L’Institut des politiques publiques publie son rapport sur les expérimentations de « revenu de base »

Le rapport ainsi qu’une note de synthèse sont disponibles sur le site de l’IPP, alors que plus d’une dizaine de départements annoncent vouloir expérimenter bientôt.

Dans les scénarios simulés, le revenu de base étudié partage les caractéristiques suivantes :
— remplacement de plusieurs dispositifs existants (simplification du système)
— garantie d’un revenu minimal dégressif en fonction des ressources
— non-conditionnalité du versement à des démarches actives de recherche d’emploi
— versement automatique (hypothèse de recours complet)
— calcul au niveau de la famille

On regrettera que l’institut s’intéresse à un dispositif conditionnel et dégressif, une extension de dispositifs existants (RSA et prime d’activité), plutôt qu’à un revenu de base universel, malgré le vocabulaire employé. Ce qui ne manquera pas d’ajouter à la confusion sémantique du débat actuel.

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Illustration : © Institut des Politiques Publiques (IPP).

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Revenu de base : une expérimentation dès l’an prochain ?

Un article de Solène Méric pour Aqui revient sur le lancement hier par 13 présidents de département d’une enquête citoyenne, qui pourrait déboucher sur une expérimentation l’an prochain.

Non seulement le RSA n’a pas fait ses preuves, mais « il souffre d’une image stigmatisée », expliquant en partie un taux de non recours particulièrement élevé, frôlant les 35%. Autre limite de ce dispositif pointé par Jean-Luc Gleyze: « le RSA ne prend pas en compte la réalité des parcours professionnels et des parcours de vie ».

Et pour cause, « pendant longtemps, on a considéré que pauvreté (et donc le RSA) rimait avec assignation à résidence. Or désormais, on voit bien que beaucoup de personnes doivent faire face à la pauvreté alors même qu’elles sont en activité, comme par exemple de nombreux agriculteurs, ou encore des personnes qui lancent leur activité, et qui ne peuvent pas se sortir un salaire durant plusieurs mois. » explique l’économiste Daniel Cohen, également présent ce jeudi. « Il en va de même pour les aidants qui s’occupent de leurs proches âgés, affaiblis ou handicapés, et qui doivent mettre leur vie professionnelle entre parenthèse. Enfin, se pose aussi la question des jeunes de 18 à 25 qui ne peuvent pas être bénéficiaires du RSA, et dont 24% vivent en dessous du seuil de pauvreté », liste encore Jean-Luc Gleyze.

À noter que les 18 scénarii qui vont êtres étudiés par l’Institut des Politiques Publiques prévoient un montant de « revenu de base » dépendant de la condition de chaque bénéficiaire. Pas de quoi parler d’universalité pour l’instant, donc. Ni de dépasser l’effet stigmatisant des dispositifs actuels de protection sociale.


Illustration : © CD 33.

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