Et si l’on se débarrassait une fois pour toutes de l’emploi ?

Une tri­bune de Daniel Kaplan pour Usbek & Rica, la troi­sième de la série « Boulofictions », pose la ques­tion sui­vante : si les robots se sub­sti­tuent aux humains dans la plu­part des tâches, que pourrions‐nous bien faire de nos vies ?

Il serait évi­dem­ment pré­fé­rable de se remettre en quête du sens de ce que l’on nomme encore aujourd’hui « tra­vail ». On ne peut cepen­dant pas s’en tirer par des expres­sions toutes faites telles que « créa­ti­vi­té » ou « empa­thie », puisqu’on fait aujourd’hui toutes sortes d’efforts pour doter les robots et les IA de ce type de capa­ci­tés.

Alors, où trou­ver ce sens ? D’abord en soi, comme une forme d’expression, de réa­li­sa­tion de soi par le biais d’une forme de pro­duc­tion, pas néces­sai­re­ment mar­chande, voire de liber­té par rap­port à la consom­ma­tion…


Illustration : © Usbek & Rica.

Et si la robotisation précédait le robot ?

Une tri­bune de Daniel Kaplan pour Usbek & Rica pour­suit son explo­ra­tion du pro­jet col­la­bo­ra­tif WORK+, cette fois en s’interrogeant sur les robots : d’où viennent‐ils, où vont‐ils, que veulent‐ils – ou plu­tôt, de quelles inten­tions sont‐ils les outils ?

Les robots n’apparaissent pas spon­ta­né­ment dans les entre­prises. Ils sont le pro­duit de déci­sions déli­bé­rées et coû­teuses qui s’inscrivent dans un mou­ve­ment enga­gé depuis des décen­nies : tay­lo­ri­sa­tion, inter­con­nexion glo­ba­li­sée des chaînes d’approvisionnement, exter­na­li­sa­tion de fonc­tions de plus en plus nom­breuses et essen­tielles, for­ma­li­sa­tion tou­jours plus pous­sée des pro­ces­sus et des indi­ca­teurs de per­for­mance…

Le robot cou­ronne la réa­li­sa­tion d’un pro­gramme dont la fonc­tion semble être de sub­sti­tuer aux rela­tions entre humains (col­la­bo­ra­teurs, clients, four­nis­seurs…) des rela­tions entre enti­tés et fonc­tions, repré­sen­tées par les sys­tèmes d’information et com­mu­ni­quant au tra­vers de contrats et d’interfaces pro­gram­mées.


Illustration : © Usbek & Rica.

Comment la fiction nous aide‐t‐elle à penser les futurs du travail ?

Une tri­bune de Daniel Kaplan pour Usbek & Rica pré­sente le pro­jet col­la­bo­ra­tif WORK+ : 150 « frag­ments » fic­tion­nels et artis­tiques autour de l’avenir du tra­vail.

Ces maté­riaux traitent éga­le­ment de beau­coup d’autres sujets que le rap­port entre tra­vailleurs humains et robots : le quo­ti­dien du tra­vail, la forme et le rôle des entre­prises, ses espaces et ses temps, son sens ou son absence de sens, son rôle dans l’acquisition d’un sta­tut social, ou encore les nou­velles formes d’exploitation (du tra­vail ultra­pré­caire sur les pla­te­formes numé­riques aux mères pon­deuses du roman et de la série La Servante écar­late), les com­pé­tences et savoir‐faire du futur, la pers­pec­tive du reve­nu uni­ver­sel ou bien de nou­velles mon­naies


Illustration : © Usbek & Rica.