Ces milliardaires nous coûtent trop cher

Traduction d’un article de Daniel Raventós et Julie Wark, publié ini­tia­le­ment sur Counterpunch. Pour toute ques­tion ou remarque, me contac­ter.

Dans son rap­port 2015, le Forum Économique Mondial (FÉM), c’est-à-dire l’élite affai­riste qui dirige le globe, a décla­ré depuis son fas­tueux repaire de Davos que « les inéga­li­tés sont l’un des défis majeurs de notre temps ». L’élite en ques­tion, s’étant acquit­tée du droit d’accès au som­met (25 000 $) en plus de la coti­sa­tion annuelle obli­ga­toire au FÉM (52 000 $), ne parle pas d’inégalités par empa­thie avec les pauvres et les oppri­més. C’est par­fai­te­ment clair à la lec­ture du Rapport sur les risques mon­diaux 2016 où l’on apprend (page 38) que les inéga­li­tés ont des consé­quences :

Il en résulte un sys­tème mon­dial dépouillé, dans lequel les idées libé­rales de liber­té, de démo­cra­tie, de jus­tice et d’égalité ne sont plus mises en avant comme l’idéal com­mun à atteindre. Un équi­libre nou­veau se des­sine, pre­nant en compte les dif­fé­rentes approches poli­tiques et éco­no­miques, bien que cela néces­site une cer­taine accep­ta­tion des inéga­li­tés et du mor­cel­le­ment, de même qu’une mar­chan­di­sa­tion des biens com­muns. Là où elles le peuvent, les popu­la­tions et les entre­prises ses déplacent vers les zones qui cor­res­pondent le mieux à leurs objec­tifs.

Le FÉM nomme sa réponse aux inéga­li­tés « l’impérative rési­lience », une manière détour­née de dire « cal­fa­tons notre navire et lais­sons les autres cou­ler ». Évidemment, les embar­ca­tions peu étanches des réfu­giés ne leur per­met­tront pas de « se dépla­cer vers les zones qui cor­res­pondent le mieux à leurs objec­tifs ». Concernant l’agriculture, le rap­port déclare (p. 59) que « la rési­lience du sys­tème néces­site de nou­velles règles pour lut­ter contre le contrôle des expor­ta­tions ». En clair que les déci­deurs de Davos peuvent à loi­sir ôter la nour­ri­ture de la bouche des enfants dans les régions pauvres et rurales du monde. Ils sont éga­le­ment sou­cieux « d’améliorer la résis­tance des bilans comp­tables aux dérè­gle­ments cli­ma­tiques » (p. 61). Il n’est ques­tion que de leur propre sau­ve­garde aux dérè­gle­ments du cli­mat qu’ils ont eux-mêmes pro­vo­qués. À part être un idéal que nous ne devrions plus recher­cher, le mot jus­tice, que les bonnes âmes asso­cient géné­ra­le­ment aux injus­tices criantes qui causent du tort à la majo­ri­té des popu­la­tions, n’a qu’une seule autre occu­rence dans le rap­port (p. 46), pré­cieu­se­ment entou­ré de guille­mets et au sujet de la « jus­tice cli­ma­tique ». Cela n’a pas trou­blé la presse géné­ra­liste qui a obsé­quieu­se­ment pré­sen­té cette allu­sion aux inéga­li­tés comme une bonne chose. Ces jour­na­listes ont-ils seule­ment lu le rap­port ? Car c’est l’exact oppo­sé. Ils visent à nous faire accep­ter « un cer­tain niveau d’inégalités et de mor­cel­le­ment » tan­dis qu’ils s’occupent de « com­mo­di­ser (ou plu­tôt s’arroger) les biens com­muns », aug­men­tant leurs for­tunes et s’assurant que les dépos­sé­dés furieux se tiennent tran­quilles. Et ils le disent plu­tôt cash.

