qui a orga­ni­sé une consul­ta­tion à pro­pos du reve­nu de base en 2016, l’Allemagne n’organise pas de réfé­ren­dums. C’est en par­tant de ce constat […]

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