Richesse : Pourquoi il faut bien redistribuer les cartes que l’on a mal distribuées

Un article de Guy Valette tire le bilan du glis­se­ment pro­gres­sif de la dis­tri­bu­tion des richesses du tra­vail vers le capi­tal et pro­pose un reve­nu de base incon­di­tion­nel de l’ordre de mille euros pour assu­rer à chacun·e une exis­tence digne.

Le finan­ce­ment de notre sys­tème social, ados­sé aux salaires par la coti­sa­tion, s’est dégra­dé pro­gres­si­ve­ment pen­dant que la pré­ca­ri­té et le chô­mage n’a ces­sé d’ aug­men­ter. Bref le tra­vail humain ne paie plus et les inéga­li­tés ne cessent d’augmenter. Le sys­tème éco­no­mique n’intègre plus, au contraire il exclue et mar­gi­na­lise.

L’État tant bien que mal, au fil du temps, tente vai­ne­ment de répa­rer les dégâts de ce capi­ta­lisme glo­ba­li­sé par toutes une série d’aides aux plus dému­nis, d’aides aux familles, d’aides à l’emploi, finan­cées par l’impôt. Mais toutes ces aides spé­ci­fiques, ciblées, condi­tion­nées, com­plexes à mettre en œuvre, n’arrivent pas à résoudre ni le pro­blème de la pau­vre­té, ni le pro­blème du chô­mage et de l’exclusion de l’activité éco­no­mique. Au contraire, au lieu de ren­for­cer la cohé­sion et la soli­da­ri­té, on assiste à la divi­sion de la socié­té entre d’une part « le monde des assis­tés » et d’autre part les contri­bu­teurs, ceux qui affirment « se lever tôt pour tra­vailler« . Clivage qui déve­loppe la défiance, l’esquive et le res­sen­ti­ment. Pendant qu’on conti­nue à se cha­mailler sur des « petites inéga­li­tés » qui empoi­sonnent notre quo­ti­dien, les ultra‐riches jouissent sans ver­gogne de leurs pri­vi­lèges et vivent dans la déme­sure.

[…]

Pour son finan­ce­ment il n’est pas néces­saire de cher­cher bien loin : Ensemble nous sommes riches et nous pou­vons assu­rer notre mini­mum vital.

  • Les reve­nus de l’ensemble de la popu­la­tion sont de 1 300 Milliards,
  • Le patri­moine pri­vé net est de 11 500 mil­liards très inéga­le­ment répar­tis.

Ainsi par :

  • Une coti­sa­tion indi­vi­duelle, se sub­sti­tuant à la C.S.G. et à l’impôt sur les reve­nus, sur l’ensemble des reve­nus d’activités et qui ne souf­fri­rait aucune exemp­tion, pour­rait assu­rer une par­tie impor­tante du finan­ce­ment.
  • Une taxe sur les patri­moines pri­vés, dont la concen­tra­tion atteint aujourd’hui des som­mets, contri­bue­rait à redis­tri­buer à cha­cun de nou­veaux atouts dans son jeu.
  • En ajou­tant une coti­sa­tion sur l’excédent brut d’exploitation qui per­met­trait de mettre à contri­bu­tion les machines ( le « tra­vail mort » cher à Marx ) qui se sub­sti­tuent de plus en plus au tra­vail humain. Cela allè­ge­rait du même coup le far­deau qui pèse sur les salaires par la sup­pres­sion de la coti­sa­tion des allo­ca­tions fami­liales deve­nue inutile.

Par exemple, avec une coti­sa­tion de 30 % en moyenne des reve­nus brut d’activité, une T.A.N. (Taxe sur l’Actif Net) de 1,5 % par an en moyenne, sur le patri­moine, une coti­sa­tion de 7,5 % de l’E.B.E. ( Excédent Brut d’Exploitation ) on peut finan­cer un reve­nu d’existence de 750 € modu­lé tout au long de la vie. ( de 250 € à la nais­sance à 1000 € ) ( 2)

Administré par une caisse comme celle des allo­ca­tions fami­liales. Il n’en coû­te­rait rien au bud­get de l’État. Au contraire, le reve­nu uni­ver­sel rem­pla­çant toutes les aides à l’emploi, à la famille, aux plus dému­nis, l’État pour­rait se pas­ser des res­sources actuelles de l’Impôt sur le reve­nu, de la C.S.G. et de l’I.S.F.


Illustration : © Kurzgesagt.

Livre : Financer le revenu de base, répondre à l’objection du coût

Traduction d’un article de Kate McFarland ini­tia­le­ment publié en anglais sur BasicIncome.


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Financing Basic Income : Addressing the Cost Objection (finan­cer le reve­nu de base, répondre à l’objection du coût), sous la direc­tion de Richard Pereira de l’université de Birmingham, est le nou­veau livre de la col­lec­tion Exploring the Basic Income Guarantee (explo­rer le reve­nu de base garan­ti) édi­tée chez Palgrave Macmillan.

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