Parler d’ « inéga­li­tés » comme si c’était juste l’éternelle ques­tion des riches et des pauvres est une sché­ma­ti­sa­tion absurde et inique. Les inéga­li­tés contem­po­raines sont si exor­bi­tantes qu’une poi­gnée d’individus peut contes­ter les déci­sions natio­nales et inter­na­tio­nales, même mettre en péril l’existence de per­sonnes par­tout dans le monde. Tout ce qui était jadis la richesse com­mune des socié­tés réelles, comme la terre, l’eau, les forêts, les miné­raux, la culture popu­laire et la vie elle-même à tra­vers le patri­moine géné­tique, de même que les ser­vices publics tels que la san­té, l’éducation, les trans­ports, la régie de l’eau… sont désor­mais pri­va­ti­sés. Les êtres humains sont des pro­duits, des­ti­nés à être mis sur les mar­chés de la traite humaine, de l’exploitation sexuelle, du tra­vail infan­tile, des ventres à louer, du tra­fic d’enfants, du tra­fic d’organes. Ou bien ces humains s’élèvent contre le profit-roi et sont alors à éli­mi­ner, par géno­cide s’il le faut, comme ce qui se passe en ce moment en Papouasie occi­den­tale, une tra­gé­die lar­ge­ment igno­rée.

Que le gang du « forum » (à l’origine une espla­nade publique de réunion) de Davos soit pré­sen­té comme ayant la moindre once de légi­ti­mi­té démo­cra­tique est une folie per­verse du der­nier degré. Le rap­port d’Oxfam qui a fait grand bruit estime que soixante-deux per­sonnes pos­sèdent la moi­tié des richesses mon­diales, que la moi­tié la plus pauvre de l’humanité a vu son capi­tal dimi­nuer de 38 % depuis 2010, et que 188 des 201 plus grosses socié­tés (c’est-à-dire le gang de Davos) sont pré­sentes dans au moins un para­dis fis­cal (pour un mon­tant d’environ 7 600 mil­liards de dol­lars, ce qui repré­sente pour les états un manque à gagner annuel de 190 mil­liards d’impôts, ou trois fois le bud­get annuel de la Santé en Espagne, pour don­ner un ordre d’idée). Le fond de l’affaire c’est qu’une fois la cor­rup­tion si fla­grante et si mas­sive, rien n’est plus pos­sible. Aucun des droits figu­rants dans les trai­tés inter­na­tio­naux, conquis de haute lutte durant des siècles, ne sera appli­qué face à l’ « impé­ra­tive résis­tance ». Le ministre Grec de l’immigration, Yiannis Mouzalas, a récem­ment décla­ré à la BBC que la Belgique avait deman­dé à la Grèce de « remettre les migrants à la mer ». « Affranchissez-vous de la loi », lui a-t-on assé­né. « Peu m’importe qu’ils se noient ». Voilà la nou­velle résis­tance. C’est effrayant.

Pour la grande majo­ri­té de la popu­la­tion, le creu­se­ment des inéga­li­tés n’a rien à voir avec la capa­ci­té des mil­liar­daires à résis­ter, mais plu­tôt avec des domaines concrets comme l’emploi. L’Organisation Internationale du Travail (OITestime que d’ici 2019, 212 mil­lions de per­sonnes seront sans emploi, et qu’environ 61 mil­lions d’emplois ont été détruits depuis 2008. Une étude simi­laire publiée en 2013 par Carl Benedikt Frey et Michael A. Osbornede l’université d’Oxford insiste sur l’impact de la numé­ri­sa­tion des emplois et révèle, par exemple, qu’« envi­ron 47 % de l’ensemble des emplois aux États-Unis sont concer­nés ». L’impact social — la pau­vre­té et ses corol­laires — pour ceux qui ne font pas par­ti de ce club des soixante-deux est évident et sou­vent débat­tu. Manquent à la dis­cus­sion les prin­cipes démo­dés, et pour­tant à la base du concept de droit humain, que sont la liber­té, la jus­tice et la digni­té humaine. Une per­sonne sans emploi n’est pas libre (la condi­tion néces­saire aux deux autres prin­cipes) et est stig­ma­ti­sée par les diverses indem­ni­tés qu’elle reçoit, le cas échéant. (En Espagne, près de sept chô­meurs sur dix ne sont pas indem­ni­sés). Évidemment, les per­sonnes qui tra­vaillent beau­coup, dans la pré­ca­ri­té et les salaires de misère, ne sont pas non plus libres et ne peuvent donc pas exis­ter socia­le­ment en tant que citoyens à part entière. L’égalité comme la réci­pro­ci­té en matière de liber­té ne peuvent fonc­tion­ner que dans une socié­té où les ins­ti­tu­tions poli­tiques assurent des condi­tions sociales garan­tis­sant l’indépendance maté­rielle de ses membres, leur évi­tant ain­si de subir les caprices d’autrui. L’un des piliers de la démo­cra­tie répu­bli­caine clas­sique est la prise de conscience que la cause prin­ci­pale de vul­né­ra­bi­li­té et d’imprévu dans la vie des gens est l’absence de sécu­ri­té maté­rielle.

Peu importe à quel point on rend « la crise » res­pon­sable, l’économie poli­tique est une cause majeure des inéga­li­tés, de la souf­france et des mal­heurs du monde actuel. Le pro­blème que consti­tuent les ultra-riches n’est pas tant la masse d’argent qu’ils acca­parent que l’influence poli­tique dont ils dis­posent. Prenons leur aus­té­ri­té impo­sée, par exemple. Comme l’indique Chomsky, l’austérité n’a pas été dic­tée selon une loi éco­no­mique mais comme « une déci­sion poli­tique prise par ses créa­teurs pour leur propre inté­rêt », et ces inté­rêts incluent le déman­tè­le­ment et la pri­va­ti­sa­tion des ser­vices publics. De même y a deux siècles et demi, le phi­lo­sophe mora­liste Adam Smith — dépeint au XIXe siècle comme un proto-utilitarien de l’engeance d’Hobbes, et désor­mais adu­lé à tort par les dingues du « laisser-faire » comme l’un des leurs — mon­trait que le mar­ché est déter­mi­né par l’action poli­tique et sert à défendre cer­tains inté­rêts. Son pro­jet de répu­blique com­mer­çante cher­chait à créer poli­ti­que­ment les condi­tions sociales qui per­met­traient de déter­mi­ner démo­cra­ti­que­ment et d’administrer la nature et la fonc­tion des espaces de pro­duc­tion où s’exerce la liber­té indi­vi­duelle. Cela sup­po­sait de déter­mi­ner des mesures sociales et éco­no­miques visant à uni­ver­sa­li­ser l’indépendance socio-économique et le droit des citoyens à par­ti­ci­per au mar­ché en tant qu’individus libres et éman­ci­pés.

Chomsky et Smith, deux pen­seurs forts dif­fé­rents, iden­ti­fient cor­rec­te­ment l’origine des inéga­li­tés et des souf­frances sociales de l’économie poli­tique. Les exemples qui le prouvent sont légion. Les res­pon­sables, ces mil­liar­daires qui façonnent le monde, ont ten­dance à res­ter dis­crets et sont rare­ment iden­ti­fiés en tant qu’agents poli­tiques. Ils sont éga­le­ment pro­té­gés par les « chiens de garde » du jour­na­lisme, comme le décrit Michael Massing dans un récent article du New York Review of Books. Il prend en exemple DealBook, l’influent rap­port finan­cier quo­ti­dien du New York Times qui détaille les tran­sac­tions quo­ti­diennes et les fusions-acquisitions de Wall Street, mais qui se montre peu disert sur les moti­va­tions et les impli­ca­tions poli­tiques des diri­geants. L’un de ces raquet­teurs poli­tiques, Kenneth Griffin, est PDG de Citadel, basé à Chicago. Il dirige un impor­tant fonds de pla­ce­ment et a gagné 1,3 mil­liard de dol­lars en 2013. Il est aus­si le trei­zième plus gros dona­teur aux super-PACs (comi­tés de sou­tien aux can­di­dats à une élec­tion aux États-unis, NdT), ver­sant plus d’un mil­lion à la cam­pagne de Rahm Emanuel pour sa réélec­tion comme maire de Chicago, ou encore 13 mil­lions au répu­bli­cain Bruce Rauner, futur gou­ver­neur de l’Illinois. En 2013, Citadel a recru­té comme conseiller Ben Bernanke, ancien pré­sident de la réserve fédé­rale. Griffin quant à lui, est, entre autres postes ins­ti­tu­tion­nels, conseiller de l’université de Chicago et membre du Capital Markets Regulation (Comité de régu­la­tion des mar­chés), qui veille aux inté­rêts de Wall Street à Washington. Les membres de comi­tés aux noms aus­si par­lants que Financial Markets Roundtable (Table ronde des mar­chés finan­ciers) ou Private Equity Growth Capital Council (Conseil de crois­sance du capi­tal pri­vé) ne se ren­contrent pas qu’à Davos. Ils se côtoient très régu­liè­re­ment, for­mant un concile res­treint aux agis­se­ments anti­dé­mo­cra­tiques et très secrets. Chris Arnade, ancien tra­der de Citigroup, four­nit d’autres élé­ments éclai­rants sur le sujet. Il décrit la manière dont les Clinton « et pas seule­ment Bill ou Hillary, ont pris des mesures pla­çant Wall Street au cœur des pré­oc­cu­pa­tions du par­ti Démocrate, le fai­sant ain­si pas­ser d’un par­ti anti Wall Street à pro Wall Street. » Il est de noto­rié­té publique que les Clinton tra­vaillent pour le monde de la finance, mais com­ment est-il encore pos­sible que les médias pré­sentent Hillary Clinton comme can­di­date démo­crate ?

Alors que les crises du monde s’empilent, les mesures prises pour en atté­nuer les effets sont au mieux par­cel­laires, par­ci­mo­nieuses et timides. Presque comme une excuse hon­teuse au gang de Davos pour ten­ter de remé­dier à leurs crimes. Réticents à s’attaquer aux causes, les for­ma­tions et par­tis dits pro­gres­sistes réclament des miettes : salaire mini­mum, reve­nu garan­ti, allo­ca­tions chô­mage, mini­mas sociaux… autant de dis­po­si­tifs condi­tion­nels et rare­ment tou­chés par ceux qui en ont le plus besoin. En Espagne, où 34,5 % des mineurs de moins de 16 ans risquent la pau­vre­té ou l’exclusion sociale et où le nombre de chô­meurs a été mul­ti­plié par neuf depuis 2008, les allo­ca­tions chô­mage ne sont ver­sées que pen­dant dix-huit mois. Pourtant les par­tis poli­tiques, Podemos com­pris, n’ont pour l’instant pas de meilleures pro­po­si­tions que ces mesures par­tielles et condi­tion­nelles. Il est déso­lant de voir que Podemos a renié son plan ini­tial d’introduire un reve­nu de base uni­ver­sel.

En termes fonc­tion­nels, pra­tiques, les coûts de ges­tion d’un reve­nu de base uni­ver­sel sont beau­coup plus faibles que pour ces mesures condi­tion­nelles. Justement parce qu’il est uni­ver­sel et donc beau­coup plus simple. Le reve­nu de base n’exclut pas d’avoir d’autres reve­nus. De même qu’il ne décou­ra­ge­rait pas la popu­la­tion de tra­vailler, ain­si que l’ont mon­tré de récentes études. De manière géné­rale, il éman­ci­pe­rait socia­le­ment et éco­no­mi­que­ment la popu­la­tion. Les tâches ména­gères et le béné­vo­lat seraient enfin consi­dé­rés comme du vrai tra­vail. En appor­tant ain­si une réponse à l’inégale répar­ti­tion du tra­vail de repro­duc­tion et à la pri­va­tion des moyens de sub­sis­tance de mil­lions de per­sonnes, le reve­nu de base s’illustre comme un pro­jet poli­tique s’attaquant aux fon­de­ments même des inéga­li­tés de genre et de classe, dans la sphère pri­vée comme dans l’économie capi­ta­liste. Chacun le rece­vrait mais les riches le finan­ce­raient par leur impo­si­tion. Un reve­nu de base au-dessus du seuil de pau­vre­té serait aisé­ment finan­cé pour tous les adultes d’Espagne par un impôt unique à 49 % qui, cou­plé à un reve­nu de base non impo­sable, serait très pro­gres­sif. Les quatre cin­quièmes de la popu­la­tion seraient gagnants et la redis­tri­bu­tion totale des plus riches vers les autres serait de l’ordre de 35 mil­liards. Autre béné­fice : un meilleur contrôle de l’évasion fis­cale (envi­ron 80 mil­liards d’après les der­nières esti­ma­tions). Supérieur au seuil de pau­vre­té, un reve­nu de base régle­rait des pro­blèmes immé­diats comme la misère et il pose­rait, c’est cru­cial, les bases d’un sys­tème poli­tique plus juste et démo­cra­tique.

Sur le plan moral, le reve­nu de base est très dif­fé­rent des mesures condi­tion­nelles car son prin­cipe fon­da­men­tal est le droit à l’indépendance maté­rielle, per­met­tant ain­si la liber­té. C’est un ins­tru­ment d’économie poli­tique, libé­ra­teur, per­met­tant ain­si un contrôle popu­laire effi­cace du pou­voir. Comme le disait il y a un siècle Louis D. Brandeis, juge asso­cié à la court suprême des États-unis : « Nous devons choi­sir. Nous pou­vons avoir la démo­cra­tie, ou bien la richesse concen­trée dans les mains de quelques-uns, mais nous ne pou­vons pas cumu­ler les deux. » Ce choix est poli­tique et d’autant plus urgent que les citoyens les plus riches détruisent rapi­de­ment la pla­nète. Il n’est pas seule­ment ques­tion de prendre aux riches pour don­ner aux pauvres. Il est ques­tion de construire des ins­ti­tu­tions véri­ta­ble­ment démo­cra­tiques, de s’assurer de leur contrôle, et de satis­faire les condi­tions de vie élé­men­taires per­met­tant la liber­té.

Peu avant, sa dis­pa­ri­tion l’an der­nier, Iain Banks résu­mait ain­si ce que l’on sait tous : « En fait, la socié­té ne fonc­tionne pas, alors qui devons-nous blâ­mer ? Les riches puis­sants qui en sont la cause ? Non, tenons donc pour res­pon­sables les gens sans pou­voir et sans argent, et ces migrants qui n’ont même pas le droit de vote, oui bien sûr que c’est leur putain de faute. » Et l’on com­prend faci­le­ment pour­quoi les immi­grés, les réfu­giés et les faibles sont mal­me­nés. Si l’on ne met pas le holà aux agis­se­ments des réels res­pon­sables, nous ver­rons encore davan­tage de « résis­tance des mil­liar­daires », plus de morts, plus de réchauf­fe­ment cli­ma­tique, plus de crimes envi­ron­ne­men­taux, plus de mou­ve­ments d’ultra-droite, plus de xéno­pho­bie, plus de cruau­té. Moins de démo­cra­tie, moins de jus­tice, moins de liber­té. Et le Forum Économique Mondial et les gou­ver­nants conti­nue­ront à dire « laissez-les cou­ler ».


Daniel Raventós est pro­fes­seur d’économie à l’université de Barcelone et l’auteur de Basic Income : The Material Conditions of Freedom (Pluto Press, 2007). Il fait par­tie du comi­té de lec­ture de la revue de poli­tique inter­na­tio­nale Sin PermisoJulie Wark est conseillère de la revue de poli­tique inter­na­tio­nale Sin Permiso. Son der­nier livre est The Human Rights Manifesto (Zero Books, 2013).

Adaptation fran­çaise : Maxime Vendé.